![]() Carnet de route de Nouvelle-Zélande |
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Principales régions visitées :
Lundi 25 février 2002Départ de Sydney en milieu de matinée par Air New Zealand. Trois heures de vol, à l’atmosphère bien agréable. Déjeuner : en-cas arrosé au Sauvignon blanc néo-zélandais, pas mal du tout … Traversée de l’océan pacifique puis nous découvrons les premiers reliefs de l’île sud, la Nouvelle-Zélande étant composée de deux îles principales. Nous survolons la West Coast ainsi que Mc Arthur Pass. Nous apercevons également sur la partie droite de l’appareil, les majestueux sommets enneigés de la région des Fiorlands, sous un ciel bleu limpide. De grands lits de rivière de plusieurs centaines de mètres de large, traversant l’île de part et d’autre, semblent asséchés. Nous quittons la chaîne montagneuse laissant place aux vertes prairies plates où paissent des milliers de moutons. Nous arrivons à l’aéroport de Christchurch avec deux heures de décalage par rapport à Sydney. Nous avons la surprise d’arriver le même jour que la reine Élisabeth d’Angleterre qui se rend en Nouvelle-Zélande pour la dixième fois. Un important dispositif de sécurité est déployé tout autour de l’aéroport. Passage de la douane sans problème en ayant déclaré cette fois-ci foie gras et chocolat. Les chiens Labrador, dressés comme en Australie, inspectent les sacs. Il apparaît, par les mises en garde et sanctions aux fraudeurs, que le pays est très protectionniste quant à l’importation des denrées alimentaires. Même les équipements de camping (tente, chaussures de trek, …) sont contrôlés. Prenons possession du camping-car réservé quelques jours auparavant par Internet. Il est conforme à ce que nous attendions. Fourgon Ford Beth aménagé pour deux personnes avec eau chaude, frigo et plaques. Attention à la conduite à gauche et c’est parti pour l’aventure ! Premier arrêt au Count Down, grand supermarché de la ville où nous nous engouffrons avec gourmandise. Après cinq mois de nourriture asiatique, somme toute bien bonne, nous avons plaisir à retrouver nos habitudes alimentaires. Par ici oeufs, yaourts, viande et légumes frais (et crus !). Nous prenons ensuite la Highway 1 en fin d’après-midi direction Timaru à 160 km de là. Deux heures de trajet à traverser prairies vertes et fermes agricoles. Découvrons de près les moutons néo-zélandais “gonflés” de laine (on dirait des peluches vivantes !), les vaches et chevaux … Un vrai retour à la nature … Traversons de nombreuses petites bourgades de quelques centaines d’habitants à chaque fois sans building mais où s’alignent des maisons en brique type anglaise, aux jardins verdoyants et fleuris. Les centre-villes sont constitués d’une artère principale où se côtoient de part et d’autre boucherie, fish and chips, église, administration … La nuit commençant à tomber, nous prenons un chemin menant à la mer et posons le camp sur les hauteurs d’une immense plage déserte. Premier dîner face aux vagues déferlantes de l’océan pacifique au sable volcanique noir sur lequel sont échoués de nombreux troncs et branchage de bois flotté (cela vaut une fortune en France !). Pas le moindre détritus à l’horizon. Nous nous sentons seuls au monde …
Mardi 26 février 2002Première nuit agitée car nous ne sommes plus habitués aux bruits de la nature. Nous ouvrons les yeux sur le spectacle du lever du soleil sur l’océan : la journée débute bien. Inaugurons la douchette extérieure (!) bricolée sous un petit vent bien frais. La toilette est bien rapide ce matin, ça tombe bien, il faut économiser l’eau ! Petit déjeuner Nutella. Eh oui ! Nous ne nous refusons rien et nous voilà partis … après nous être ensablés dans les dunes (il faut bien se faire la main). Bruno étant le seul conducteur autorisé, c’est Laurence qui pousse le camion ! elle regrette à ce moment là de ne pas avoir encore son permis (maman, pas de commentaire désobligeant STP !). Prenons la direction du sud, longeant toujours la côte sauvage. D’un côté, l’océan aux gros rouleaux déferlant avec force et de l’autre, les centaines de moutons grandement occupés à araser les pâturages à l’herbe si grasse. Achetons un BBQ (barbecue) dans une petite ville non sans quelques difficultés car nous ne sommes pas encore habitués aux accents, pour l’un très britannique mais pour l’autre très bushman (rural) ! Pause déjeuner à Oamaru près de la Graves Walkway, réserve abritant une colonie de petits pingouins de 70 cm aux yeux jaunes, les “Yellow Eyed Pinguins”. Malheureusement, il semble que les meilleures heures pour les observer soient au lever et au coucher du soleil ; le reste de la journée étant consacré à la pêche au large, à près de 50 km des côtes et à une profondeur pouvant atteindre 120 mètres. Nous apercevons, depuis l’observatoire surplombant la crique, un petit pingouin caché dans les dunes ayant dû avoir une panne de réveil et nous observons une otarie languie sur le sable. Deuxième arrêt à la péninsule de Shag Point. Y sommes plus chanceux car nous pouvons observer une importante colonie d’otaries dont certaines se trouvent sur les rochers à moins de 5 mètres de nous ainsi que sur un petit îlot les fameux pingouins jaunes. Quel bonheur de pouvoir observer ces animaux en toute liberté ! Le froid est de plus en plus vif alors que nous continuons notre descente dans le sud de l’île. Établissons notre camp pour la nuit au fin fond d’une route en gravier, près de Chrystall Beach, au bord d’une côte sauvage que nous avons quelque peine à trouver. N’avons pas vu âme qui vive depuis près de 30 km si ce n’est … nos fameux moutons ! Campons au milieu d’un parc de cottages désert obtenant la permission de la seule personne vivant à des kilomètres à la ronde, une vieille dame fort sympathique à qui nous promettons, en guise de dédommagement, de mettre deux dollars (NZ) dans la boîte à donation disposée par l’association qui protége le site. Nous nous rendons compte que la confiance règne dans ce pays et que tous les visiteurs sont les bienvenus à condition de respecter le site. Nous nous sentons en cette soirée encore très loin de la civilisation et profitons du plaisir simple du lever de lune sur l’océan. La journée se termine aussi bien qu’elle a commencé.
Mercredi 27 février 2002Réveil sur les coups de 8h30 et petite promenade matinale dans la crique, les pieds dans l’eau. Le soleil se lève doucement et nous prenons le temps d’apprécier la nature. Les préparatifs du matin commencent à être rodés et nous prenons la route en milieu de matinée : direction Milton. Premier arrêt à Nugget Point où nous observons un long moment, au milieu d’îlots de formation calcaire, une colonie d’otaries et de lions de mer, ces premières jouant et se poursuivant dans les piscines naturelles laissées par la mer. Le point de vue du phare est là aussi très impressionnant. Y apercevons les falaises découpées s’étirant à plusieurs kilomètres sans la moindre habitation. Nous croisons lors de notre descente en pente raide de nombreux cyclo-touristes chargés et bien courageux sur ces pistes en graviers et bien poussiéreuses. Direction ensuite Owaka où nous empruntons la Scenic Route où se succèdent plages désertes, forêts de sapins et petits lacs. Nous y faisons le plein d’eau. De nombreux panneaux indiquent les randonnées pédestres à faire. Constatons les dégâts importants causés, sans doute, par une tempête violente : arbres centenaires déracinés, maisons abîmées … Croisons deux géomètres sur le bord de la route : l’un au bonnet de Jamiroquai, l’autre à la barbe et à la chevelure de ZZ Top ! Bonjour messieurs …! Il est de bon ton de se saluer sur la route et nous le faisons à chaque fois avec plaisir … Nous arrivons à Fortrose et prenons un petit chemin nous amenant à la pointe la plus au sud de la Nouvelle-Zélande, au niveau du 47ème parallèle. Nous posons le camping-car en haut des dunes de Waipapa Point, réserve naturelle où le camping sauvage est autorisé. Nous partons observer, à quelques centaines de mètres de nous, sur la plage, deux couples de lions de mer dont les mâles se chamaillent les femelles. Les séances d’intimidation de ces gros mammifères marins sont impressionnantes, chacun pesant plus de 300 kg. Nous les approchons à presque pouvoir les toucher mais avec discrétion afin de ne pas les perturber ni subir une charge défensive de leur part. Dîner royal au foie gras français (merci Danielle et Jean-Pierre !) et au Sauvignon Blanc australien, loin d’être mauvais. Nous nous régalons de nos premières côtelettes d’agneau NZ grillées au BBQ, profitant du spectacle de cette fin de soirée où la mer et le vent se calment. Un troupeau de moutons (non rancuniers) en liberté vient nous rendre visite à la fin du repas. Pas la moindre présence humaine encore une fois.
Jeudi 28 février 2002Réveil sous la pluie. Avons du mal à quitter notre couette douillette. Risquons un oeil par la fenêtre. Décidément, il fait trop mauvais pour se lever ! Balade sur la plage, les lions de mer de la veille ne sont plus là. Ils ont dû partir se nourrir en mer. Prenons la direction de Fortrose puis Invercargill et la route scénique vers la région dite Fiorland. Nous faisons une petite frayeur sur le niveau d’essence car les ravitaillements sont parfois espacés de plus de 60 km. Nous roulons au pas et redoublons de vigilance pour les prochaines fois. Le ciel se dégage finalement en début d’après-midi et nous faisons une agréable pause déjeuner au soleil près d’un vieux pont du siècle dernier surplombant la Walau River. Apercevons de nombreux lacs, le paysage commence à changer. Nous quittons les zones côtières pour les reliefs plus montagneux. Les paysages sont magnifiques : succession de hauts plateaux dominant les lacs avec les premières montagnes se découpant au loin. Arrêt près du lac de Te Anau dans le but d’y passer la nuit. Petite bière bien fraîche à la terrasse d’un café dans cette station balnéaire très agréable, face au lac et ses montagnes. Hydravion et hélicoptère proposent des balades dans la région. Les habitants viennent en fin de journée au lac faire des activités nautiques, les enfants se baignant dans l’eau (bien) fraîche. Dînons face au coucher de soleil dans une petite marina. Y sommes bien tranquilles et nous nous apprêtons à y passer la nuit. Malheureusement, nous sommes gentiment délogés par le ranger local car il est interdit de camper aux abords du lac. Nous nous en doutions un peu mais cela valait le coup d’essayer. Prenons donc de nouveau la route et trouvons une petite aire de repos où nous passons la nuit sans encombre.
Vendredi 01 mars 2002Départ de bonne heure pour découvrir la région des Fiorlands, succession de fjords couvrant près de 12.000 km², bordée par la mer de Tasmanie. Ce parc est l’un des plus grands au monde et certaines parties sont encore inexplorées par l’homme. La route que nous empruntons pour Milford Sound traverse des paysages montagneux d’une rare beauté. Énormes couloirs datant de l’ère glaciaire de plusieurs centaines de mètres de large à présent recouverts de végétation, forêts de sapins, cascades et torrents, impressionnants couloirs d’avalanche surplombant la route, glaciers enneigés… Le ciel est d’un bleu pur faisant ressortir la palette de couleurs. Pause déjeuner et sieste au bord d’un lac dans un petit port d’où partent les pêcheurs de langoustes jusqu’en mer de Tasmanie. Arrivons dans la zone très touristique de Milford Sound, marquant la fin de la route. Sont garés des dizaines de cars attendant le retour des touristes partis en croisière sur les fjords dans d’énormes bateaux modernes ou en avion. Beaucoup trop de bruit et d’activité pour nous et nous faisons donc demi-tour. Posons la “tente”au bord d’un petit lac désert. Les montagnes s’y reflètent , les canards y barbotent et les truites y mouchent. On se croirait dans un reportage d’histoire naturelle mais en beaucoup moins soporifique ! Dîner BBQ les pieds dans l’eau. Encore une soirée difficile !!!
Samedi 02 mars 2002Après une nuit pluvieuse, nous décidons de ne pas trekker, les chemins étant inondés. Nous prenons donc la route de nouveau vers Te Anau puis remontons toujours sous la pluie vers Queenstown plus au nord. La région est souvent arrosée par les pluies surtout en cette partie de l’année. La route est toujours aussi spectaculaire : hautes montagnes, fort vent, lac agité avec de grosses vagues et une superbe luminosité. Nous ne nous arrêtons que peu de temps dans la ville chère et touristique de Queenstown. Prenons la direction de Cromwell. Longeons les stations de ski pas encore ouvertes et les vignobles. Les rangs de vigne sont protégés des pucerons par des rosiers. Nous achetons également des fruits dans une échoppe sur le bord de la route. Action somme toute banale sauf que la particularité néo-zélandaise est qu’il n’y a personne à la caisse ! les étals sont à la disposition des clients à qui ont faite toute confiance. Une boîte est disposée à recevoir la monnaie des achats. Il y a malgré tout une petite caméra mais encore une fois, la confiance règne … Nous sommes dévisagés sur la route par les fameux moutons Mérinos (pour des réveils le matin en beauté …!) à la laine très fournie. Traversons ensuite pendant une cinquantaine de kilomètres une terre montagneuse et aride type “no man’s land”. Le bush à l’état pur sans la moindre présence humaine. Nous semblons être sur une autre planète. Passons la nuit sur une des rares aires de repos que nous trouvons au milieu de ce paysage lunaire.
Dimanche 03 mars 2002Départ pour le Mont Cook National Park à deux heures de route. Ce parc de plus de 70.000 hectares regroupe 25 glaciers à plus de 3.000 mètres d’altitude. Le mont culminant est le Mont Cook à 3.754 mètres (il a perdu 10 mètres au cours d’une avalanche en décembre 1991). Nous longeons le lac Pukaki dont la couleur turquoise est due aux particules de roche en suspension provenant des glaciers. Tous les lacs de la région ont la même coloration étonnante. Au fur et à mesure de notre avancée vers la station, le temps se fait de plus en plus menaçant. Nous arrivons sous des trombes d’eau et le brouillard ne nous permet de distinguer aucun relief. Repartons un peu déçus une heure plus tard après une balade nous trempant jusqu’aux os. Les conditions météo pour les jours à venir ne semblent pas bonnes. Direction le lac Tekapo, le ciel se dégage au fil des kilomètres nous permettant d’apercevoir les prémices de la chaîne des Alpes néo-zélandaises et ses monts enneigés. Le lac Tekapo est tout aussi beau et après une balade de deux heures tout autour, nous posons le camp juste au bord en priant avec d’autres campeurs de ne pas nous faire déloger. Dîner bien agréable ; à observer le soleil couchant sur les sommets enneigés.
Lundi 04 mars 2002Départ de Tekapo aux alentours de midi (toujours les derniers à lever le camp). C’est fou comme on dort bien au grand air ! Nous prenons la direction de Christchurch. Les reliefs se font de plus en plus rares et nous revenons vers les plates étendues et la côte de la province de Canterbury. Nous avons eu l’occasion de toucher dans une boutique vendant exclusivement des vêtements en laine Mérinos la fameuse laine des moutons du même nom, si prisée. Au toucher si doux. Il est plus facile d’aller dans la boutique que de courir après les moutons (que nous n’avons jamais réussi à prendre en photo… trop farouches !) dans les prés. Posons le camping-car sur une aire de repos, nous sommes bercés par le passage de gros camions type USA heureusement rares en cette fin de soirée.
Mardi 05 mars 2002Longeons la côte pour remonter vers Kaikoura. Avons la chance d’apercevoir près de Goose Bay une otarie à fourrure, languie sur le sable, pas effarouchée et qui se laisse prendre en photo avec plaisir. Puis quelques minutes après, apercevons à une centaine de mètres du rivage un groupe de dauphins en pleine partie de chasse filant comme l’éclair. Profitons pleinement de cette rencontre imprévue et unique. Nous stoppons plusieurs heures dans la ville de Kaikoura et nous nous régalons de notre premier fish and chips, préparé par un couple de Maoris. Après-midi sur la longue plage bien ensoleillée (le soleil est traître en Nouvelle-Zélande et brûle la peau en moins de 5 minutes). Nous repartons un peu déçus de ne pouvoir profiter des sorties en mer proposées en abondance dans la ville pour l’observation des otaries, dauphins ou baleines mais les prix sont parfois exorbitants et surtout hors de notre budget. Mais nous avons eu la chance d’en apercevoir une petite partie par nous-mêmes exceptées les baleines. Tickets achetés pour la traversée inter- îles afin de rejoindre la capitale, Wellington le 12. Remontons la côte et passons la nuit au nord de la mer près de Kekerengu. Juste à coté, se trouve un très beau restaurant tout en bois exotique et superbement décoré. Nous prenons une bière à The Store (c’est son nom) en remerciement du plein d’eau offert par le patron pour notre camping-car. Un bel établissement perdu sur cette côte sauvage.
Mercredi 06 mars 2002Matinée passée sur la plage, nous quittons encore une fois les lieux en fin de matinée … Direction Bleinheim, aux portes de la région vinicole de Marlborough. La ville ressemble à toutes les villes croisées depuis le début de notre séjour : de petites rues commerçantes aux bâtisses de couleur ne dépassant pas un étage. Une ville de “far west” mais en plus moderne. La population ne semble pas stressée … Nous traversons ensuite les grandes propriétés vinicoles aux bâtisses impressionnantes en direction de la côte nord de Cloudy Bay à l’est des Sounds. Décidons de passer la nuit dans une zone aménagée pour les campeurs par le DOC (Department of Conservation) et géré par des rangers. Toujours le même système de Camp Fee : une boîte est disposée à l’entrée du terrain avec une bonne quantité d’enveloppes pré-imprimées. Un formulaire est à remplir. La nuit coûte 5 NZ dollars par personne. La somme est à glisser le matin dans la boîte. Personne pour surveiller … toujours la confiance néo-zélandaise. Nous avons pour voisins une jeune famille nombreuse logeant dans un genre de Horse Truck, ces gros camions pour les chevaux. Il est aménagé sur deux étages avec poêle à bois. Croisons tous les jours des campings-cars sur la route, tous plus originaux les uns que les autres, souvent aménagés avec les moyens du bord et toujours de taille impressionnante (le dernier en date est un bus de 30 places entièrement aménagé conduit par un vieux couple de retraités !). Grande balade sur la plage de sable noir, le temps est dégagé.
Jeudi 07 mars 2002Quittons vers midi la côte de Rarangi pour nous rendre à Picton. C’est de là que partent les ferrys pour Wellington ainsi que les excursions dans les Sounds, très belles péninsules comprenant des dizaines de baies à la végétation luxuriante. Reliefs escarpés surplombant une eau azure et abritant une faune aquatique abondante d’où : de nombreuses réserves protégées. De Picton, nous empruntons la Charlotte Queen Drive et posons le camping car dans un camping aménagé avec eau chaude et électricité. Nous nous offrons un petit luxe ! Soirée au calme au bord du Queen Charlotte Sound sous le ciel étoilé.
Vendredi 08 mars 2002Poursuivons notre découverte des Sounds, en empruntant la Kenepuru Road. Les paysages ne sont pas sans nous rappeler la méditerranée mais sans son développement immobilier et touristique démesuré. Nous apercevons seulement quelques villas au pied des baies, le bateau au mouillage juste en face. Nous trouvons fréquemment sur le bord de la route de nombreux opossums écrasés. Ces rongeurs de la taille d’un chat sont un fléau en Nouvelle-Zélande : ils sont dangereux pour le bétail, car porteurs de maladies telle la tuberculose bovine et par son action de déforestation. A présent plus de 70 millions d’individus font l’objet de nombreuses campagnes d’éradication. Une étude du commerce de sa douce fourrure, d’un aspect proche du vison, n’a pas abouti. Nous trouvons dans l’après midi notre coin recherché désert de tout camping-car. Fin de journée lecture au bord de la baie.
Samedi 09 mars 2002Nous quittons Kenepuru Head pour la pointe du Sound à Titirangi Bay. Empruntons des chemins de piste pendant près d’une heure pour atteindre le haut des collines nous permettant de découvrir un superbe panorama : une multitude de petites baies baignées par l’océan, de grandes étendues de pâturages descendant vers la mer que deux grandes fermes semblent se partager. Faisons demi-tour et reprenons la route pour trois heures de piste. Passons par Portage, Te Mahia, Linwater, Havelock et Rai Valley. Puis direction Elaine Bay où nous dressons le camp. Dîner “de fête” autour du BBQ et d’une bouteille néo-zélandaise de Sauvignon Riesling (aie le mal de tête) pour fêter dignement, avec bougies s’il vous plait, les 29 ans de Laurence.
Dimanche 10 mars 2002Temps superbe nous permettant de consacrer cette journée à une sortie en mer en kayak que nous louons à un local. Après les instructions très professionnelles et règles de sécurité dispensées par le loueur, nous voici partis à la découverte de la baie et de ses îles, engoncés dans nos jupes et nos gilets de sauvetage. Petites minutes de mise en route pour la coordination de nos mouvements et nous prenons ensuite plaisir à glisser sans bruit sur l’eau calme. Premier arrêt pour la récolte de moules géantes d’environ 10 centimètres qui sont bien appréciées, le soir à l’apéro, cuisinées à la marinière ! Pause déjeuner sur un petit îlot à la plage recouverte de milliers de coquillages et sieste réparatrice au soleil. Nous rencontrons au retour de grandes raies majestueuses et observons longuement les oiseaux marins pour certains bien curieux à notre égard : shag, héron, cousin du kiwi … Rentrons en fin d’après-midi juste avant que le vent ne se lève. Seconde nuit bien calme dans cette petite crique où les rares habitants possèdent de jolies maisons et jardins ouverts sur la mer, descendant en 4x4 leur bateau pour aller pêcher.
Lundi 11 mars 2002Départ avec regret de ce petit havre de paix. Repartons pour Picton à quatre heures de route en lacets. Nous ne sommes pas loin des 1864 virages de la Thaïlande ! Soirée fish and chips près du port de cette ville bien (trop) calme après 18h00. Nuit passée près du terminal du ferry qui doit nous emmener à Wellington le lendemain, bercés par le passage incessant des poids lourds.
Mardi 12 mars 2002Réveil à quatre heures du matin, après avoir changé de place dans la nuit. Embarquons sur le ferry pour trois heures de traversée. Sommes réveillés au milieu du trajet par le soleil se levant sur la proue. La côte est déjà bien loin. Arrivée à 8h30 à Wellington, la capitale de la taille d’une ville de province (350.000 habitants) ouverte sur l’océan pacifique. Très peu de buildings mais une multitude de petites maisons en bois datant pour certaines de la fin du XIXème siècle. Ces constructions résistant mieux aux secousses sismiques très fréquentes dans la région. Nous traversons la ville de part et d’autre en moins de 20 minutes à pied et allons rendre visite à François expatrié depuis cinq ans en Nouvelle-Zélande possédant son restaurant français, “François”. C’est un ami de longue date de Jean-Luc, directeur et “parrain” de Laurence à ses débuts chez Potel & Chabot. Nous sommes ravis de faire sa connaissance. François nous donne de précieuses infos sur l’île du nord et nous le quittons un peu avant le début du service. Balade le long des quais en réaménagement où de jeunes néo-zélandais apprennent la navigation sur un wakatana, pirogue traditionnelle maorie. Même dans cette zone portuaire où se croisent ferry et bateaux marchands, l’environnement est respecté et le port est d’une eau limpide. Nous rejoignons le Te Papa Muséum, musée national à l’architecture très moderne. Ce musée présente sur six étages différentes expositions liées à l’histoire de la Nouvelle-Zélande et la double culture maori/européen dit “pokehas”. Nous commençons la visite par le Marae de Te Papa, lieu de rencontre traditionnel que l’on trouve dans les villages. C’est le lieu de toutes les célébrations de vie, de mort, débats … Nous découvrons l’univers d’une culture totalement inconnue a travers ce lieu sacré. Tous les visiteurs sont les bienvenus et des Maoris sont présents en permanence, certains pour parler de leur culture, d’autres pour proposer des massages traditionnels. Nous apprécions vivement la partie consacrée à l’ethnologie et la paléontologie car la présentation des nombreuses espèces animales est très attractive et riche en explications. Découvrons ensuite une expo très originale sur l’homme et la nature mariant collections anciennes de costumes et portraits, animaux empaillés aux objets de la vie moderne le tout sur musique techno ou vidéo de culturisme ! nous n’avons pas compris tous les messages qu’ils veulent passer mais nous trouvons cela bien amusant … Nous visitons ensuite tout l’étage réservé à l’histoire et la culture Maoris. Présentation de costumes, totems, masques en bois richement sculptées. Présentation également de deux maisons traditionnelles : le Wharenui, très belle maison en bois de 1842 provenant de la province de Gisborne sur la côte ouest de l’île du nord et qui servait de lieu de réunion. Nous y découvrons un intérieur en bois entièrement sculpté (colonnes et plafond). La seconde, Te Takinga est une belle maison sur pilotis au toit de chaume de 1870 où étaient entreposées les réserves de nourriture. Un superbe Waka Taua ou canoë de guerre également parfaitement restauré datant de 1864 est exposé près de ces maisons. Le “Teremoe” dirigé par 30 guerriers a participé à de nombreuses batailles. Nous terminons la visite par une série d’armes et objets anciens en os, pierre et bois, principaux matériaux que travaillent les Maoris. Quittons près de deux heures plus tard ce très beau musée gratuit mais où les dons sont les bienvenus. Ce musée illustre bien l’intérêt que porte le pays à la culture maorie et au respect de l’environnement. Quittons Wellington en milieu d’après-midi après un tour dans la ville et prenons la direction du nord-ouest. Nous arrêtons pour la nuit après deux heures de route à Turakina Beach à 20 kilomètres de Wanganui. Trouvons en bout de chemin un petit terrain de camping très bon marché proche d’une plage de sable noir. Y faisons la connaissance de deux couples néo-zélandais charmants. Soirée bien agréable et bonne nuit réparatrice.
Mercredi 13 mars 2002Quittons notre havre de paix après une longue balade sur la plage déserte (nous n’avons encore jamais vu ici de plages bondées …). Direction le Tongariro National Park à près de deux heures de route. Quittons les plats pâturages pour les volcans. Arrêt à l’office du tourisme de Whakapapa village très riche en informations sur la région et sur les activités de treks autour des volcans. Nous décidons de programmer un trek d’une journée pour le lendemain. Seul le temps couvert et donc sans visibilité déjà présent aujourd’hui et annonce peut changer nos plans.
Jeudi 14 mars 2002Réveil de bonne heure puis direction le point de départ du trek, le Tongariro Crossing à Mangatepopo. Ce trek de 17 kilomètres est l’un des plus courus permettant de découvrir les volcans actifs de Tongariro et Ngauruhoe dont la dernière éruption date de 1996. Départ à 9h30 sous la brume pour la première partie de l’ascension à pente douce et à la végétation de buissons et de fleurs odorantes poussant dans la terre volcanique. Nous retrouvons nos sensations de trek au Népal sur la deuxième partie ou la pente est très raide et escarpée. Arrivée au South Crater à 1660 mètres. La végétation a disparu et la terre est jaune, couleur de souffre. Nous sommes impressionnés d’être au centre du cratère de plus d’un kilomètre de diamètre. Reprenons l’ascension pour arriver au point culminant d’un second cratère, dit le cratère rouge. Ascension rendue difficile par le terrain sablonneux en pente très raide ne présentant que peu de prises. Des “sticks” ou bâtons de marche seraient les bienvenus ! Pause déjeuner nous permettant malgré le plafond très bas d’admirer les lacs sulfureux Emerald et Blue. Assis sur la pente du volcan, le froid et le vent se font de plus en plus sentir, malgré les vapeurs d’eau chaude provenant du cratère rouge qui nous enveloppent. Entamons une descente par le même chemin plus rapide car la pluie est de plus en plus forte. Nous arrivons en bas après cinq heures de marche contents de notre effort. Prenons la route pour Taupo à une heure au nord et arrêt pour la nuit au bord du lac du même nom dont nous utilisons l’eau pour une bonne douche en plein air, épiés par les cygnes noirs.
Vendredi 15 mars 2002Départ du lac Taupo en fin de matinée. C’est le plus grand lac de NZ couvrant près de 660 km². Direction Rotorua qui marque le début de la province dite Bay of Plenty. Le paysage y est d’un vert intense et se succède de chaque côté de la route, de grandes forêts rectilignes de sapins. La route traverse également plusieurs sources d’eau chaude et des geysers. Nous y sentons fréquemment l’odeur forte du soufre et des volutes de vapeur s’échappent du sol. Avons du mal à trouver un emplacement gratuit, la région n’ayant pas de camp Site. Nous trouvons finalement un petit camping tenu par un kiwi NZ au look de ZZ Top qui lors de notre arrivée ramassait avec son 4x4 les déjections de ses vaches mises en pâturage sur le terrain et servant ainsi de tondeuses naturelles ! Elles nous tiennent compagnie par leurs beuglements lors de la rédaction du carnet. Nous nous apprêtons à fêter dignement (nous n’arrêtons pas de festoyer), en ce 15 mars, nos six mois de voyage avec une bonne pièce de bœuf au BBQ. Cela va peut être calmer les beuglements !
Samedi 16 mars 2002Aujourd’hui, journée dédiée aux sensations fortes ! Laurence pour son anniversaire a choisi d’effectuer son premier saut en parachute à 12.000 pieds. Le temps est splendide, Laurence est motivée mais un peu anxieuse … toutes les conditions sont donc réunies ! Nous prenons la direction de l’aérodrome de Rotorua où se trouve le club. Petite structure bien sympathique et calme, à l’ambiance très décontractée. Nous attendons patiemment au soleil car le pilote doit changer la batterie de l’avion. Gloups ! “C’est à présent mon tour”. Nous sommes deux à sauter en tandem et ayant demandé une vidéo du saut, un cameraman nous accompagne. J’enfile une “superbe” combinaison rouge (aux couleurs de l’écurie Ferrari), un casque vert en cuir souple (pour l’harmonie des couleurs, on repassera !) et des cache lunettes transparents (je décide de garder mes lunettes de soleil pour le saut). Dernière chose essentielle, le harnais qui me permet d’être sanglée à mon moniteur, Brian qui porte le parachute pour les deux. Un petit “life jacket” (gilet de sauvetage) glissé à la ceinture au cas où nous tombions dans l’eau (c’est rassurant !) . Me voici prête pour le briefing d’avant-saut où l’on m’explique quelles positions prendre. Le cameraman commence à filmer, Bruno à mitrailler et moi me décomposer … Brian et moi prenons place à bord de l’avion (en premier, car nous sautons en dernier (principe du “first in, last out”) sans siège de la taille d’une boite à chaussures. Nous sommes avec le pilote six dans l’appareil. Décollage sans problème. L’altimètre fixé aux poignets des moniteurs monte progressivement et mon stress également. Je tente de penser à autre chose en admirant la splendeur des paysages : collines verdoyantes, lacs et forêts à perte de vue, volcans et au loin l’océan. Nous distinguons également les sommets des volcans Tongariro et Ngauruhoe au loin. Nous atteignons les 12.000 pieds en 30 minutes. Le cœur s’emballe mais il est trop tard pour reculer. Tout s’enchaîne ensuite rapidement lorsque le pilote nous fait signe que nous arrivons sur la zone de saut. Brian se fixe à mon harnais, je suis devant lui et fixe à mon tour casque et lunettes de protection. Le cameraman nous filme toujours mais j’ai du mal à y prêter attention ! Le second moniteur ouvre alors la porte et là, un énorme appel d’air nous happe vers l’extérieur. Le bruit de l’air qui s’engouffre couvre le moteur et nos paroles. Le premier tandem prend place pour le saut et disparaît en un ¼ de seconde. Le cameraman se glisse à l’extérieur et s’accroche à l’aile afin de nous filmer lors de la sortie de l’avion. Arrimée à Brian, je me glisse jusqu’à la porte. L’air m’attire vers l’extérieur. Mon moniteur est assis sur le rebord et me voici dans le vide seulement retenue par le harnais ! Drôle de sensation … Je me mets en position de saut dit “the banana” (je demande à mes chers cousins de ne pas se moquer … je les vois venir !) comme répété au sol, la tête en arrière sur l’épaule droite, les mains sur les harnais et le corps courée. A ce moment la, ma concentration est tellement intense que je n’entends plus le vacarme ni ne vois le vide. Et soudain,… tout bascule ! Nous tombons comme une pierre à plat ventre ¼ de seconde après le caméraman. Il me faut deux secondes pour ouvrir les yeux et reprendre mes esprits. Nous voilà chutant à bientôt près de 200 km/heure. Je ne sens pas le poids de Brian sur moi mais ressens la forte résistance de l’air lorsque j’essaie de me mouvoir. Nous traversons telle une fusée les nuages. J’apprécie pleinement les sensations de la chute répondant aux gestes du cameraman qui chute à la même vitesse que nous, nous touchant presque les mains. Je suis là, à rigoler et faire le pitre alors que nous tombons à plus de 55 mètres par seconde. Mon casque s’enlève à moitié et je passe la moitié de la descente en chute libre la main sur la tête et l’autre battant l’air ! Brian ne quitte pas son altimètre des yeux et soudain après 45 secondes de chute libre, je sens mon corps basculer en arrière avec l’impression de remonter de plusieurs mètres. Il vient de déclencher le parachute. Nous perdons de vue le caméraman qui continue sa chute, ne déclenchant le sien que quelques secondes plus tard mais déjà à plus de 200 mètres en dessous de nous. A cet instant, tout semble se calmer. Nous flottons dans les airs et je découvre alors le superbe panorama qui nous est offert à plus de 1.000 mètres. Nous arrivons à rire et discuter, la tension est retombée d’un coup. Profitons de ces 3 petites minutes avant de nous poser telle une plume. Un des maoris de l’équipe resté au sol se précipite vers nous tout sourire pour nous stabiliser et dégonfler la voile. Je suis aux anges. La caméra tourne toujours et on me demande de livrer mes impressions. “Génial” (en français dans le texte !). Je remercie mon moniteur et pars rejoindre Bruno encore harnachée et les jambes un peu tremblantes. Lui semble très détendu ! Telle une pile électrique, je tente de lui raconter en détails le saut et lui annonce mon souhait de ressauter prochainement à 15.000 pieds avec oxygène ! Nous récupérons la vidéo et nous régalons de la visionner au club. Kieth, l’autre moniteur me remet un diplôme. L’aventure est finie mais ne fait que commencer, je suis mordue ! Nous discutons un petit moment de cette aventure me permettant tout doucement de reprendre mes « esprits ». Reprenons la route vers Tauranga sur la côte est de la Baie of Plenty pour y passer la nuit.
Dimanche 17 mars 2002Après une nuit passée à Maketu dans la Baie of Plenty, nous partons pour Tauranga puis coupons par les terres à travers la région des Coromandels pour rejoindre Auckland. La production principale de la région est celle du kiwi. D’immenses vergers où les plants de kiwis courent sur les treillis sont protégés des vents continus de la région par de grandes haies de sapins. Il ne semble pas que ce soit la pleine saison du fruit car aucun des points de vente au bord de la route n’en propose. Nous apercevons également des petites plate formes logistiques apparemment spécialisées dans l’exportation des fruits. Nous passons des plates étendues de vergers aux gorges de Karangahake dans la forêt des Coromandels. Nous atteignons en moins de deux heures la périphérie de Auckland et nous nous retrouvons en ce dimanche soir dans la circulation dense des retours de week-end. Univers citadin laissé derrière nous il y a maintenant plus de six mois. Avons quelques difficultés à trouver un emplacement pour la nuit lorsque nous arrivons dans la réserve de Waitakere à l’ouest de Auckland dans la baie de Manukau. Les camp-sites sont gérés par les rangers qui ne sont plus présents dans leurs bureaux à cette heure. Sommes arrêtés sur la route par une famille apparemment allemande habitant le coin qui nous indique gentiment un endroit tranquille et isolé pour passer la nuit. Suivons leurs conseils et nous rendons à Whatipu à la pointe de la réserve après Huia. Le coin est désert mais malgré tout une jeune femme s’occupant du site nous accueille et nous nous posons à la tombée de la nuit.
Lundi 18 mars 2002Petit-déjeuner au soleil dans une herbe bien verte et grasse qui ferait le bonheur de nos amis les moutons. Le terrain est désert de tout occupant, les néo-zélandais y viennent seulement le week-end et durant les vacances scolaires. Autour de nous se dressent les montagnes de la réserve ornithologique. Nous descendons vers la longue plage de sable noir qui borde le terrain. Le site est important pour les Maoris car les éléments naturels s’y confrontent : une mer déchaînée, un vent puissant, érodant au fil du temps, la côte et ses falaises laissant un relief laminé et torturé. Les Maoris avaient l’habitude de se retrouver dans les grottes naturelles désormais inaccessibles par la montée du sable, pour les évènements religieux et festifs. Plus nous montons vers le nord de l’île et plus nous ressentons l’influence maorie : nombreux noms de site, population importante de tout âge, artisanat (rare et hors de prix !), villages et marais. Prenons la route dans l’autre sens pour remonter une nouvelle fois vers Auckland passage obligé pour monter dans le nord. La proximité de cette grande agglomération la plus peuplée de NZ avec près de 1 million d’habitants fait apparaître une multitude de maisons en bois de style victorien dominant souvent la mer. Traversons rapidement la ville et son célèbre pont le Harbour Bridge (même nom que Sydney) qui surplombe le port aux milliers de voiliers. Auckland, City of Sails … Arrêt déjeuner dans la petite ville de Warkworth au rythme si paisible et où tout le monde se connaît. Une des occupations principales des néo-zélandais semble être les machines à sous électroniques et nous sursautons lors de notre connection internet dans un backpack faisant office de salle de jeux au vacarme assourdissant des sirènes et musique (Money du groupe Abba) annonçant que le jackpot de 600 NZ dollars vient d’être gagné par une jeune habituée. Dressons le camp pour la soirée dans la réserve de Tawharani accueillis par un jeune ranger bien sympathique et bavard. Le terrain est là aussi désert et ressemble par son état impeccable à un terrain de golf. Sommes également dans une réserve ornithologique et sommes accueillis par un groupe de dindons sauvages (une des seules espèces que nous arrivons à identifier !)
Mardi 19 mars 2002Grande balade et baignade le matin. Partons vers midi pour le nord. Toujours autant d’oiseaux à observer. Région principalement agricole au relief vallonné. Prenons la direction de Whananaki sur la côte à 20 km au nord de Whangarei. Trouvons un des camp-sites DOC mais qui ne nous convient pas : pas de vue sur la mer et trop de monde à notre goût ! que nous sommes devenus sauvages … Nous passons voir un particulier “B et H Barron” propriétaires d’un motor-camp. C’est une vaste propriété de plusieurs dizaines d’hectares avec deux superbes plages. Le tarif demandé est le même que le camp-site. Le terrain est tellement grand que nous demandons notre route au fils de la famille croisé sur le chemin chevauchant un quad. Les kiwis l’utilisent beaucoup pour leurs déplacements sur les vastes domaines. Nous nous posons sur une petite colline dominant l’une des criques avec un accès direct à la mer.
Mercredi 20 mars 2002Bain quotidien du matin, petit-déjeuner au soleil … La routine ! Puis nous partons pour la Bay of Islands, lieu touristique du Far North. Agréable station balnéaire où nous nous régalons d’un fish and chips au soleil. Nombreuses activités aquatiques proposées dont une plongée sur l’épave du Rainbow Warrior coulé en 1985. Nous ne nous lassons pas de ces paysages superbes, succession de baies désertes et collines boisées … Nous nous attardons longuement à Paihia et il est déjà près de 17h00 lorsque nous reprenons la route à la recherche d’un endroit pour la nuit. Nous longeons la côte sur près de 40 km sans rien trouver. La nuit tombe et nous décidons de nous poser dans un camping à Taupo Bay. L’emplacement n’est pas face à la mer (on prend de mauvaises habitudes …) et le budget est élevé mais il est trop tard pour chercher.
Jeudi 21 mars 2002Réveil matinal sur la longue plage de Taupo Bay : marche, assouplissement et bain. Un régal … Avant dernière étape avant de rejoindre la pointe nord dite Cape Reinga. La route qui y mène traverse la réserve de Te Paki couvrant près de 23 000 hectares. C’est une région riche en traditions maories et un haut lieu spirituel. La péninsule est bordée par la fameuse plage “Ninety Miles Beach” une plage faisant près de 90 km de long où circulent des “bus découverte” car c’est l’une des attractions touristiques du nord. Nous choisissons de nous installer pour la nuit dans l’un des camp-sites à la pointe du cap, celui de Tapotupotu. Malgré la présence de quelques camping cars et tentes, nous trouvons un emplacement de rêve surélevé par rapport au reste du terrain d’où nous avons une vue splendide sur la baie.
Vendredi 22 mars 2002Après une nuit sur le thème “la chasse aux moustiques”, partons pour l’extrême pointe. Dans la culture maorie, cette pointe est considérée comme la queue du poisson formant l’île du nord et au passage de laquelle accèdent à un autre monde les esprits des défunts. Le phare de la pointe construit dans les années 40 est à présent commandé depuis Wellington à plus de 700 km au sud. Nous avons la chance de pouvoir y observer une nouvelle (et dernière ?) fois un groupe de dauphins jouant et sautant. La vue est dégagée et nous permet d’apercevoir les îles des « Trois Rois » à plus de 50 km au large des côtes. Au-delà, ce sont les îles Fidji et la Polynésie. Des panneaux en bois indiquent les directions des principales villes du globe. Londres est à 19.271 km ! Nous partons à l’arrivée des cars de touristes. Prenons pour redescendre une partie de la Ninety Miles Beach. Petite séance frisson car il faut faire vite : la marée remonte. Nous n’y croisons d’ailleurs quasiment personne. Seuls quelques 4x4 filent à vive allure. Nous adoptons la même vitesse afin de passer plus facilement les zones de sable mou. Si nous venons à nous ensabler, nous pouvons dire adieu au camping-car ! Il n’existe que trois points d’accès à cette plage et nous parcourons rapidement un des tronçons de 20 km. La sensation de liberté y est intense. A notre gauche les dunes vierges, et à deux trois mètres de nous, à droite, les vagues de l’océan qui déferlent. Trouvons pour la nuit un emplacement au bord d’une rivière à la limite de la Puketi Forest sur sur la route de Kawakawa. Nous allumons un grand feu et sommes bercés au cours de notre partie d’échecs quotidienne par les cris des kiwis sortant pour la nuit.
Samedi 23 mars 2002Bain matinal rafraîchissant dans la rivière et nous reprenons la route vers le sud. Après Whangaei prenons la route côtière qui borde Waipu Cove et Mangawhai. Beaucoup de belles résidences donnant sur de superbes plages, paradis des surfeurs. Nous avons du mal à trouver un endroit calme, les néo-zélandais étant en week-end. Nous décidons de retourner dans la réserve de Tawharanui où nous avons séjourné il y a quelques jours. Retrouvons le jeune ranger qui nous avait déjà accueilli.
Dimanche 24 mars 2002Dernière journée avant de rejoindre Auckland à ne rien faire sinon nous baigner, bronzer et lire ! C’est très dur …
Lundi 25 mars 2002C’est sous la pluie que nous levons le camp non sans regret de bientôt quitter notre vie d’ermites. Rejoignons Auckland où nous passons la journée. Premier aperçu du centre ville qui ressemble un peu à celui de Sydney mais sans autant d’ouvertures sur la mer. Rejoignons le soir un camping près de l’aéroport où nous devons rendre le camping-car.
Mardi 26 au Vendredi 29 mars 2002Trois jours consacrées à la rédaction des carnets de route (nous avons un retard de plus d’un mois !), au développement des photos et à la découverte de la ville. Auckland est une cité beaucoup plus moderne que celles vues précédemment : de grands buildings font face à la mer mais la banlieue conserve son cachet traditionnel aux maisons victoriennes. Il y fait bon vivre, les aucklanders sont sympathiques . Rencontrons quelques expatriés tantôt allemand ou algérien avec qui nous discutons avec plaisir de leur situation. Avons visité le très beau musée national de Auckland situé près du “Domain”, le poumon de Auckland en bordure d’un ancien volcan. Le site offre une très belle vue sur la ville et sur le Waitemata Harbour. Il occupe depuis 1929 un très beau bâtiment historique du Domain. Découverte tout d’abord des fabuleuses collections de Maori Tonga, les trésors maoris : art du tatouage, objets de rituel et de cérémonie, pièces d’art de la vie quotidienne, superbes sculptures en bois, totems, maisons et canoë, bijoux … la collection est plus importante et les pièces sont plus impressionnantes que celles vues précédemment à Wellington. Nous découvrons ensuite une très belle exposition sur l’art des îles du pacifique, pièces d’une rare beauté utilisées pour la vie de tous les jours, occasions spéciales, en l’honneur des dieux ou des ancêtres … Toutes ne sont pas esthétiques mais sont parfois réalisées pour impressionner ou faire peur à l’ennemi. Boucliers, armes, pagaies ornements d’architecture, bijoux et vêtements…proviennent de Nouvelle-Guinée, des Iles Marquises ou Salomon … Nous sommes séduits par cet art primitif et décidés à acheter à notre retour en France des livres sur cette fabuleuse culture. Nous rejoignons ensuite la galerie d’histoire naturelle au premier étage présentant les squelettes gigantesques de créatures préhistoriques, premiers habitants de la Nouvelle-Zélande. Nous terminons par la visite de deux galeries consacrées à l’implication de la Nouvelle-Zélande dans les différentes guerres mondiales. Quittons le musée en faisant un détour par la boutique d’art qui comme d’habitude affiche des prix effarants : la moindre petite pièce est à 200 NZ dollars. Ce n’est pas d’ici que nous ramènerons quelque chose. Nous avons trouve un backpack en plein centre et proche des commodités. Nous nous réhabituons doucement à la ville et son animation après avoir parcouru plus de 6.000 kilomètres sur les routes désertes.
Vendredi 29 mars 2002Avons la mauvaise surprise de découvrir que ce vendredi est férié en Nouvelle-Zélande : tout étant fermé, nous en profitons pour aller visiter le port abritant les installations de l'America's Cup de 2003. Nous apercevons l'avant des bateaux de course, bâchés, dépassant de leur immense hangar. La zone est interdite au public. De très beaux voiliers et yachts (une centaine de mètres pour certains) sont amarrés dans une zone accessible au public et nous nous régalons à les observer. Cette partie du port nous paraît bien modeste par rapport à la renommée mondiale de l'évènement. Une jolie boutique propose vêtements et accessoires siglés au nom de la course. De beaux objets, mais un peu chers. Quittons Auckland pour l'aéroport en début d'après-midi. La ville est déserte, les aucklanders sont partis pour ce grand week-end. Nous les aurions bien suivis. Décollons pour Los Angeles avec la compagnie Air New Zealand (et ses hôtesses aux uniformes un peu vieillots, au chapeau melon et tailleur noirs) en fin d'après-midi pour arriver... le même jour mais à 9h00 du matin ! A notre arrivée à Los Angeles, changeons de terminal pour rejoindre la compagnie Lan Chile, avec laquelle nous décollons pour la seconde partie de notre trajet. Direction Lima. Avons la chance de voyager dans un Airbus des plus modernes en compagnie d'un personnel de bord, jeune et sympathique (moyenne d'âge : 25 ans). Nous sommes un peu secoués au-dessus des étendues désertiques du sud de la Californie et du Mexique. Turbulences que nous n'avions pas lors du survol de l'océan pacifique et de ses îles paradisiaques : fidji, polynésie française et hawaï.
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©2002 Laurence & Bruno Morel