![]() Carnet de route du Vietnam |
|
Principales villes visitées :
Jeudi 27 décembre 2001Nous voici à la frontière sino-vietnamienne, devant les grilles, à 8 heures du matin. Avons quelques craintes sur le passage réputé long des deux postes frontières. Les formalités s'avèrent rapides et nous franchissons tour à tour les poste chinois et vietnamiens, séparés par une zone intermédiaire genre no man's land, à pied en moins d'une heure. Nous prenons un taxi avec un chauffeur au look en tenue maquisards, en compagnie d'un ancien réfugié vietnamien ayant immigré à HK puis au Danemark. Direction la ville de Lang Son à 18 km où nous sautons dans un minibus qui rejoint Hanoi en 2h30 au lieu des 5 h00 prévues par le bus local. Nous avons droit à un arrêt contrôle de police : le chauffeur du minibus doit s'acquitter d'un "droit de passage" versé directement au policier. Il semblerait que cela soit monnaie courante. Nous arrivons dans la capitale vers midi. Posons nos sacs au Prince Café Internet, hôtel dans la vieille ville (comme son nom ne l'indique pas !) et partons changer les quelques yens restants au marché noir et sortir une petite réserve de dôngs ... Pleins de billets (comme en Italie) pour des sommes ridicules. Il va falloir être vigilant les premiers jours ! Nous sautons dans un cyclo pousse, direction le Galaxy Hôtel où sont normalement arrivés Danielle et Jean Pierre, les parents de Bruno venus passer 10 jours avec nous. Partie de rigolade avec ce trajet en cyclo version vietnamienne : au lieu d'être à l'arrière, derrière le vélo du chauffeur, nous sommes dans un espèce de panier à salade devant le vélo... et vue la circulation de fou qui se déroule devant nos yeux (des dizaines de vélos, scooters, piétons, voitures... pire qu'en Chine), nous sommes les premiers sur les genoux du conducteur si nous percutons quelqu'un ! Nous nous croyons dans un jeu vidéo ! Nous retrouvons finalement Danielle et Jean-Pierre en fin d'après-midi, partis en goguette dans la vieille ville. Retrouvailles émues après trois mois. Ils ont joué les messagers du Père Noël et arrivent les sacs pleins de confitures Bonne Maman (petite version), confiture maison, Nutella, crêpes, chocolats et foie gras ... merci Tata chocolat, Christine, Valérie et Carlos pour toutes ces bonnes choses et pour les petits mots. Merci à la "Mère Noël" Krikrou qui a fait également parvenir une superbe trousse de sa maison Lancôme avec une longue lettre de la famille Soudet. Nous écoutons avec émotion une cassette réalisée par toute la famille Morel Mendes, petits et grands à Noël : Juju, Maxou, Florian et Nenette qui nous racontent leurs cadeaux, chantent des chansons... Tout cela est bien émouvant, surtout à plusieurs milliers de kilomètres ! Après déballage des sacs, nous partons dîner dans un restaurant des environs puis rejoignons nos hôtels pour une bonne nuit réparatrice.
Vendredi 28 décembre 2001Nous nous retrouvons au Galaxy Hôtel en début de matinée pour une journée découverte de Hanoi. La capitale de la République Socialiste du Vietnam dont la population s'élève à près de 4 millions d'habitants est perçue comme une ville reposante et aérée. Son centre renferme des joyaux d'architecture que nous nous apprêtons à découvrir au cours de ces deux jours. Nous partons en direction de la Pagode au Pilier Unique, Chua Mot Cot construite au XIème siècle sous la dynastie Ly. L'Empereur Ly Thai Tong n'ayant pas de descendance, il rêva une nuit que la déesse de la miséricorde lui tendait un enfant mâle, assise sur une fleur de lotus. Quelque temps après, il épousa une paysanne qui lui donna un fils. En remerciement, il fit construire cette pagode tout en bois, surplombant un plan d'eau. Nous visitons ensuite la petite pagode Dien Huu entourée d'un jardin où prient de nombreuses personnes principalement des femmes âgées. Rejoignons à pied le Musée des beaux-arts, le Bao Tang My Thuat. La circulation semble très dense et il faut se faufiler entre scooters, vélos et voitures qui foncent à vive allure la main sur le klaxon ... ville peut-être aérée mais pas silencieuse ! Nous arrivons devant une superbe bâtisse qui abritait sous l'occupation française le Ministère de l'Information. Nous visitons plusieurs salles au rez-de-chaussée retraçant l'art ancien des provinces du Nord il y a près de 3.000 ans : céramique, sculpture en pierre et bronze des cultures Dông (Nord), Sa Huynth (centre) et Dông Nai oc Eo (sud). La production de céramique, appelée Gom est une tradition très ancienne : les objets étaient cuits sur un moule en osier puis cuits au four. Les XIème et XIIème siècles symbolisant l'époque féodaliste voient le développement de l'art bouddhique avec la construction de pagodes et palais impériaux. Sujets, fleurs (lotus, orchidée...), animaux (lion, dragon...), nuages, garda ... représentent l'essentiel de l'art de l'époque. Une autre salle présente des statues et sculptures en pierre et bronze de la dynastie Ly et de l'art Cham (le royaume du Champa situé au centre du Vietnam à l'emplacement de la ville actuelle de Danang était considéré comme un pays de pirates vivant de pillages organisés ; il s'inspira beaucoup de l'art et de la culture hindouiste). Nous découvrons ensuite le travail de la laque initié aux vietnamiens par les chinois au XVème siècle. La laque est une résine extraite du Cay Son, l'arbre à laque. Elle provient de la province de Vinh Phu. Ce latex blanc devient noir ou marron après un bain dans la résine. L'objet à laquer est enduit d'un fixateur puis d'un minimum de dix couches de laque avec un temps de séchage d'une semaine entre deux couches suivi du ponçage. La onzième couche est polie avec de la poussière de charbon. Des motifs peuvent être graves (cela devient alors une estampe). Y sont ajoutés des feuilles d'or et d'argent, des coquilles d’œuf, de la nacre... Les Vietnamiens utilisaient ce vernis auparavant seulement à des fins d'étanchéité des objets, autels en bois laqué. Portes, scènes de vie sculptées en bois, boddhitsava illustrent également cette période. La salle suivante présente plusieurs bouddhas et arhats symbolisant le Bouddhisme dit Mahayna, religion dominante au Vietnam. Le premier étage retrace la période contemporaine avec une cinquantaine d’œuvres présentées ; peinture, estampe, statue : huile, laque ou soie ainsi que des gravures sur bois. Les oeuvres représentent des scènes de vie (pèche, transport du riz, moisson, portrait, scènes de guerre...). La peinture sur soie, art oriental illustre des figures de l'histoire du Vietnam. Déjeuner dans un restaurant des environs, le Koto (Know one, Teach one), école de formation destinée aux enfants des rues et dirigée par des australiens. Un déjeuner bien agréable et très bon. Visite ensuite du Temple de la Littérature, le Quoc Tu Giam, Collège national ouvert en 1076 sous la dynastie Ly. Y étaient étudiés les textes classiques et compositions littéraires, l'histoire chinoise, ainsi que des recueils et poèmes. Il constituait le plus grand centre d'enseignement du pays à l'époque féodale destiné à former l'élite. Le temple est d'une architecture remarquable : il se divise en cinq cours intérieures, jardins et pavillons. L'allée et la porte centrale étaient réservées à l'Empereur, les allées latérales d'un côté aux mandarins lettrés, de l'autre aux mandarins militaires. Nous assistons à un mini-concert de musique donné par une troupe de six musiciens en habit traditionnel. Nous rejoignons la pagode des Ambassadeurs, Quan Su, siège officiel du Bouddhisme à Hanoi. Ce petit temple fut construit près de la résidence où le roi recevait les ambassadeurs. Il fut réhabilité et agrandi en 1942. Cette grande journée pas de tout repos pour Danielle et Jean-Pierre pas encore remis du décalage se termine au Musée de la prison de Hoa Lu. Cette ancienne Maison Centrale fut construite par les Français à la fin du XIXème siècle. Nous y découvrons dans des salles d'époque objets de torture, guillotine, etc... Des cachots montrent les conditions dans lesquelles étaient emprisonnés les Vietnamiens par les Français. La prison détenait également des prisonniers américains durant la guerre du Vietnam qui semblent, selon les sources vietnamiennes, avoir été mieux traités : ils surnommaient la prison le Hanoi Hilton. Nous rejoignons ensuite la vieille ville pour définir notre programme pour les jours à venir. Décidons de réserver quatre billets de bus et bateau pour nous rendre dans deux jours dans la Baie d'Along et passer le réveillon sur l'Ile de Cat Ba, la plus grande des îles de la Baie. Nous réservons également par la même agence un circuit de trois jours dans la région de Mai Chau et de Tam Coc. Petit dîner dans un restaurant vietnamien de Ta Hien avant de rejoindre nos hôtels respectifs.
Samedi 29 décembre 2001Deuxième journée visite qui commence par le mausolée de Ho Chi Minh construit entre 1973 et 1975. "L'oncle Ho" comme il était surnommé s'appelait de son véritable nom Nguyen Tat Thauh. Le fondateur du PC et président de la République Démocratique du Vietnam de 1946 à sa mort en 1969 parcourt les mers et découvre l'Amérique du Nord, l'Afrique et l'Europe. Il tente d'imposer auprès des pays occidentaux l'idée d'un Vietnam indépendant sous l'occupation française. Il est l'un des membres fondateurs du PC français puis part pour Moscou et Canton en Chine. Il est incarcéré par les Français dans les années 1930 pour activités révolutionnaires. Libéré, il parcourt l'Union Soviétique puis la Chine avant de revenir au Vietnam en 1941. Il crée le mouvement Viet Minh pour mettre fin à la colonisation française. Il proclame le Vietnam indépendant en septembre 1942 et s'oppose aux français dans une guerre qui dure huit ans jusqu'à la victoire des vietnamiens à Dien Bien Phu. Il conduit les affaires du Nord Vietnam jusqu'à sa mort en 1969. La visite ressemble à celles des mausolées de Lénine à Moscou et Mao à Pékin : longue file à l'extérieur encadrée par de nombreux gardes; les bras le long du corps, sacs et appareils photos au vestiaire. Nous pénétrons dans la salle plongée dans la pénombre où repose le corps embaumé encadré de gardes en tenue blanche. La visite ne dure pas plus de deux minutes. Nous poursuivons par celle du Musée Ho Chi Minh, le Bao Tang Ho Chi Minh situé derrière le mausolée, près du palais présidentiel. Il retrace l'histoire de la révolution vietnamienne ainsi que la résistance pour l'indépendance. Photos, objets personnels dont le testament de 1969, textes de constitution et d'Assemblée, poèmes et discours patriotiques, accords de paix et manuels pour la réunification du pays ... le tout dans un décor très moderne, pas franchement esthétique. Après le déjeuner, balade dans les rues de la vieille ville, derrière le lac Hoan Kiem. Ce vieux quartier appelé 36 Pho Phuong, dit les 36 rues, vit l'établissement au XIIIème siècle de 36 corporations différentes qui s'installèrent chacune dans une rue. Nous y découvrons soierie, matériel de plomberie, meuble, vêtement, épices, plantes médicinales, marionnettes, objets de culte ... Les rues étroites sont constituées de maisons à un ou deux étages aux façades étroites. Elles sont appelées "maison tunnel" car derrière une façade minuscule (afin de réduire la taxe basée sur la largeur de la façade) se cachent de longues pièces. Nous repérons entre autres un beau magasin de meubles et objets vietnamiens très raffinés. Nous visitons l'une de ces anciennes bâtisses située au 87 Pho Ma May. Cette maison construite au XIXème siècle fut habitée par différentes familles de commerçants (commerce du riz, médecine chinoise, épicerie...). De 1954 à 1999, cinq familles aux activités diverses habitaient ensemble : épicier, professeur d'arts martiaux, tailleur ... Des travaux de restauration ont été entrepris de mai à octobre 1999. Une partie de cette rénovation a été financée par la ville de Toulouse. Un vieux professeur vietnamien de médecine s'applique à réaliser, à la lumière naturelle, des peintures traditionnelles à l'encre noire. Nous quittons une bonne heure plus tard cette maison chaleureuse après le service d'un thé vietnamien par la maîtresse de maison pour assister au spectacle des marionnettes aquatiques, Roi Nuoc. Cet art, originaire du nord du pays, était un passe-temps des paysans. Les marionnettes en bois de figuier représentaient les habitants du village, les animaux de la ferme et les créatures mythiques (dragon, phœnix ...) Le spectacle est donné dans un bassin carré, à l'eau sombre pour dissimuler les mécanismes. Les marionnettes sont recouvertes d'une peinture brillante et mesurent jusqu'à 50 cm pour un poids allant jusqu'à 15 kg. Les onze marionnettistes se cachent derrière un rideau de bambou, de l'eau jusqu'à la taille. Les marionnettes ont pour la plupart des membres articulés et bougent au rythme de musiques traditionnelles interprétées par un orchestre assis à côte du bassin. Les petites scenettes animées que nous découvrons sont comme des tableaux : légendes, scènes de vie, culture du riz, danses ... Le spectacle s'achève par le salut de la troupe au milieu du bassin. Avons passé un agréable moment malgré parfois le manque d'action qui a néanmoins permis à Jean-Pierre de se "reposer" un peu ! Dîner dans Hang Hanh après cette journée chargée et préparation des bagages pour le départ du lendemain.
Dimanche 30 décembre 2001Départ de l'hôtel à 7h30. Direction en jeep le Hanoi Hilton où nous attend un bus qui se rend à Along. Quatre heures de trajet dans un engin quelque peu polluant (!). Nous arrivons à Along vers midi pour un déjeuner copieux dans un petit restaurant près du port. Voilà bien longtemps que nous n'avions pas mangé comme cela ! Poisson entier, nems, salade, calamars, riz, frites ... un vrai festin ! Et à un prix dérisoire ... Quand on arrive à Along, on imagine une petite station balnéaire au pied de la Baie. Malheureusement, la ville a beaucoup moins d'attrait et sert seulement de point de départ aux nombreuses excursions. Hôtels sans cachet, débarcadère ... voilà le paysage. La brume semble se lever et nous montons sur l'un des bateaux effectuant la traversée à 13h30 pour une découverte de quatre heures. La baie est superbe, constituée de près de trois mille îlots émergeant d'une eau vert émeraude. Along, "Ha Long" signifie "là où le dragon descend dans la mer". La légende veut qu'un dragon, descendant de la montagne pour se rendre à la mer, créa avec les battements de sa queue les vallées et crevasses de la région. Il plongea alors et remplit les cavités d'eau. Nous naviguons parmi les îlots, les paysages sont à couper le souffle. Petite halte du bateau près de la très belle grotte Hang Gau Do à laquelle nous accédons par un long escalier de pierre. Nous poursuivons la traversée jusqu'en fin d'après-midi, croisant quelques pêcheurs sur leurs embarcations ainsi qu'un bateau ressemblant à une jonque (malheureusement, il n'y en a plus dans la Baie à l’exception d'un bateau de croisière de luxe à 150 USD la nuit par personne). Nous arrivons vers 17h00 sur l'Ile de Cat Ba, notre point de chute pour les trois jours à venir. Cette île de 354 km, la plus grande de la Baie abrite quelques villages de pêcheurs, des plages de sable blanc et un parc national constitué de forêts subtropicales, lacs d'eau douce, mangroves et grottes. A l'arrivée, nous avons droit à une bonne surprise : personne n'ayant eu l’idée de ramener une planche de bois pour faire la passerelle entre le bateau et la jetée, nous nous voyons dans l'obligation de sauter tous pour atteindre le plancher des vaches ... pour compliquer les choses, c'est marée basse... le bateau est de ce fait beaucoup plus bas que la jetée ... ! Voilà Bruno en grand écart entre le bateau et la jetée qui tente de récupérer les valises et autres objets encombrants de tous les passagers, aidant également au débarquement de tous ... une bonne crise de rire de nous quatre après cette petite frayeur ... Danielle a été d'un remarquable courage. Elle a fait également la connaissance d'une vietnamienne émigrée en Californie qui de soulagement lui a sauté au cou pour l'embrasser ! Nous montons avec tous les passagers du bateau dans un seul et unique bus qui doit dater de la première guerre, direction le centre du village de Cat Ba. Nous nous faisons déposer devant le Quang Duc Hôtel donnant sur le port où nous avons réservé deux nuits. Après s'être remis de nos émotions, nous planifions les deux jours à venir en réservant un tour d'une demi-journée dans le parc national par l'intermédiaire de l'hôtel, accompagnés d'un guide local et d'un chauffeur. La ville, ouverte depuis peu au tourisme ne semble pas très développée. Les constructions hôtels en bord de mer n'ont malheureusement pas bénéficié de la moindre règle d'urbanisme et des bâtiments aux formes, tailles et couleurs différentes ont poussé (et poussent encore) sans aucun souci d'homogénéité ni d'esthétisme. Nous faisons la connaissance du patron du restaurant Le Gaulois, M. Thanh. Son adresse est recommandée par le Lonely pour sa très bonne cuisine ainsi que pour sa bonne organisation des circuits découvertes. Le restaurant est malheureusement fermé pour travaux mais M. Thanh accepte de nous organiser pour le 1er janvier une journée en mer avec déjeuner sur un bateau. Voilà nos deux journées de programmées ! Direction le Huu Dung, dit Coca Cola Restaurant, pour un dîner convivial à la bière chinoise. Le restaurant est rempli d'occidentaux. Il faut dire que c'est la seule (avec Le Gaulois) adresse recommandée dans le coin ... il semble y avoir énormément de choses à développer ici !
Lundi 31 décembre 2001J-1 avant la nouvelle année... Nous avons tourné la veille pour trouver un endroit où passer le réveillon. Rien ne semble avoir été prévu par les Vietnamiens sur l'île (ils ne célèbrent pas ce nouvel an ; le leur est le Tet, aux alentours du 12 février). Pourtant, de nombreux occidentaux sont venus passés le réveillon ici, au calme, pour fuir Hanoi. La soirée s'annonce périlleuse ! Nous partons en milieu de matinée en minibus pour une demi-journée de balade dans le parc national. Une heure de montée assez ardue pour atteindre le mirador. De ce point de vue, nous avons une très belle vue sur les montagnes du parc. Malheureusement, le temps n'est pas au beau fixe et le ciel est brumeux. Le guide tente de nous décrire avec trois mots d’anglais arbres et plantes qui constituent l'essentiel de la végétation de la forêt. Mais ses explications sont limitées, ne connaissant aucun des pouvoirs thérapeutiques. Nous retenons seulement la présence nombreuse de Cay Kim Gao (podocarpus) dont le bois servait à la fabrication de baguettes des rois et seigneurs, et qui noircissaient au contact d'une substance empoisonnée. Petit pique-nique après une descente toute aussi sportive. Danielle avait heureusement trouvé une paire de tennis dans la matinée ... Nous visitons ensuite la grotte de Trung Trang qui nous est ouverte pour l'occasion. C'est là que vivait l'armée résistante vietnamienne. Moins impressionnante et mal éclairée que celle vue la veille. Nous revenons en milieu d'après-midi à l’hôtel. Petit goûter de pancakes et thé vietnamien, toujours aussi amer, avant de rejoindre nos chambres respectives pour enfiler nos habits de lumière ! Habituellement, pour le réveillon, tout le monde se met sur son 31 ... là, se sera jean, pull et chaussures de marche. Aucune variante par rapport à Noël ! Seuls Danielle et Jean-Pierre sont élégants. Quittons l’hôtel vers 20h00 après un petit apéritif dans la chambre : foie gras ramené de France, cacahuètes vietnamiennes à la noix de coco, chips chinoises et bières du coin ! Bonjour le mélange des saveurs... Direction un restaurant repéré l'après-midi dont la carte semblait bien fournie. Mais nous faisons vite demi-tour au son du karaoké qui hurle. Voilà comment perdre quatre clients ... C'est le même scénario un peu partout et c'est à celui qui poussera la sono au maximum. Nous décidons de tenter notre chance au restaurant de la veille, le Coca Cola mais nous arrivons devant l'une des deux serveuses, qui nous accueille presque en larmes face à une salle bondée des occidentaux de l'île qui ne savaient pas non plus où aller ! Elle est presque à nous supplier de partir ... et sous le coup des deux heures d'attente minimum, nous entamons un demi-tour vers la sortie. Notre "city tour" se termine dans un petit restaurant le long du port ... pour un dîner de fête pour le moins original : nems, frites, porc frit, riz, légumes et soja ... petite vodka en entrée suivie d'une bouteille de vin blanc français (un représentant a dû passer par-là il y a un bout de temps, tous les restaurants ont la même bouteille en un exemplaire !). Dernier verre en compagnie du guide de ce matin qui s'est "gentiment" incrusté avant de rejoindre notre hôtel. Bises aux douze coups de minuit après avoir fait une belle peur à Danielle. Nous voilà en 2002 !
Mardi 1er janvier 2002Réveil en début de matinée puis direction Le Gaulois Restaurant où nous retrouvons notre "Capitaine" de bateau pour une journée en mer. Embarquons sur un bateau d'une dizaine de mètres en bon état. Petit service du thé puis nous voilà partis pour deux heures de balade dans la baie déserte ... croisons seulement quelques maisons flottantes de pêcheurs ... Une matinée paisible. Nous arrivons près d'une crique et sautons dans une petite barque en bambou qui nous avait suivi depuis le départ du port. Elle nous conduit de l'autre côté de la crique, là où la profondeur de l'eau ne permet pas à notre gros bateau de naviguer. L'eau est transparente et le lieu d'une végétation luxuriante est désert... Nous débarquons dix minutes plus tard et traversons la forêt subtropicale par un chemin de pierre qui nous mène au petit village de pêcheurs de Viet Hai, perdu dans les rizières. Toutes les maisons sont en bois recouvertes de paille de riz. Les habitants s'affairent aux champs ou devant leurs maisons. Il se dégage de cet endroit paisible une sérénité incroyable. Nous faisons une petite pause boisson avec notre Capitaine dans l'une de ses maisons. Les gens sont accueillants et souriants, ce qui nous change de l'agressivité rencontrée parfois ces deniers jours. Nous repartons une bonne heure plus tard pour rejoindre notre petite barque puis notre bateau où nous attend un copieux déjeuner ... sommes seuls dans la baie ensoleillée, il fait un temps superbe ... nous sommes le 1er janvier ... que rêver de mieux !? Nous repartons ensuite doucement pour rejoindre Cat Ba que nous atteignons en fin d'après-midi. Repassons devant les maisons flottantes des pêcheurs qui s'affairent sur leurs bateaux pour repartir à la pêche. Soirée calme au Coca Cola Restaurant qui a enfin retrouvé son calme, puis préparation des sacs pour le départ très matinal de demain.
Mercredi 02 janvier 2002Départ à 5h30 du matin de Cat Ba par le ferry qui nous emmène à Haiphong. Nous nous installons à l'arrière du bateau sur les bancs en bois inconfortables mais à l'environnement plus silencieux (si on ne tient pas compte de la machinerie !). L'autre salle est en effet dotée d'un karaoké qui hurle ! Nous arrivons à Haiphong deux heures plus tard et sautons dans un mini bus qui nous emmène à Hanoi. Arrivons dans la capitale en fin de matinée puis nous installons au Classic Hôtel (pour Danielle et Jean-Pierre) et au Prince Café Internet (pour nous). Après-midi à développer les photos de la Chine et du Vietnam, déposer les visas à l'Ambassade du Cambodge, confirmer les billets de la Vietnam Airlines ... Dîner calme au Quan Bia Minh dans Dinh Liet où se retrouvent de nombreux occidentaux (la carte n'est pas chère).
Jeudi 03 janvier 2002Départ à nouveau de Hanoi en début de matinée. Avons prévu un circuit de trois jours avec guide local et chauffeur pour la visite d'un village de minorité à l'Ouest de la capitale avant de rejoindre le site de Tam Coc dans le sud. Nous faisons la connaissance de nos deux vietnamiens et prenons place à bord d'une jeep. Le trajet n'est pas de tout repos, la route étant défoncée, la voiture en mauvais état et le chauffeur ayant la main lourde sur les coups de volant. De plus, nous avons quelques difficultés à comprendre notre guide qui baragouine un anglais approximatif et qui, encore étudiant à l’école de tourisme, nous abreuve de phrases et tournures dénuées de tout naturel, le nez collé sur sa feuille. Nous arrivons à Mai Chau, petite bourgade qui se compose de plusieurs villages entourés de montagnes et de rizières. Le site est très beau, baigné par le soleil. Le village où nous nous rendons s'appelle Lac et est constitué essentiellement de maisons sur pilotis. Nous nous arrêtons devant l'une d'elle qui nous hébergera pour la nuit. Nous nous installons dans une grande pièce au sol recouvert de bambou faisant office de salle à manger et chambre à coucher. La maîtresse de maison nous prépare un déjeuner copieux qu'elle vient nous servir sur une table basse. Nous sommes assis à même le sol sur des coussins. Petit repos réparateur avant une balade dans le village. Nous nous promenons à travers les chemins qui bordent les maisons, passant devant les échoppes ambulantes qui vendent l'artisanat local : étoles et foulards, sacs ... les métiers à tisser sont présents dans toutes les maisons. Balade dans les rizières et nous rendons visite à une école maternelle ... les bambins sont adorables et nous échangeons quelques mots avec leur maîtresse. Retour tranquille dans notre maison sur pilotis, le village est bien calme pour un dîner aussi bon que le midi. Soirée à regarder les photos de la Chine et du Vietnam. Vient alors le grand moment pour l'installation des lits : nous jetons sur le sol deux nattes chacun qui nous servent de matelas, puis deux couvertures ... le lit est fait. A présent, montage de la moustiquaire qui donne un petit côté chambre de jeunes mariés ! Nos deux chambres sont séparées par un rideau (très chic) ... et voilà nos deux palais montés !
Vendredi 04 janvier 2002Réveil en début de matinée et petit déjeuner léger pour une balade au marché local de Mai Chau où nous achetons cahier et feutres de couleur pour deux écoles du village. Nous nous rendons ensuite au village proche de Van qui ressemble à celui de Lac mais en plus traditionnel. Notre guide que nous ne comprenons définitivement pas nous emmène dans l'une des maisons qui vend également des tissus. Toutes les femmes du village nous rejoignent et nous nous trouvons face à une montagne d'étoffes aux couleurs chatoyantes. Faisons quelques emplettes avant de repartir une petite demi-heure plus tard. Nous rejoignons à pied le village de Lac pour un dernier déjeuner dans notre maison avant de partir pour Ninh Binh où nous devons passer la nuit. Le trajet est toujours aussi fatiguant et notre chauffeur pas très attentif aux secousses qu'il nous fait subir. Le guide est celui qui déguste le plus, assis à l'arrière dans le coffre ! Nous arrivons à Ninh Binh, ville proche des sites de Hoa Lu et Tam Coc moins de trois heures après. Le parcours a été digne des meilleurs rallyes Paris-Dakar. Le chauffeur se met alors à parler en vietnamien au guide qui s'adresse quelques minutes plus tard à nous. Il nous propose de modifier le planning en effectuant maintenant la visite des sites prévus demain matin. Ceci décalerait la visite de Tam Coc prévue l'après-midi ... et nous ferait rentrer sur Hanoi plus tôt. Après concertation, nous décidons de décliner cette proposition préférant nous reposer de ce dur trajet à hôtel ce soir, la nuit tombant dans une heure et ne nous laissant pas suffisamment de temps pour apprécier la visite des temples. De plus, notre circuit payé intégralement prévoit de se terminer le lendemain à 17h00 et non en début d'après-midi sous prétexte que ces messieurs ont prévu autre chose ! Les deux vietnamiens semblent mécontents de notre réponse et le chauffeur commence à s'énerver. Nous leur mettons le programme réalisé par l'agence sous le nez afin qu'ils comprennent que nous sommes les clients et que leurs affaires de timing ne nous concernent pas. Nous voilà repartis sur les chapeaux de roues, le chauffeur ayant quelque peu du mal à se contrôler. Arrêt à la poste où le guide file téléphoner (à qui ?) puis ils nous déposent à hôtel de Ninh Binh, le Thanh Tuy Guest House. Nous partons nous balader dans les environs de l'hôtel durant une petite heure, en assistant à un cours d'Aïkido donné dehors par un professeur à une cinquantaine de jeunes (petits devant). Dîner à hôtel pour un repos réparateur des dos endoloris.
Samedi 05 janvier 2002Réveil vers 7h30, petit déjeuner à hôtel puis levée du camp, direction le site de Hoa Lu à quelques km de Nin Binh. Hoa Lu était la capitale du Vietnam durant les dynasties Dinh et Le. Sa proximité avec la Chine et la protection naturelle du site par les montagnes environnantes lui conféraient un avantage certain. La citadelle entourée autrefois de remparts est en partie détruite. Il en subsiste deux temples. La première visite est le temple de Dinh Tien Hoang restauré au XVIIème siècle et dédié à la dynastie Dinh. Sa construction est identique au temple de la Littérature vu à Hanoi, avec trois portes et trois allées (l'allée centrale étant réservée à l'Empereur). Un socle en pierre servant de trône est placé à l'entrée du temple qui renferme gongs, cloches de bronze, ainsi qu'une statue de l'Empereur accompagné de ses trois fils. Le second temple, identique honore la dynastie des Le. Après quelques explications avec notre guide qui veut accélérer le pas (il n'est que 10h00 du matin) pour nous emmener déjeuner, nous réussissons à trouver le chemin de pierre qui mène aux tombes des deux Empereurs. Nous y accédons par la montée de 200 marches accompagnés de petits vietnamiens parlant français. Redescendons une bonne demi-heure plus tard, toujours aidés des jeunes vietnamiens qui nous donnent les explications nécessaires à la visite, informations que le guide est incapable (ou ne veut pas) nous donner. Le résultat est que nous donnons l'intégralité des pourboires que nous aurions dû donner au guide et chauffeur à ce groupe de jeunes, ravis. Remontons dans la voiture pour se faire déposer 10 minutes plus tard au restaurant. Il n'est que 11h30... le restaurant est un attrape touristes et le déjeuner servi est bien loin des festins de notre famille de Mai Chau ! Partons avec de l'avance pour la visite en bateau de Tam Coc à travers les rizières. La promenade sur la "Baie d'Along des rizières" comme elle est communément appelée, dure près de deux heures avec la traversée de trois grottes. Le temps est toujours au beau fixe. Après avoir débarqué, Danielle décide d'acheter une nappe brodée réalisée sur place. Nous nous dirigeons vers une échoppe nous semblant plus calme que les autres et nous commençons à étudier les diverses pièces proposées. Surgit alors un groupe de femmes nous vociférant de prendre les leurs, qu'elles voulaient nous vendre sur les barques. Nous déclinons gentiment mais devons faire appel aux deux hommes de la famille pour les tenir à distance, devenant agressives afin de négocier un tant soit peu au calme avec les petites vendeuses... Nous repartons une bonne demi-heure plus tard, stressés par tant de lutte et de bruit. Remontons dans la jeep direction Hanoi que nous rejoignons deux heures plus tard. Nous nous faisons déposer devant l'agence et saluons poliment guide et chauffeur crispés. Fin de l'aventure. Nous gardons néanmoins un très bon souvenir des choses visitées malgré le non-professionnalisme de nos encadrants. Mais c'est ce type de séjour qui pimente les souvenirs ! Dîner au Dong Kinh Restaurant où Danielle et Jean-Pierre nous invitent pour cette dernière soirée entre nous avant leur départ demain. Le restaurant est dans une ancienne bâtisse restaurée donnant sur le lac à la cuisine raffinée et au cadre soigné. Nous passons une agréable soirée à rire des étourderies des serveurs vietnamiens. Il semblerait que cela soit un sport national ici mais heureusement nous commençons tous à nous y habituer et à repasser derrière eux pour contrôler le moindre plat qui arrive ou la faute par inadvertance sur l'addition !
Dimanche 06 janvier 2002Matinée cadeaux puis déjeuner rapide avant de rejoindre l'aéroport. Nous restons ensemble quelques heures avant l'embarquement, direction Dubaï puis Paris. Nous repartons seuls en taxi pour Hanoi bien tristes. Ces dix jours ont filé comme l'éclair. A nous de rebondir ... Nous décidons de quitter Hanoi pour nous rendre doucement vers le sud après récupération des passeports à l'Ambassade du Cambodge.
Lundi 07 janvier 2002Journée récupération et mise à jour du carnet de route pour la mise en ligne sur le site.
Mardi 08 janvier 2002Dernière journée à Hanoi. Nous avons prévu de descendre sur Hue, à 700 km au sud en bus. Nous récupérons nos passeports à l'Ambassade du Cambodge. Journée à préparer notre départ prévu à 20h00.
Mercredi 09 janvier 2002Nous arrivons à Hue à 9h00, après 13 heures de voyage de nuit. Trajet sans encombre bien que peu confortable. Le car nous dépose devant le Truong Tien Hôtel, où nous réservons une chambre. Repos réparateur jusqu'en début d'après-midi. Le temps se couvre sérieusement et il pleut lorsque nous sortons. Déjeuner rapide au café faisant l'angle de la rue avant de partir en direction du Palais Impérial. Le Palais se trouve dans une citadelle "Kinh Thanh" située de l'autre coté de la Rivière des Parfums. Elle est entourée de douves et de remparts sur un périmètre de 10 km. Sa construction date de 1804 et fut entreprise par l'Empereur Gia Long, premier Empereur de la dynastie des Nguyen. Le Palais Impérial, dit Tu Cam Thanh, abritait le centre d'activité de la famille impériale sous la dynastie Nguyen de 1802 à 1945. Il couvre près de 40 ha et regroupe 150 bâtiments en différents quartiers : cérémonial, rituel et résidentiel. Quatre portes y mènent dont la principale, Ngo Mon, qui était utilisée seulement par l'Empereur (les autres devaient passer par les portes latérales et les sentiers). Le premier bâtiment, le Palais Royal, "Thai Hoa" construit en 1805 accueillait les réceptions officielles et les cérémonies impériales. L'Empereur présidait de son trône dans une salle superbe, soutenue par 80 colonnes sculptées et laquées. Les mandarins civils et militaires reçus se tenaient alignés dans la cour d'honneur, chacun d'un coté du hall (civil à gauche et militaire à droite). Les deux maisons mandarinales "Ta Vu Va Huu Vu" se tiennent de part et d'autre du Palais Royal et permettaient aux mandarins de se préparer aux réunions. Elles servaient également de salles d'examens pour les concours et de salles de banquets. Nous découvrons ensuite le Pavillon de Lecture "Thai Binh Lau" de l'Empereur. Cette superbe bibliothèque royale, restaurée, tout en bois et mosaïque, est constituée de deux étages et entourée d'un très beau jardin paysager. Beaucoup de sites ont été détruits durant l'offensive du Têt de 1968. La ville fut la cible durant plusieurs semaines des roquettes des troupes nord vietnamiennes qui avaient pris possession de la citadelle et des bombes américaines. Plus de 10.000 personnes y trouvèrent la mort. Nous retrouvons des terrains vierges de construction, seulement délimités sur le sol par les traces de fondation. Plus au nord, un ensemble d'une dizaine de bâtiments était destiné à l'Impératrice Mère et au culte des Empereurs. Le Palais Dien Tho (1804) servait de lieu de résidence et de salle d'audience à l'Impératrice Mère. A sa droite, la maison Ta Tra servait de salle d'attente aux audiences. Pratiquement détruit par les guerres puis par le typhon de 1985, il est actuellement en reconstruction. A quelques mètres, un superbe pavillon, le Truong Du (1849) entièrement rénové servait de lieu de divertissement. Le temple Phuoc Tho (1831) comprenant pagode et sanctuaire, était consacré aux saints de l'Empire. L'Impératrice Mère y venait les premiers et quinzième jours des mois lunaires pour les cérémonies religieuses. Il est actuellement en rénovation. La maison Tinh Minh, sorte de grande maison coloniale, était utilisée par l'Impératrice Than Ciung, première femme de l'empereur Dong Khanh, pour y recevoir les soins médicaux. Elle servit de résidence à Bao Dai, dernier empereur de la dynastie. Le dernier bâtiment, le temple The To Mieu (1821), était consacré au culte des Empereurs Nguyen. Restauré en 1997, dix empereurs y furent honorés. Le pavillon Hien Lam fut, quant à lui, édifié à la mémoire des empereurs et des mandarins pour services rendus à la dynastie de 1822 à 1945. La hauteur du pavillon (13 m) servait de hauteur limite aux autres bâtiments de la citadelle. L'entrée est très chère (55.000 D) et nous espérons que cet argent contribue à la rénovation de ce site autrefois superbe. Nous rentrons tranquillement à l'hôtel et apprécions la balade dans cette ville verte et aérée, aux nombreuses bâtisses coloniales, pour un goûter crêpes / nutella... Un pur délice que l'on doit à Valérie !
Jeudi 10 janvier 2002Le temps semble se lever en ce début de matinée. Une bonne nouvelle car nous avons prévu une journée balade en bateau sur la Rivière des Parfums pour la visite de tombeaux de la dynastie des Nguyen. Nous embarquons avec une dizaine de personnes sur un petit bateau à fond plat, appartenant à une seule et même famille. Le père navigue, la mère surveille pendant que les deux filles déploient des cabas chargés de souvenirs, étoffes etc. ... Mais personne ne semble décidé à acheter quoi que ce soit. Premier arrêt à la pagode Thien Mu qui, perchée sur une colline, domine la rivière. Ce lieu de culte abrite une petite population de novices d'une quinzaine d'années en tunique marron, au crâne rasé avec une seule mèche de cheveu plaquée sur le côté. Les moines, leurs aînés, sont vêtus d'une tunique blanche. Tous s'affairent dans les jardins très bien entretenus, s'attelant également à la taille et au nettoyage des arbustes. Le sanctuaire principal renferme un bouddha derrière lequel se trouvent le Bouddha du passe (A Di Da), le Bouddha historique (Thich Ca) et le Bouddha de l'avenir (Di Lac). Malheureusement, la visite est trop courte (20 mn), le temps nous étant imposé par le batelier. Nous repartons sur les chapeaux de roues pour nous rendre sur le deuxième site, le tombeau de l'Empereur Tu Duc. Le bateau nous dépose sur les bords du fleuve et nous devons prendre chacun une moto taxi pour nous rendre sur le site à 4 km. Évidemment, personne n'est au courant de ce supplément à payer. La seconde surprise vient lorsqu'il faut payer le droit d'entrée de 55.000 D pour 30 minutes de temps imparti. Nous effectuons donc le tour de cet ensemble de temples, pavillons et tombeaux répartis autour du lac. Le site est très beau (l'empereur dessina lui même les plans) et respire la sérénité. Malheureusement, beaucoup de ces monuments (au nombre de 50) sont en mauvais état. La plupart des tombeaux sont composés de cinq parties : un étang, une cour d'honneur où mandarins, éléphants et chevaux de pierre se tiennent de part et d'autre de l'allée ; le tombeau de l'empereur protégé par une enceinte, un temple dédié à l'empereur et son épouse, avec objets personnels, et enfin un pavillon abritant une stèle de marbre relatant les exploits et accomplissements de l'Empereur. Nous achevons cette visite presque au pas de course. Embarquement pour quelques minutes avant de se faire déposer au Hon Chen Temple, que nous ne visitons pas. Aucune info sur ce site n'est donnée par les guides et le prix exorbitant finit de nous refroidir. Déjeuner à bord du bateau où est dressée une longue table puis nous nous rendons au tombeau de Khai Dinh. Nous décidons de ne pas le visiter, devant nous y rendre encore en moto, toujours dans un temps limité et toujours au même prix... Nous préférons profiter de ces 40 minutes pour un verre à l'abri d'une terrasse. Faisons la connaissance d'un français et d'une colombienne effectuant seuls ce tour des tombeaux à moto. Cela confirme bien notre sentiment : c'est la première et dernière fois que nous participons à un circuit comme celui-là ! Pas le temps d'apprécier chaque visite, ni d'avoir ses propres envies dans le choix des sites. Nous avons opté pour la facilité et en payons le prix ! Nous voilà de nouveau sur le bateau, direction le dernier tombeau de Minh Mang, empereur de 1820 à 1840. Il conçut également les plans de ce site superbe (et mieux préservé). Les bâtiments se répartissent parmi étangs et collines. Ce site a notre préférence ! Notre "circuit découverte" s'achève et nous rentrons en milieu d'après-midi sur Hue. La balade sur la rivière des parfums est très agréable : des femmes au chapeau conique viennent laver leur linge au bord de la rivière pendant que les hommes travaillent aux champs où dans les rizières. La végétation est luxuriante et la lumière qui décline doucement donne à ces paysages des allures de paradis terrestre. Retour sur Hue pour deux heures de sieste (le soleil a bien tapé) puis soirée tranquille avec la préparation des sacs pour le départ du lendemain.
Vendredi 11 janvier 2002Départ de Hue à 9h00 avec une heure de retard sur l'horaire pour cause de mauvaise gestion des places du bus. Le car est rempli d'occidentaux et nous avons vraiment l'impression d'être des "assistés". Les transports dits "locaux", plus authentiques, nous manquent. Mais le tourisme au Vietnam est comme cela. Pas le choix. Le bus est le moyen le plus économique pour voyager à travers le pays ; le tarif d'un billet de train (pour étranger) est 10 fois plus cher. Les occidentaux sont donc parqués ensemble, arrêtés dans les boutiques à touristes ... tout ce que nous n'aimons pas ! Nous arrivons enfin à Hoi An, à 140 km de Hue vers 13h00. Le bus s'arrête devant un hôtel aux chambres hors de prix ... mais nous propose à tous de nous conduire dans des établissements moins chers. Faisons comme à notre habitude et préférons nous détacher du groupe pour trouver une chambre à notre goût, à un budget raisonnable. Trouvons le Thien Trung Hôtel à USD 12, un prix qui s'avère compétitif de par la qualité de l'hôtel en comparaison des mini hôtels visités plus tard. Nous apprenons que les prix passent à USD 25 et 30 lors de fêtes ! Nous partons pour une balade dans Hoi An. Il fait un temps superbe. Le centre de la vieille ville est constitué de nombreuses demeures chinoises restaurées, temples et pagodes. De vrai bijoux d'architecture. La communauté chinoise représente quelques 2.000 personnes sur un total de près de 75.000 habitants. Les rues sont interdites aux voitures, ce qui rend la balade sans nuisance sonore. Le fleuve Thu Bon longe une ruelle bordée de petits restaurants. Nous nous arrêtons à l'un d'eux, à l'aspect plus simple. Le patron, chinois, est fort gentil. Le Guest Book indique que c'est une excellente table, toutes nationalités confondues. Et cela s'avère vrai : nous passons un agréable moment avec une cuisine fraîche et bonne. Nous arrivons quand même à décoller du restaurant après deux heures pour une balade en barque sur le Thu Bon qui se jette à 5 km de là dans la Mer de Chine. Naviguons en direction de l'île de Cam Kim. Le coin est superbe et tellement calme ! L'autre coté de la rive de Hoi An, appelée la "péninsule" est bordée de petites maisons de pêcheurs. Chacun s'affaire dans la maison à la réparation des bateaux. Nous revenons une heure plus tard pour une flânerie dans les ruelles de la vieille ville dont nous ne nous lassons définitivement pas. Hoi An est le paradis de la confection sur mesure : tailleur, costume, chemise, robe, jean ... tout est possible ici, à des prix très avantageux. Nous souhaitons seulement nous faire coudre des poches à l'intérieur des pantalons. Une vietnamienne, rencontrée en début d'après-midi, nous retrouve et nous conduit dans son échoppe qui se trouve dans une sorte de marché couvert, rempli de dizaines de petites échoppes identiques avec des dizaines de machines à coudre, perdues au milieu des rouleaux de tissus ! Nous sommes dans le "sentier" vietnamien. Nous repartons sans avoir (heureusement) passé la moindre commande, après 1/2 heure là-bas. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans une boutique d'artisanat local et sommes reçus par un vieux vietnamien parlant très bien français. Nous découvrons le travail du bois avec incrustation de nacre, pour la réalisation de tables, chaises et buffets. Les sculpteurs sont assis par terre et sculptent avec une précision inouïe des motifs de toutes sortes dans d'épais troncs de bois : dragons, bouddhas heureux entourés d'enfants ... Chinons deux estampes sur feuilles de riz et esquisses à l'encre noire. Nouvel arrêt dans une maison chinoise traditionnelle, entièrement restaurée. Toujours ces mêmes volumes : de grandes pièces à vivre tout en bois verni. Nous sommes reçus par plusieurs vietnamiennes en tenue traditionnelle "Ao Dai" : longue tunique blanche près du corps, assortie au pantalon. Très élégant. Cette maison développe l'artisanat local : fabrication de lanterne, poterie, sculpture, peinture ... Dîner dans un petit restaurant proche de l'hôtel où le fils de la famille se joint gentiment à nous pour nous montrer les photos de son ami français ...
Samedi 12 janvier 2002Réveil en début de matinée sous un ciel bleu limpide. Louons une moto, direction la plage de China Beach, à 20 km au nord de Hoi An. Nous prenons la route principale RN1, bondée de vélos, scooters et camions roulant à vive allure. Il faut être vigilant sur notre Honda Dream ! Après avoir laissé pour 2.000 D notre moto aux bons soins d'une famille vietnamienne, nous rejoignons la plage paradisiaque et ... déserte. Un village de pêcheurs se cache dans les dunes, à l'abri des pins et des cocotiers. De jeunes enfants s'amusent d'un rien sur la plage qui s'étend à perte de vue tandis que leurs pères, debout dans des bateaux paniers, "Thung Chai" faits de bambou tressé et couverts de poix, partent à la pêche en godillant. Nous nous amusons de voir débarquer, surgissant de nulle part plusieurs vagues successives de touristes armés de leur appareil photo et repartant rassasiés, peu de temps après, nous laissant la plage déserte. Quelques coups de soleil plus tard, nous reprenons la route pour Danang, pour une visite du Musée Cham. Bref arrêt dans un "restaurant" (disons une gargote) recommandé par le Lonely, le Thien Hung dont la spécialité est le banh Cuon, sorte de crêpe de riz au porc cuit à la vapeur. Plat unique à la saveur u-ni-que ! Nous devrions être rodés depuis le temps aux adresses pas terribles du Lonely question restaurants ... mais bon, nous sommes encore tombés dans le panneau. Il faut dire que les rues ne sont pas bordées de restaurants tous les 10 m ! Heureusement, la banane faisant office de dessert nous aide à oublier le mauvais goût en bouche et l'aspect laine de verre ... Visite du Musée Cham, le Bao Tang Cham datant de 1915. Ce musée regroupe les collections de plusieurs sites situés dans le sud du Vietnam, dans l'ancien royaume Champa, qui vit le jour au IIème et pris fin au XVème siècle. Ce royaume s'est inspiré de l'art indien et en adopta son écriture. Les symboles religieux hindouistes sont fortement représentés dans les temples Cham. Chaque salle porte le nom d'un site archéologique, d'où les pièces ont été extraites sur une période allant du IVème au XIème siècle. La première salle dénommée Tra Kieu (la plus vieille capitale du royaume) est située à 450 km au sud de Danang. Sont exposés des représentations en pierre de Shiva, Vishnu, Garuda, Uma ainsi que des bonzes. La deuxième salle, Dong Duong (capitale bouddhique du Champa située à 70 km au sud de Danang) présente autels, frises et piliers de sanctuaires dont nous imaginons, par la taille des pièces, le gigantisme d'antan. Les pièces sont très belles et sont imposantes, autant par leur volume que par le travail minutieux de sculpture. La troisième et dernière salle, dénommée Thap Man (Binh Dinh), située près de Do Ban, présente une sculpture différente faite d'animaux : monstres marins, éléphants, dragons, tigres ... ayant pour certains un aspect de personnages de contes imaginaires. Certaines pièces mesurent plus de deux mètres. Nous discutons à la sortie avec Nguyen Phu Luy dit Monsieur Louis, âgé de 74 ans, intarissable sur le peuple et l'art cham et s'exprimant dans un français presque parfait. Il améliore par les pourboires des visiteurs sa maigre pension de "radio" (morse) dans l'armée. Dîner festin à notre restaurant favori, le Rose, à la lueur des lampes à pétrole pour cause de coupure générale de courant dans la ville. Au menu : excellent Hot Pot de poisson et poisson entier cuit dans une feuille de bananier accompagné d'une sauce au citron vert dont seule la cuisinière à le secret. Un vrai régal ... Faisons quelques emplettes dans les ateliers de confection de lampions avant de rejoindre l'hôtel. Départ demain pour Nha Trang.
Dimanche 13 janvier 2002Réveil aux aurores pour un départ à 6h00. Le grand bus demandé s'avère être un minibus malgré le prix payé. Petite arnaque. Heureusement, nous ne sommes que six à bord. Malgré la route RN1 à l'état de piste digne des meilleurs rallyes Paris Dakar, le trajet de 14 heures se passe sans encombre. Ce trajet de jour nous permet de découvrir de somptueux paysages côtiers : plages désertes de sable blanc bordées de cocotiers d'un coté, rizières bien plus vertes que celles vues jusqu'à présent de l'autre avec en fond les montagnes à la végétation luxuriante. Arrivée en début de soirée à Nha Trang et prise d'une chambre au Minh Thanh 2 à un tarif encore jamais rencontré au Vietnam : USD 6. Dîner partagé avec Christine, une australienne avec qui nous avons fait le voyage. Un jeune vietnamien, guide du TM Brother Café, amputé des deux mains, nous recommande de faire attention à nos effets personnels, surtout aux abords des plages car la ville semble peu sûre la nuit. Nous avons rencontré depuis notre départ de Hue de nombreuses personnes amputées d'un ou deux membres quand ce n'était pas des quatre. Beaucoup de jeunes sont dans ce cas, dû aux conséquences des diverses guerres subies et agents orange largués par avion, entraînant cancers et malformations génétiques.
Lundi 14 janvier 2002Grasse matinée qui nous permet de recharger un peu les batteries. Le programme de la journée : ne rien faire ! Il est midi lorsque nous quittons l'hôtel. Petit détour par Internet avant d'aller déjeuner au Coconut Cove Resort, un restaurant au toit de chaume sur la plage. Nous sommes abordés par un vieux vietnamien vendeur de livres avec qui nous discutons un bon moment en français et qui nous surprend par sa connaissance de la France et de Paris : il va même jusqu'à nous annoncer la rue où nous habitons au seul nom de l'arrondissement. En restons bouche bée ! Nous lui achetons un petit roman français "Retour à la saison des pluies" de Kim Lefèvre qui relate le retour d'une eurasienne trente ans après avoir fui seule le pays. Reste de l'après-midi à profiter de la plage, à bronzer et nous baigner. La plage est bien agréable, les vendeurs ambulants étant nombreux mais peu insistants. La triste réalité des conséquences de la guerre nous rattrape lorsqu'un jeune homme ayant perdu bras et jambes se traîne sur la plage pour récolter quelques dongs auprès des touristes.
Mardi 15 janvier 2002Nous voilà de nouveau sur le départ avec l'agence TM Brother, direction Saigon dit Ho Chi Minh depuis 1975. Traversons des paysages côtiers plus arides que les jours précédents. La chaleur se fait de plus en plus sentir. Pause déjeuner dans la petite station balnéaire de Mui Ne, une étendue de 10 km de sable blanc et de cocotiers bordée de resorts et guest houses. Sommes partagés à l'idée d'y rester quelques jours et celle de rejoindre Saigon au plus vite. Nous nous rendons compte qu'après ces quatre mois de voyage sans interruption, nous avons besoin d'un break, à ne rien faire afin de mieux apprécier nos découvertes et tranches de vie. Nous décidons de faire cette pause en Thaïlande... et reprenons le bus pour Ho Chi Minh où nous arrivons en début de soirée. Prise d'une chambre dans une petite guest house à la famille charmante et accueillante, chez Mr et Mme Dang dans le quartier 1 de Saigon. La maison à plusieurs niveaux se trouve dans une petite ruelle (qui nous rappelle celles d'Inde). Petit dîner sympa dans une rue proche, au café 333. Le quartier est très animé : nombreux cyclo et moto taxis, et vendeurs ambulants se fraient un chemin parmi les piétons sur fond de musique techno. Nous sommes heureux que notre chambre soit à l'écart de cette cacophonie.
Mercredi 16 janvier 2002Les klaxons et l'agitation de la rue nous parviennent dès 6 heures, malgré l'éloignement. C'est plus efficace que le chant du coq ! Petit déjeuner pris sur la table familiale où la petite fille faisait ses devoirs de calcul la veille au soir. Sommes au milieu d'un enchevêtrement de cartons, livre, autel, vaisselier, mobylette et vélo, aquarium ; la surface de la pièce donnant sur la ruelle ne dépassant pas 10 m². Partons nous remettre le dos en place, endolori et ayant bien souffert ces derniers jours dans une école de massage où de jeunes aveugles sont formés par l'association Enfance et Partage. Nous sommes accueillis par un groupe mixte de jeunes masseurs qui nous entraînent par le bras dans deux salles. Leur facilité de déplacement et d'appréhension des objets sont surprenantes. Une heure de massage bien agréable avec des gestes précis et une parfaite connaissance du corps. Bruno se fait aborder à la sortie par de sympathiques vietnamiens, simplement vêtus d'une serviette et aux attitudes plus qu'évocatrices. "Merci Messieurs mais je vous laisse entre vous !" Nous rejoignons le brouhaha de la rue bien détendus pour une recherche comparative des agences proposant un séjour dans le Delta du Mékong, dernière étape de notre séjour au Vietnam. Il s'avère que ce moyen est plus simple et économique que de l'organiser soi-même. Seule l'agence Saigon Tourist répond à nos attentes. Nous sautons ensuite dans un cyclo direction la poste centrale pour l'expédition des deux lampions achetés à Hoi An et qui prennent une place monstre dans nos sacs. La poste est un endroit très moderne et fort bien organisé. Nous profitons du cyclo pour découvrir la ville. Sommes agréablement surpris par cette ville à la mauvaise réputation. Comme à Hanoi, le trafic est important dans les rues. Peu de traces du passé colonial ; la ville nous parait bien moderne. Nous traversons cependant le quartier des ambassades, riche en belles demeures et où circulent encore quelques tractions Citroën. La population est accueillante et souriante. De nombreuses vietnamiennes circulent à vélo, élégamment vêtues de l'habit traditionnel. Nous retrouvons là un des clichés du Vietnam. Petite pause coiffeur pour Bruno qui en ressort le cheveu très court, ayant échappé de peu au sort infligé à son voisin : débouchage d'oreille par le garçon coiffeur, armé d'une lampe électrique, pics, pinces, plumeaux et la cigarette au bec !
Jeudi 17 janvier 2002Départ de la guest house en début de matinée pour rejoindre notre bus. Direction la région du Delta du Mékong pour quatre jours de découverte. Le groupe que nous intégrons est assez important (15 personnes) et composé d'australiens, allemands et suédois. Nous prenons place à bord et faisons connaissance de Khae, notre guide. Après deux heures de route, nous prenons un bateau pour la visite d'une fabrique de friandises à la noix de coco, production locale familiale. Nous suivons le groupe tout en restant un peu à l'écart ... Pause déjeuner dans un restaurant familial à l'ombre d'une terrasse avec une balade dans un village proche, le long du canal. Prenons un bateau en fin d'après-midi pour nous rendre à Can Tho. Nous montons sur le toit de l'embarcation pour profiter pleinement de la vue. C'est une succession, sur les bords du fleuve, de rizières, cultures de légumes et fleurs en pot, végétation tropicale (palmier, bananier, cocotier), mangroves ... Une fin d'après-midi exceptionnelle, la lumière du jour déclinant progressivement sur le fleuve et les rives. Arrivée à Can Tho, puis dîner en compagnie de deux québécoises, Marianne et Camille, sur une terrasse des environs de l'hôtel. Passons un agréable moment tous les quatre, à rire et parler de nos expériences de voyage.
Vendredi 18 janvier 2002Départ à 7h30 pour une balade en petit bateau en bois à moteur. Un moteur outboard, dont l'hélice est disposée au bout d'une flèche d'environ deux mètres, ce qui permet, l'ensemble étant sur balancier, de pouvoir relever rapidement l'hélice dans les canaux et passage à faible tirant d'eau. La balade dure près de deux heures et nous savourons le calme dans ce havre de paix. Des petites maisons de bois, dotées d'un jardin plus ou moins grand, semé de légumes ou fleurs, bordent la rive. Nous devons nous frayer un passage au milieu de quelques barques de pêcheurs, de ramasseurs de coquillages, de l'eau jusqu'au cou, armés de râteaux pour gratter la vase. L'eau est d'une teinte marron verte, peu engageante ! Cette eau est pourtant le centre de vie de la population du delta : on s'y baigne, on s'y lave, on y fait lessive et vaisselle, on en extrait une partie de son alimentation, on en décante l'eau pour la boire ou faire des pains de glace (nous ne saurons trop conseiller de ne pas prendre de glaçons dans son coca, à plus forte raison ici !). Une multitude d'adultes et enfants saluent le passage de notre bateau, ces derniers criant de leurs petites voix des "hello", faisant des cabrioles pour attirer notre attention. Ils affichent un large sourire lorsque nous répondons à leur salut. Nous admirons également l'aménagement des maisons sur pilotis, situées à un mètre au dessus du niveau de l'eau, constituées d'une pièce principale aux murs et toit tressés. Les habitants sont souvent dans des hamacs. Nous arrivons au marché flottant de Cai Rang où jonques et barques se regroupent au milieu de l'eau. On y échange et vend toutes sortes de fruits et légumes. Les jonques sont dotées d'une longue perche visible de loin sur laquelle s'accrochent bien en évidence les légumes et fruits vendus à bord ou les produits que souhaitent obtenir les bateliers des producteurs locaux. Nous avons du mal à naviguer, les coques en bois s'entrechoquant régulièrement. Nous visitons une fabrique de traitement de riz où d'énormes machines en bois séparent le grain de leur enveloppe puis le décortiquent pour enfin le conditionner dans de grands sacs de toile de 50 kg, exportés ou consommés localement. Les enveloppes retirées des grains sont réduites à l'état de poudre et servent à l'alimentation du bétail et du poisson. Le Vietnam est le deuxième exportateur de riz après la Thaïlande et malgré cette importance, la culture du riz se fait toujours de manière traditionnelle. Les rizières sont labourées par les buffles d'eau, équipés de herses en bois que poussent les paysans, avec de la boue jusqu'aux genoux. Le terrain est ensuite aplani, puis on y sème à la volée les grains de riz. Commence alors le travail des femmes : après avoir mouillé les parcelles à bonne hauteur et laissé monter le riz quelques semaines, elles le repiquent à la main un par un de façon rectiligne. Nous ne nous lassons pas de les regarder travailler dans ces rizières d'un vert éclatant, protégées de leur chapeau conique et foulard sur le visage, saluant leur courage pour ce travail fort épuisant. Le riz est récolté lorsqu'il atteint 30 cm de haut, et ce trois fois par an, avec à chaque fois le même travail de préparation de la terre. Nous nous faisons déposer, seuls, l'après midi sur l'Île du Tigre afin de passer 24 heures dans une famille. Nous sommes accueillis au débarcadère par une jeune vietnamienne que nous suivons à travers un parc luxuriant. L'entrée du village est délimitée par une très belle porte en bois sculptée encadrée de deux tigres en pierre. Nous faisons la connaissance de notre famille d'accueil ; un couple de personnes âgées vivant avec enfants et petits enfants sous le même toit comme il est de tradition. La maison comporte deux grandes pièces dont l'une est à l'usage des invités : sont disposés quatre lits en toile aux hautes armatures croisées en bois, à hauteur d'une table. Un système de baldaquin permet le soir venu de déplier la moustiquaire. Nous découvrons derrière la maison les rizières, la mare à poissons et le potager ... Dînons en tête à tête sur la véranda, de poisson frais, légumes croquants, soupe et riz gluant, avant de rejoindre le guide local de l'île ainsi que trois autres étrangers dont un sympathique français dénommé Bertrand. Prenons un verre ensemble avant de rejoindre nos "home stay" respectifs. La pièce est sans volet ni porte et nous avons quelques difficultés à nous endormir, du fait du passage (pourtant peu important) de bateaux de pêche et de quelques scooters.
Samedi 19 janvier 2002Petit déjeuner après une nuit plus ou moins reposante puis nous enfourchons deux vélos pour la découverte des environs. Prenons un bac pour nous rendre à Long Xuyen pour une visite "passionnante" d'un élevage de crocodiles puis du marché local. La conduite en ville s'avère parfois périlleuse par le trafic, mais nous apprenons vite à contourner et éviter les autres. Croisons, par ce mode de déplacement, beaucoup de locaux . Retour sur l'île pour visiter une petite fabrique artisanale de bâtons d'encens à partir de sciure de bois colorée et parfumée. Les sticks sont roulés à la main par des enfants et des adolescents. La population sur cette île est très accueillante et les enfants toujours aussi curieux et joyeux. Départ de l'île un peu à regret en début d'après-midi, après nos adieux à la famille. Retrouvons sur le bateau le groupe quitté la veille et les accompagnons jusqu'au débarcadère où les attend un bus direction Saigon. Nous repartons sur le bateau dans l'autre sens, seuls avec l'équipage familial. Un autre groupe nous rejoint une bonne heure plus tard (fini la tranquillité) et nous prenons la direction de Chau Doc. La croisière dure cinq heures et nous arrivons sous les étoiles dans une ville, de prime abord peu accueillante. Dîner banal, mais petite soirée devant TV5 car, même au fin fond du delta, on trouve le satellite. Ca fait du bien de regarder l'émission de Ardisson !
Dimanche 20 janvier 2002Dernière journée dans le Delta et au Vietnam. Matinée passée avec le nouveau groupe, sur un vivier immergé pouvant contenir jusqu'à 100.000 carpes et poissons chats. Les poissons sont nourris de farine de riz, légumes et, parfois même pour les poissons spécialement exportés aux USA, de farines aux "hormones" fournies par les usines américaines. Les vietnamiens précisent que sans cet échange de "bons procédés", il serait impossible pour eux d'exporter aux USA. Nous continuons ensuite notre visite du village flottant, nous frayant un passage au milieu des câbles électriques immergés dans l'eau, des maisons et mini fermes flottantes où porcs, canards et poules tentent de tenir sur quelques mètres carrés de surface sèche. A voir ces animaux sur l'eau, on se croirait sur l'arche de Noé ! Visite du village Cham, communauté musulmane ; malheureusement sans grand intérêt à cause des groupes de touristes qui défilent, dénaturant complètement le site et ôtant à leurs habitants tout naturel. Nous prenons en fin de matinée un bateau qui nous mène à la frontière. Passage du poste vietnamien sans soucis. Direction maintenant le Cambodge.
|
|
Infos et adresses récoltées |
©2002 Laurence & Bruno Morel