Carnet de route de Thaïlande

Principales villes visitées :


Bangkok
Kho Pha Nang
Chiang Mai
Pai
Mae Hong Son
Sukkhothai
Bangkok (suite)

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Samedi 25 janvier 2002

Après avoir passé la frontière cambodgienne, au poste de Aryana Pratet, nous prenons un nouveau bus à étages climatisé qui nous conduit à Bangkok. Le choix du package depuis Siem Reap est donc bon et rentable.

Nous sommes saisis par le contraste entre le Cambodge si pauvre et meurtri, et la Thaïlande si moderne par ses infrastructures et son nombre de véhicules.

Nous arrivons à Bangkok vers 20h30 au lieu de 17h00 car nous avons crevé sur la route (comme d'habitude). Quinze heures de trajet et nous voici à Kao San Road, le repère des voyageurs à petit budget. Nous arrivons une heure plus tard en taxi (nous nous faisons arnaquer au passage sur le prix de la course … le chauffeur n'ayant pas mis le compteur en marche et nous ayant annoncé un prix à l'avance … même après plusieurs mois de voyage, nous ne semblons pas être vaccinés …) et nous retrouvons Yanne et Laurent, qui ont emménagé il y a quelques semaines à Bangkok.

Nous sommes ravis de revoir Yanne, laissée malade en Inde et de faire la connaissance de Laurent. 

Petit dîner agréable dans un restaurant thaï proche de chez eux et bonne nuit de repos dans leur appartement très confortable.

 


Dimanche 26 janvier 2002

Réveil vers 9h00, petit déjeuner tous les quatre (un bon petit déjeuner bien de chez nous, quel plaisir !).

Visite des alentours à pied l'après-midi, puis nous les quittons direction la gare de Hualampong pour prendre notre bus. A nous les îles ! 

Nous décidons de passer par une agence du premier étage qui nous propose un package bus et bateau. Il apparaît plus tard que le prix n'était pas le moins cher ! Nuit dans le bus couchettes rempli d'occidentaux.

 


Lundi 27 janvier 2002

Arrivée à 5h30 à Surathani, à près de 650 km de Bangkok. Nous prenons ensuite le bateau qui s'arrête d'abord à Ko Samui puis à Ko Pha Nang. Durée du trajet : quatre heures. Nous commençons à nous demander si l'île choisie est le bon endroit pour se reposer car s'y tient demain la célèbre Full Moon Party. Grand rassemblement de fêtards sur les plages du sud de l'île pour plus de 24 heures de défoulement au rythme débridé de musique techno dynamisé par l'alcool et les drogues. Il semble qu'au départ, cette fête se donnant chaque soir de pleine lune était traditionnellement réservée aux thaïs. Ce rassemblement est très populaire et peut concentrer parfois jusqu'à 15.000 personnes.

Nous partons dans le nord de l'île, dans un des pick up de guest house présents au débarcadère. 

Nous laissons à leurs préparatifs nos compagnons de traversée, percés, tatoués et ayant déjà attaqué, pour certains, la réserve de whisky dès 10h00 du matin.

Posons nos sacs sans grande conviction dans la guest house où nous avons réservé un bungalow sur le bateau. Un peu déçus par la réalité si différente de la brochure et à la plage "sans plage".

Partons d'un pas décidé après un déjeuner, lui non plus pas fameux. On ne passera pas la nuit ici, c'est décidé ! Deux heures de marche en tongs et paréos sous le cagnard à franchir le relief de l'île sont récompensés par la découverte du petit coin de paradis tant espéré au Haadladresort : une quinzaine de bungalows abritée sous les cocotiers au bord d'une plage de sable blanc, à l'eau si transparente.

Nous récupérons nos sacs d'un coup de pick up et prenons possession des lieux déjà baignés de la douce lumière du soleil couchant. Dîner bien agréable assis en tailleur sur la terrasse en bois du restaurant, chouchoutés par un personnel prévenant et gentil.

 


Mardi 28 janvier au lundi 04 février 2002

Une semaine de farniente (même pas de rédaction quotidienne du carnet de route …). Nous rattrapons donc le retard. 

Programme de nos journées : lecture et bronzette, baignade et sieste les premiers jours pour Laurence pendant que Bruno étudie avec application pour l'obtention de son Open Water PADI (premier degré de plongée) qu'il obtient haut la main.

Nous profitons des jours qu'ils nous restent pour louer une moto afin d'explorer l'île. La zone de festivité du sud apparaît bien lugubre et peu accueillante et nous conforte dans notre choix du nord. 

Nous ne regrettons nullement d'être restés au calme le 28 !

Nous apprécions les reliefs des côtes est et ouest, sauvages et moins touristiques. Empruntons de nombreux chemins non goudronnés, plus ou moins en mauvais état, et rendu impraticables par la saison des pluies. Visitons de nombreux bungalows modernes ou rustiques, tenus majoritairement par les thaïs.

Assistons chaque soir au coucher du soleil à la terrasse de notre bungalow. La nuit étoilée s'installe tandis que la campagne de pêche à la lampe débute.

Nous nous amusons bien à la fin du séjour, de l'arrivée d'un groupe d'une vingtaine d'allemands que nous décrivons comme une secte, rachitiques au possible, se nourrissant exclusivement de légumes crus et en grande quantité de lait de coco. Beaucoup de travail de ce fait pour les singes de l'île, dressés par l'homme à la récolte des fruits dans les cocotiers.

Constatons que l'orateur du groupe, tenant son assemblée en haleine tous les soirs sur la plage, est quant à lui bien portant et bien en chair…

Promenade en bateau avec le club de plongée : plongée avec bouteilles pour Bruno et snorkeling pour Laurence. Nous permet de découvrir cette fois-ci la richesse des fonds que la houle et ses courants nous avaient caché lors des dernières plongées. Au programme : anémones, coraux, poissons multicolores, concombres de mer…le tout dans une eau "fraîche" à 29 degrés. 

Première sortie pour Bruno, fraîchement breveté.

 


Mardi 05 février 2002

Départ pour le continent et Bangkok. Nous reprenons un package bateau et bus, deux fois moins cher qu'à l'aller pour une arrivée le lendemain matin.

Nous quittons à regret cette île si agréable par sa beauté sauvage et sa population si souriante.

 


Mercredi 06 février 2002

Arrivée en tout début de matinée chez Yanne et Laurent qui nous avaient si gentiment gardé nos gros sacs. Après-midi et soirée bien agréables passés avec Yanne.

 


Jeudi 07 février 2002

Départ aux aurores, en train, pour Chiang Mai, à 700 km au Nord de Bangkok. Sommes agréablement surpris par la qualité des services offerts aux voyageurs : facilité d'obtention des billets à la gare, personnel prévenant, panneaux d'indication en anglais ...

Nous bénéficions également sans le savoir de trois repas servis à la place au cours de ces onze heures de trajet, nous permettant de découvrir confortablement installés l'intérieur de la Thaïlande : succession de zones arides et plates, rizières en brûlis, collines à la végétation luxuriante, agrémentée d'arrêts dans des petites gares en bois, largement fleuries et accueillantes. Passagers majoritairement thaïs, de bonne compagnie.

Nous arrivons à Chiang Mai en milieu de soirée, puis prise d'une chambre au Lai Tai Guest House.

 


Vendredi 08 février 2002

Départ en fin de matinée pour la découverte de la ville et de ses fameux 300 wats. Le wat, temple monastère est la résidence des moines. Il se compose d'une chapelle où se déroulent les cérémonies religieuses, abritant de nombreuses représentations de Bouddha, des textes sacrés sur des feuilles de palmier. Le toit, en tuiles vertes, dorées et rouges est en pente raide et souvent ornée de nagas. Les temples thaïlandais sont très chargés en ornementations, couleurs vives beaucoup plus que ceux rencontrés dans d'autres pays. Ils sont très bien entretenus et conservés, notamment ceux en teck, essence abondante encore il y a peu en Thaïlande.

Le premier wat visité, le Chedi Luang, renferme un ensemble de temples dont la caractéristique à être repartie autour d'un grand stupa orné d'éléphants en pierre ainsi que quatre bouddhas aux points cardinaux. Le stupa, restauré en partie par le gouvernement japonais et l'Unesco date du XVème siècle. Nous découvrons également un bouddha couché de près de 9 mètres de long, tête tournée vers le sud.

Situé à quelques mètres de là, le Phan Tao, constitué de panneaux de teck soutenu par 28 piliers et décoré de mosaïques de couleur, abrite trois bouddhas debout ainsi qu'une vingtaine assis. Un énorme tapis est déroulé devant le sanctuaire où les fidèles et moines viennent prier assis sur le coté ou en lotus.

Le troisième wat visité, le Chai Phra Kiat, est un petit temple superbe abritant de très belles peintures murales rouges et or, ainsi qu'une belle ornementation sur les volets. Nous y retrouvons comme dans les autres temples les neuf représentations de Bouddha en bronze.

Nous visitons en dernier un wat du XIVème siècle, le Phra Singh, identique aux précédents mais où nous nous amusons d'y voir de jeunes moines aux tuniques safranées et crânes rasés s'entassant en riant et chahutant dans les pick up surchargés.

 


Samedi 09 février 2002

Nous louons une petite moto, puis arpentons pendant près de six heures tous les recoins de la ville (ce qui nous permet au moins d'en avoir une vue générale !) à la recherche d'une agence de trek à moto : les tarifs annoncés nous font vite changer d'avis.

Nous décidons d'organiser par nous-mêmes le trek avec la location d'une 250 cm3 sous les bons conseils de jeunes français du C&C Teak House. Là aussi, peine perdue : le peu de motos disponibles est en piteux état et proposé sans assurance, mis à part le loueur Goodwill, très professionnel, mais qui n'avait rien de disponible ce jour-là.

Nous préférons jouer la sécurité et jetons aux orties nos impératifs de budget. Nous passons donc par Avis, seul loueur ayant encore quelques disponibilités de véhicules (beaucoup de voitures ont été réservées pour la période du nouvel an chinois). Réservons un 4x4 Suzuki Caribian premier modèle.

Retour rapide à la piscine de l'hôtel (enfin, un petit plaisir après cette journée harassante) puis direction le Whole Earth restaurant : grande et belle bâtisse en teck entourée d'un agréable jardin proposant, en plus du restaurant, des cours de méditation. Nous dînons sur la terrasse, de succulents plats thaï accompagnés de lait de coco. Le service est attentionné.

Nous sommes surpris des "conseils" du Lonely, peu élogieux sur l'établissement. Nous commençons à être rodés aux différences de critères culinaires qui existent entre nous et les auteurs britanniques ou australiens du guide.

Petite déception à notre retour dans la chambre d'hôtel où nous nous régalions d'avance de pouvoir assister à notre seule émission favorite diffusée sur TV5, l'émission d'Ardisson, annulée et remplacée pour un "24 heures au Québec" ! Pour une fois que nous avions le satellite !

 


Dimanche 10 février 2002

Réception de notre 4x4 "premier modèle" … qui s'est métamorphosé dans la nuit, par manque de disponibilité, en super 4x4 Vitara Suzuki cinq portes, climatisation, auto-radio et boîte automatique, tout neuf ! tant pis, nous ferons avec … ! Ah, les transports, c'est vraiment dur pour les pauvres routards que nous sommes… !

Premier tour de roue dans le trafic thaïlandais et Bruno retrouve ses sensations de conduite laissées à Paris cinq mois plus tôt. Ici aussi, c'est l'anarchie. Peu de respect du code de la route, la loi du plus gros est la meilleure. Cela tombe bien, nous ne sommes pas ridicules avec notre "tank" !

Nous prenons la direction du Nord, pour la ville de Pai et laissons rapidement l'agglomération pour les routes de montagne aux 1.864 virages en lacets, à travers la végétation luxuriante.

Nous arrivons dans la petite ville de Pai en milieu après-midi avec quelque peu le tournis. Trouvons une petite guest house sympa, la Pai Corner, proposant deux bungalows rustiques en bois sur pilotis et un excellent et convivial restaurant, cuisine occidento thaï. Dîner hamburger et soupe de légumes au lait de coco … un vrai régal.

Apprécions de flâner dans la rue principale où des femmes des minorités ethniques Lisu Ou Hmong en habit traditionnel aux couleurs bleu/noir et brodés de fils de couleurs vives vendent des objets d'artisanat (sac, chapeau …). Une petite communauté musulmane nous régale de succulentes viennoiseries.

Des stands de viande et poisson à l'état de fraîcheur bien avancée (!) sont défendus des mouches par les femmes agitant des sacs plastiques au bout d'un bâton de bois en guise de chasse mouche. 

Quelle bonne odeur en cette fin de journée bien chaude !

 


Lundi 11 février 2002

Nous quittons Pai et son ambiance baba cool, attirant apparemment les amateurs d'opium dont le trafic dans la région tient encore bonne place.

Nous poursuivons notre route à travers les montagnes, passant devant plusieurs postes militaires sensés filtrer les nombreux contrebandiers de la région, depuis leur hamac, à l'ombre des arbres : nous sommes bien gardés !

Nous rencontrons par hasard, à un point de vue, le body (plongeur binôme) de Bruno rencontré plusieurs jours auparavant sur notre île de rêve lors du stage de plongée, 1.500 km plus au sud.

Nous arrivons à Mae Hong Son en milieu d'après-midi. Ville plus provinciale que Pai, comportant en son centre un beau temple donnant sur le lac. Nous prenons une chambre à proximité, au Friend House, simple mais accueillante. Puis nous réservons pour le lendemain un guide local afin de découvrir la région et ses minorités. Il n'est pas recommandé de se balader seul hors des sentiers battus (c'est-à-dire hors de la route principale)… nous optons donc pour la sécurité une fois de plus.

Dîner au Fern, restaurant proposant une bonne cuisine thaï dans un cadre agréable.

 


Mardi 12 février 2002

Réveil au chant du coq qui nous casse les oreilles avant le lever du jour (nous devons dire au chant des coqs !)… nous les verrions bien transformés en poule au pot …

Départ en début de matinée avec notre guide, pas du coin et pas licencié (le contraire de la promesse de l'agence qui a eu du mal à trouver quelqu'un en ce jour de nouvel an chinois).

Visite d'un premier village shan, principalement tourné vers l'horticulture et la culture maraîchère. Jolies cultures en terrasses, petites huttes de bambou dans un cadre verdoyant et calme. Glaïeuls, rose, pensée, oeillet éclatent de couleur tandis que les courgette, tomate, piment et choux attendent d'être récoltés et vendus sur les marchés locaux. Ce projet est à l'initiative du couple royal permettant de substituer les cultures d'opium, illégales depuis dix ans, au profit de cultures plus saines.

Nous visitons un village hmong aux maisons tressées de bambou et toits de palme. Des femmes tissent en exclusivité pour la reine des soieries précieuses demandant souvent près de quatre mois de travail pour cinq mètres de long. Accueil toujours très souriant.

Pause café dans un village des environs financé par la reine, bâti autour d'un lac entouré de pins. Nous dégustons le café robusta où l'exploitant nous montre les différentes étapes de la récolte et de la torréfaction. Nous quittons ce village où la reine doit venir ce mois-ci par hélicoptère, et où les villageois s'activent pour que tout soit parfait. C'est un grand honneur pour eux et ils en sont fiers.

Déjeuner dans un village de réfugiés chinois aux portes de la frontière birmane : opposés au régime de Mao, ils ont fui le pays en 1949. Ils reçoivent parfois la "visite" de militaires birmans ayant franchi la frontière et venant les rançonner. Le village ne présente qu'un intérêt mineur. Nous n'y voyons pas cette fois-ci, comme vu la veille, des villageois portant sur de larges plateaux des canards laqués destinés à être offert à leurs parents.

Nous terminons cette journée par un passage à la grotte de Tham Pla : de jolies carpes sacrées aux couleurs bleutées et pesant chacune près de 3 kg sont protégées et vénérées. Elles proviennent d'une rivière souterraine, également protégée par Bouddha.

Nous sommes contents de ce choix de guide, parlant un bon anglais et connaissant malgré tout bien la région Cela nous a permis de découvrir ces coins reculés, impossibles à trouver seuls, perdus dans les montagnes si on ne comprend pas les indications en thaï.

Fin de soirée difficile pour Laurence, intoxiquée sans doute, par le déjeuner.

 


Mercredi 13 février 2002

Retour sur Chiang Mai pour rendre plus tôt que prévu notre 4x4. Nous arrivons en début d'après-midi à l'hôtel Top North, bien agréable avec sa piscine. Après-midi Internet consacré à la préparation de notre séjour en Nouvelle-Zélande qui approche à grands pas. Nous décidons de louer un camping car pour le mois et faisons donc le tour via le net des agences néo zélandaises.

 


Jeudi 14 février 2002

Départ en milieu de matinée par bus depuis la gare routière (deux fois moins cher que par l'intermédiaire des agences ou guest house) pour la ville de Sukkhothai à cinq heures plus au sud. Trajet agréable car nous retrouvons des voyages plus authentiques (un peu moins confortables aussi) avec la population locale.

Arrivée en milieu d'après-midi à la Sukkhothai Guest House tenue par un gentil couple indo thaï proposant des bungalows avec terrasse tout en bois joliment décorés. Dîner copieux et raffiné.

 


Vendredi 15 février 2002

Réveil aux aurores et prise d'un tuk tuk direction la vieille ville. Cette cité fortifiée, construite dès le XIIIéme siècle, était la capitale de la Thaïlande. Elle abrite dans un immense parc les vestiges de temples.

Nous arrivons une demi-heure plus tard et profitons pleinement du soleil levant, de la fraîcheur et d'être quasiment seuls.

Nous commençons la visite par le wat Mahathat, le plus grand des temples datant du XIIIème siècle. Nous retrouvons dans cette construction des similitudes avec l'art khmer et ses temples-montagnes, mais il apparaît moins d'ornementations ou de bas reliefs. De nombreuses statues de bouddha sont restées en bon état et sont toujours vénérées par la dépose d'encens et d'offrandes. D'immenses bouddhas de plusieurs mètres de haut sont protégés dans des colonnes de brique, ce qui a dû favoriser leur conservation.

Nous visitons ensuite le wat Trapang Thong situé en face du lac où s'épanouissent de beaux lotus de couleur rose.

Le troisième temple, le wat Si Sawai, situé à 300 mètres du wat Mahathat se caractérise par trois tours creusés en latérite et comprenant de nombreuses ornementations dont des représentations de Vishnu ; Il était à la base un temple hindou avant de devenir un temple bouddhiste.

Le dernier, le wat Sa Si se situe sur une petite île et abrite une rare reproduction d'un bouddha marchant et gardant l'entrée.

Nous quittons le lieu un peu plus de deux heures plus tard, perdant de sa quiétude avec l'arrivée massive de cars de visiteurs. Nous prenons pour rentrer un bus public tout en bois et s'arrêtant tous les 10 mètres pour prendre femmes âgées et enfants sortant de l'école et se rendant en ville. La nouvelle ville a beaucoup moins de charme.

 


Samedi 16 février 2002

Prise d'un bus climatisé en début de matinée pour Bangkok où nous arrivons sept heures plus tard.

Sommes déposés à la gare routière au nord de la ville où nous prenons un taxi direction le fameux quartier des voyageurs à petit budget, le quartier de Kha San Road. Il est comme nous l'imaginions : une artère bondée de touristes occidentaux à l'allure, pour certains, soixante huitarde sur le retour (ils n'ont même pas 30 ans) et déambulant parmi des centaines d'échoppes de vêtements, CD piratés, bijoux, livres et babioles en tout genre, restaurants et salles de tatouage/piercing. De cet axe, partent une multitude de petites ruelles un peu plus calmes et dans l'une desquelles nous trouvons notre hôtel du soir.

La chambre (chère pour ce que c'est) s'avère être de la taille d'une boite à chaussure, n'ayant pas vu depuis fort longtemps un pot de peinture. Dîner quelconque dans un restaurant bruyant et sans le moindre style thaï. Nuit agitée par les bruits des bars et la chaleur étouffante.

Malheureusement, la fin du mois est dure et c'est le seul quartier qui correspond à notre budget !

 


Dimanche 17 février 2002

Réveil en début de matinée, petit déjeuner rapide avant de partir à la recherche d'une autre chambre. N'avons pas mis la climatisation de la nuit (trop bruyante et trop froide car température non réglable) : la chambre ressemblait donc à un four. Nous trouvons une chambre plus grande et moins chère au New Joe Guest House, situé deux ruelles plus loin.

Partons en fin de matinée de Kao San pour la visite du Musée National. Un tuk tuk nous propose alors de nous emmener pour 20 B visiter deux ou trois sites le tout en une heure. L'offre est alléchante et nous ne sommes (pour une fois) pas méfiants. Erreur...

Nous prenons place à bord de l'engin qui fait un bruit d'enfer. Premier arrêt près d'un petit wat de quartier, qui ne semble pas avoir la visite de beaucoup d'occidentaux. Le chauffeur nous dit de prendre notre temps, puis nous indique le prochain arrêt "factory". C'est à ce moment là que nous commençons à sentir l'embrouille. Nous croisons également un thaï nous vantant les boutiques de pierres précieuses ou l'achat et la revente en Europe sont un bon moyen de se faire de l'argent ... bien entendu parfaitement légalement. On ne compte plus le nombre de personnes s'étant fait avoir à ce genre de proposition malhonnête ...

Nous retournons donc vers le tuk tuk en lui précisant notre désintérêt pour l'achat de pierres et notre souhait de nous rendre au Palais Royal directement (le chauffeur a de plus la mauvaise foi de nous dire que le musée national est "malheureusement" fermé ce jour ; pratique courante mais pas encore vérifiable).

Le chauffeur ne semble pas franchement d'accord sur notre choix de parcours. Il veut absolument nous emmener dans ses boutiques pour toucher sa commission. Devant notre refus, il démarre en trombe et nous ordonne de descendre quelques dizaines de mètres plus loin. Quel goujat ! Nous ne sommes (heureusement) pas trop tombés dans ce piège à touristes.

Nous sautons dans un taxi qui nous dépose (sans encombre !) au musée national qui s'avère ouvert ! Et dire que nous avons failli rater cela ...

Deux heures de visite de ce musée ouvert au public par le roi Rama V en 1874. Plusieurs salles d'exposition réparties dans de nombreux bâtiments (beaucoup sont en rénovation) nous permettent de découvrir un fabuleux héritage provenant des quatre coins de l'Asie : Myanmar, Japon, Chine, Inde, Népal, Vietnam ... Nombreux bouddhas assis, debout ou en méditation, stupas, shivas, ganapati (ganesh) en pierre... du IXème au XIème siècle.

Les salles du premier étage nous dévoilent les oeuvres d'art de la période Dvaravati qui s'étend du Xème au XIème siècle. Les objets ont été principalement retrouvés dans les anciens sites de Nakhon Pathom et U Thong. Nous y découvrons l'influence architecturale de l'Inde, les ethnies de cette période étant principalement composées d'immigrants indiens.

Nombreuses représentations en pierre de bouddhas, garudas, lions démons et bas reliefs de temples. Une autre salle présente des oeuvres de Java des XIème et XIIème siècles. Sculptures imposantes en pierre représentant Ganapati (Ganesh) Shiva ...

La salle d'exposition suivante retrace l'influence khmère qui commence dès le VIIème siècle et qui s'installe dans la partie nord est du pays. Nombreuses similitudes avec l'art de Angkor : Apsara, nombreuses statues de pierre, objets de rituel en bronze, piliers, gardiens de temples.

Les salles suivantes présentent pièces d'armes, meubles et objets thaï en bois des XVIIIème et XIXème siècles, pierres gravées, marionnettes royales, trésors royaux, offrandes à Bouddha avec de nombreuses statues et tablettes en or ou argent, incrustées de pierres précieuses, cristal, palanquins ....

Nous terminons la visite par la Maison Rouge, très belle maison en teck appartenant à la sœur de Rama 1er, la princesse Sri Sudarak, renfermant de nombreux objets et meubles de la période Ayuthaya.

Déjeuner tardif sur place avant de rentrer tranquillement jusqu'à l'hôtel. Nous récupérons près de 300 photos du Vietnam, du Cambodge et de la Thaïlande. Petite et néanmoins difficile sélection de celles que nous devons mettre sur le site.

 


Lundi 18 février 2002

Au programme aujourd'hui : découverte du Palais Royal et recherche d'une statue de bouddha pour notre collection personnelle.

Partons à pied direction le palais où nous arrivons une bonne demi-heure plus tard déjà bien déshydratés ! L'endroit grouille de monde. Contrôle des tenues vestimentaires à l'entrée : interdiction de porter jambes ou bras nus ainsi que des chaussures découvertes. Chaussés de nos inévitables tongs, nous prenons donc la direction du vestiaire pour essayer des chaussures plus conventionnelles.

Le site est somptueux : construit en 1783 et couvrant près de 220.000 m², il renferme plusieurs monuments dont la chapelle royale, résidences royales, bureaux gouvernementaux, bibliothèque, salle d'audience ainsi que de nombreuses galeries peintes retraçant scènes de guerre et batailles.

La chapelle royale du Bouddha d'Émeraude ressemble en tous points à un monastère, bien qu'aucun moine n'y réside. Un bouddha de jade, taillé d'une pièce, est posé sur un piédestal doré en hauteur. La statuette découverte dans le nord du pays au XVème siècle fut l'objet de nombreuses convoitises et circula de Chiang Rai au Laos avant de rejoindre Bangkok sous le règne de Rama 1er.

Faisons ensuite un détour par la terrasse supérieure où nous admirons une très belle maquette de Angkor Vat, un chedi doré (stupa), des maquettes d'éléphants blancs symbole de règne, de fabuleuses statues dorées et des statues d'animaux mythologiques. Nous passons plus d'une heure sur le site avant de s'offrir un sorbet à la framboise tant rêvé depuis six mois ... qui nous était "interdit" par manque d'hygiène dans les pays visités. Un régal.

Nous quittons le Palais Royal pour nous rendre au débarcadère de Tha Chang, prendre un des Express Boat naviguant sur le Chao Phraya. Ce mode de transport peu onéreux permet de longer la ville en un rien de temps, évitant ainsi pollution et embouteillage.

Nous descendons cinq arrêts plus loin au Tha Si Phraya. Direction le River City, grande bâtisse moderne près du Sheraton renfermant de nombreuses boutiques d'antiquités et objets d'art qui s'avèrent hors de prix !

Nous faisons malgré tout le tour de la plupart d'entre elles puis reprenons l'Express Boat avant de rejoindre tranquillement notre quartier. Soirée calme à la terrasse de notre Guest House.

 


Mardi 19 février 2002

Dernière journée avant notre départ pour Sydney. Voilà plus de cinq mois que nous sommes en Asie et notre périple prend fin demain.

Retrouvons en fin de matinée Michèle, la tante de Bruno, venue passer une dizaine de jours dans le nord. Nous sommes ravis de la voir et de pouvoir partager ces quelques dernières heures avec elle. Elle arrive avec un sac rempli de médicaments et chocolats (merci Danièle), journaux français et fromage, denrée rare ici (merci tata) qu'il nous faudra consommer avant notre arrivée sur le sol australien (interdiction d'importer toute nourriture).

Balade et déjeuner dans le grouillant mais néanmoins authentique quartier chinois. Nous laissons Michèle en milieu d'après-midi à son hôtel pour un repos bien mérité et la quittons avec tristesse.

Nous prenons ensuite la direction de Sukhumvit et le cyber café moderne et bien équipé où se rend habituellement Yanne. Plusieurs heures consacrées à la mise en ligne du carnet de route et du scannage des photos. Nous avions pris un certain retard également sur les rubriques d'autres pays.

Dernière soirée fort agréable passée avec Yanne et Laurent dans un restaurant vietnamien et nous quittons à regret nos amis vers minuit.

 


Mercredi 20 février 2002

Départ de Kao San vers 13h00 laissant derrière nous le continent asiatique.

 

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©2002 Laurence & Bruno Morel