Carnet de route d'Inde

Principales villes visitées :


Kolkatta
Jaipur (Rajasthan)
Udaipur (Rajasthan)
Mont Abu (Rajasthan)
Jodhpur (Rajasthan)
Jaisalmer (Rajasthan)
Delhi
Nainital (Uttar Pradesh)
Mac Leod Ganj (Himachal Pradesh)
Agra (Uttar Pradesh)
Varanasi (Uttar Pradesh)
Sonauli (Uttar Pradesh)
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Mercredi 26 septembre 2001

Décollage de Bangkok en fin de matinée pour Kolkata, la capitale du Bengale occidental ; Calcutta a changé de nom depuis le 24 août 1999.

C’est un balai incessant dans l’avion, d’indiens hommes indisciplinés qui passent leur temps aux toilettes même durant l’atterrissage ! Les pauvres hôtesses de la Thaï avec grande gentillesse essaient tant bien que mal de les raisonner. Sans succès.

Nous arrivons à Kolkata dans la moiteur du début d’après-midi. Après avoir traversé la piste à pied pour rejoindre le bâtiment principal, et passé les contrôles de douane, nous nous dirigeons vers le comptoir des taxis prépayés, (en évitant auparavant l’arnaque du guichetier qui se met la différence de change dans la poche…).

Et là, la quatrième dimension commence ! Comme une volée de moineaux vite chassés par la police, de faux porteurs viennent réclamer argent, cigarettes, stylos … nous partons à fond les ballons dans un gros taxi jaune Ambassador digne des meilleurs Tex Avery et nous voici alors intronisés dans la vie de Kolkata. Une foire d’empoigne sur la route où le plus fort gagne. Notre chauffeur garde sans cesse la main sur le klaxon et le pied sur l’accélérateur (où est le frein ?). Traversons des quartiers pas très accueillants, la pollution est insoutenable et due aux camions, bus bondés, taxis, rickshaws… parmi lesquels les piétons et les vélos tentent de se frayer un chemin.

Nous arrivons une heure plus tard, en sueur, à Sudder Street, le quartier des routards ayant repéré dans le Lonely une adresse “convenable”. Visitons une chambre au premier étage qui ressemble plus à un taudis qu’autre chose. Les fenêtres n’ont pour la plupart plus de carreaux, seulement des grillages, la salle de bains est innommable… Cela doit faire bien longtemps que le guide n’est pas passé dans le coin. Le prix est de 350 Rps et déjà revu à la baisse par le proprio à la vue de notre mine défaite.

Nous acceptons malgré tout de prendre cette “chambre” mais n’avons qu’une hâte, sortir de là au plus vite. Sortons dans la rue à la recherche d’une agence pour l’achat de deux billets d’avion, Kolkata n’étant pour nous qu’un stop pour accéder au Rajasthan à l’Ouest de l’Inde. En effet, la Thaï n’avait pas d’autre accès d’entrée à nous proposer.

Les nerfs sont à fleur de peau et le deviennent encore plus lorsque l’agence nous annonce un prix de 180 USD pour nous rendre à Ahmedabad à la limite du Gujarat et du Rajasthan (annoncé à 50 USD dans le Lonely…). Décidément, ce n’est pas notre jour…. Ne reste que la solution du train, pour un trajet de près de 30 heures… les billets sont à 2.800 Rps soit près de 400 FRF. Un tarif plus raisonnable. Décidons de les prendre pour le lendemain soir n’ayant pas d’autre choix.

Partons nous ressourcer pour une petite balade romantique dans le poumon de Kolkata, le Maidan sorte de parc avec un plan d’eau. Mais le poumon ressemble à un poumon de fumeur de gitanes. Petite pause donc devant petit plan d’eau, petite déprime et petite larme de Laurence. Bienvenue en Inde !

Le dîner est calme et léger, avec une assiette de riz blanc et deux Pepsi. Rejoignons notre chambre où il n’y a plus d’électricité. L’ambiance est plus sympa dans le noir, on ne voit plus la crasse… Installons nos paréos sur les lits douteux ainsi que notre moustiquaire…notre nid douillet est fin prêt et nous fermons les yeux devant l’unique chose neuve de la chambre : une petite TV Philips qui a même le satellite… Inde, terre de contrastes.

   


Jeudi 27 septembre 2001

La nuit est dans l’ensemble calme et les concours de klaxons reprennent à 6h30. Marchandons à l’accueil pour laisser nos sacs à dos la journée puis partons à la recherche d’un distributeur de billets, le porte-monnaie étant presque vide.

Prenons ensuite la direction de l’Indian Museum, grande bâtisse blanche à l’angle de Sudder Street et du Maidan construite en 1874 lors de la colonisation britannique. Le musée est gratuit ce jour à l’occasion du World Tourism Day.

Commençons la visite par les salles retraçant l’histoire de l’humanité, les différentes ethnies indiennes par régions. Suit une impressionnante collection de toutes les espèces végétales de la planète (coton, bois, fruits, légumes…), puis les animaux empaillés, squelettes de dinosaures. Viennent ensuite les galeries d’art, de peinture …

Notre impression commune est que ce musée comporte beaucoup d’intérêt mais que le travail de conservation et d’entretien semble s’être arrêté après l’indépendance, c’est-à-dire en 1947 ! Quelques efforts sont apparemment faits pour restaurer certaines salles. Mais le peu de luminosité (certaines sont même plongées dans le noir) rend la visite difficile. Seules les galeries d’art semblent bénéficier d’une attention particulière.

Nous sommes impressionnés par les galeries traitant de l’hindouisme, de l’art tibétain, Moghol; sont exposées de superbes pièces en ivoire sculptées du premier siècle ; après J.C, des sculptures en pierre de granit représentant des divinités telles Vishnu, Ganesh, des pièces en cuivre, papier mâché, des soieries …

Nous traversons pour sortir un large patio fleuri au milieu duquel se trouve une belle fontaine entourée de bancs invitant à la lecture et à la détente.

Retrouvons l’agitation de la rue et cherchons un supermarché pour l’achat de quelques provisions de nourriture pour le train. Après avoir été “baladés” dans toutes les directions par des indiens rabatteurs (indiquer la direction opposée à celle voulue semble être un sport national ici), nous rentrons bredouilles nous réfugier au Fairlawn Hôtel, un établissement au calme, doté d’un jardin verdoyant en attendant l’heure de départ pour la gare.

Nous traversons pour rejoindre Howrah Railway Station la ville en taxi de nuit avec toujours la même circulation bruyante et embouteillée. Devons payer un petit bakschich à l’un des employés des Inquiries (qui ne fait pourtant que son travail) pour nous indiquer nos deux couchettes. Et là, une nouvelle aventure commence.

Nous voici devant nos deux couchettes réservées dans un des wagons de 2nde classe avec air climatisé… le confort est spartiate, le wagon vieux et bien sale, les draps fournis mais tachés ne nous font pas regretter d’avoir pris nos paréos …

Les compartiments composés de six couchettes sont ouverts sur une allée centrale. Les banquettes du milieu se replient la journée afin de permettre aux passagers de s’asseoir sur les deux du bas. Nous avons demandé les deux du haut, et montons vite sur nos perchoirs, le nez presque collé au plafond et sous des ventilateurs (au cas ou nous n’aurions pas assez froid avec la clim.) qui n’ont pas vu un chiffon à poussière depuis leur installation.

Nous voici donc embarqués, prêts à partager ces 28 heures de voyage avec les Indiens. Pas un touriste à l’horizon.

Le voyage dure 33 heures, le train ayant pris un retard de 5 heures dans la nuit. Nous essayons tant bien que mal de prendre un peu de repos dans cette cour des miracles où circulent jeunes enfants en haillons, mendiant en ramassant les détritus des voyageurs jetés à terre, les prostituées, vendeurs de cacahuètes, thé, gâteaux, samoussa et autres … le tout passant toutes les 30 secondes dans l’allée, multiplié par le nombre d’heures, … bonjour la circulation !

Avons entre autres pour compagnons de route un couple de personnes âgées dont la femme s’inquiète de ne pas nous voir manger (3 bananes chacun, une toutes les 11 heures); son mari passant le plus clair de son temps à roter et flatuler : nous pensons au début qu’il s’agit de prières mais nous nous rendons compte que cela est en fait son jeu favori …

De par la climatisation incessante, le wagon ressemble très vite à un véritable frigo. Apercevons lorsque nous descendons quelques fois la journée de nos perchoirs, les villages ruraux des régions traversées, les populations se baignant dans les affluents du Gange …

Nous parcourons environ 1.450 km à près de 40 km/h en moyenne et traversons les principales villes de Gaya, Varanasi, Allahabad, Kanpur, Agra. Nous arrivons finalement à Jaipur au Rajasthan le samedi 29 à 8h30 du matin.

   


Samedi 29 septembre 2001

Nous arrivons à l’hôtel Jaipur Inn à pied, après avoir semé les rabatteurs et dans le but de se dégourdir les jambes. L’hôtel est bien tenu et bénéficie depuis son restaurant terrasse sur le toit, d’une très belle vue sur la ville. Prenons un petit déjeuner copieux avec Lassis à la banane, jus et fruits frais, toasts, thé …

Petite sieste réparatrice avant de décoller de l’hôtel vers 16h00 pour un premier tour d’horizon de la “Ville Rose”. Sommes assaillis par les rickshaws et autres rabatteurs sur le pas de la porte de l’hôtel mais partons à pied vers la vieille ville bruyante et poussiéreuse. Visite de Tripolia et Champdol Bazaar, constitués de petites échoppes aux divers métiers : pharmacien, réparateur de vélos, barbier, vendeur d’épices, sucres, électro ménager… les vendeurs de fruits et légumes sont installés sur la route parmi la circulation des bus, vélos, rickshaws, vaches et chameaux, piétons … Un vrai capharnaüm mais un vrai régal pour les yeux.

Nous rentrons à l’hôtel quelque peu fatigués et assoiffés et dînons d’un buffet végétarien sur le toit de l’hôtel à la lumière des bougies à base de riz, dal (lentilles), pommes de terre, curies de légumes et curd (yaourth) pour adoucir les épices.

   


Dimanche 30 septembre 2001

Petit déjeuner à l’hôtel puis direction la vieille ville pour la visite des sites importants. Commençons par le City Palace, à l’architecture Moghol et Rajasthani construit au XIXème siècle par différents Maharadjahs. Pénétrons dans une première cour qui abrite le pavillon de bienvenue dit Mubarak Mahal servant à présent à exposer divers textiles, tenues de Maharadjahs, de polo, soieries … Nous accédons par une porte encadrée de deux superbes éléphants de pierre sculpté au Palais. A l’extérieur, dans la seconde cour nous apercevons deux belles jarres en argent datant de 1896 et pesant chacune près de 345 kg pour une capacité de 900 litres. Servant au transport de l’eau du Gange lors du voyage en Grande Bretagne du Maharadjah Sawai II en 1902.Le Maharadjah n’ayant qu’une confiance limitée dans l’eau britannique ...

Visitons ensuite la galerie d’art, avec les portraits en pied des dynasties de Maharadjahs, puis une fabuleuse collection de tapis Indo perses de 1660 de plusieurs dizaines de mètres, manuscrits illustrés de Jaipur et des écoles du Jammu du XVIIIème siècle, manuscrits perses et Arabes du XVIIème siècle, tapis en pashmina du Cachemire ou du Lahore de 1650 ; sans doute le seul exemplaire, donné au musée en 1959 par le Mahrajah Sawai Man Singh II et qui fut exposé entre 1997 et 1998 au Metropolitan Museum of Art de NYC.

Découvrons également de très belles nacelles en bois laqué, ivoire et miroirs du XVIIème et XVIIIème siècles qui servaient aux déplacements à dos d’éléphants. Les murs du Palais sont peints en rose, la couleur de Jaipur. L’endroit est grandiose et reposant. Les portes finement sculptées sont en bois ou cuivre, et surveillées par des gardiens en tenue rajpoute, turban rouge et tunique blanche.

Partons ensuite visiter le Hawa Mahal appelé aussi Palais des Vents datant de 1799 et situé à 10 mn à pied du City Palace. Cet édifice de cinq étages sur l’une des avenues principales de la ville fut construit pour le harem royal. Constitué par sa façade de petites fenêtres octogonales ajourées aux volets de bois, il permettait aux femmes d’observer les manifestations de la rue sans être vues. Cela nous a permis d’avoir en hauteur une vue dégagée de la ville au tracé très régulier.

Nous nous dirigeons ensuite vers la gare routière pour l’achat de deux billets pour Udaipur. Mais vu l’état des bus proposés, dits “Deluxe”, nous préférons nous rabattre sur le train. Malheureusement, les bureaux sont fermés le dimanche !

Décompression à l’hôtel après ces six heures de marche sous une chaleur harassante dans la poussière et la mendicité omniprésente.

   


Lundi 1er octobre 2001

Le programme prévu, après l’achat de billets de train est de nous rendre à Amber pour la visite du Palais situé à 11 km de Jaipur. Nous nous rendons en bus public à la gare pour la réservation des places mais sommes obligés de revenir dans l’après-midi car nous sommes en waiting list. Prenons un second bus qui nous emmène devant le Hawa Mahal visité la veille puis un troisième qui nous emmène directement à Amber. Le tarif est beaucoup moins élevé que les bus à touristes et le voyage plus dépaysant. Le chauffeur doit être le frère de Fangio. C’est le plus fort et le plus rapide qui passe …

Nous arrivons au pied du Palais Forteresse d’Amber, construit en 1592 par le Maharadjah Man Singh (Amber était la capitale de l’État de Jaipur). Le Palais, à l’architecture rajpoute est entourée de collines dénudées et surplombe un lac (à ce jour asséché). Y accédons à pied en 10 mn de marche, la balade pouvant se faire également à dos d’éléphant.

Visitons les anciens appartements ouverts sur un jardin intérieur puis accédons ensuite à la Salle des Victoires aux moulures et plafond en miroirs. Puis vient la visite de la Salle du Plaisir dite Sukh Niwas avec ses innombrables colonnes. La vue sur la vallée est belle mais le site semble moins entretenu que le City Palace visité la veille.

Grimpons ensuite, en 20 minutes de marche ardue, au Fort de Jaigarh, bâti en 1726. Tombons dans le panneau du gentil hôte à l’accueil qui nous emmène, sans nous laisser le temps de réagir dans une visite très rapide de quelques pièces d’artillerie avant de nous demander son dû …

Terminons (seuls) la visite par le Mess des Officiers donnant sur une belle cour ombragée, puis sur l’armurerie présentant des canons, couteaux et fusils du XVIème siècle ainsi que des photographies du Maharadjah dans les années 1950 en voyage en Egypte.

Nous retournons à la gare dans l’espoir d’avoir enfin deux places et retrouvons une française à la retraite, ancienne expatriée et baroudeuse rencontrée le matin avec qui nous échangeons des informations sur l’Inde. L’attente au guichet dure près de 2h30.

Départ de Jaipur en milieu de soirée, toujours en 2nde classe mais cette fois ci sans clim. (ça réduit en plus le prix du billet). Avons pour seuls compagnons de compartiments un couple d’indiens charmant avec leur petit garçon qui descendront à 3h00 du matin.

   


Mardi 02 octobre 2001

Nous arrivons à Udaipur, dite la Venise de l’Orient en milieu de matinée après 12 heures de voyage. Direction la vieille ville au pas de course pour semer les rabatteurs.

Trouvons par hasard un hôtel bien placé à 150 Rps la nuit dont le restaurant sur le toit, donne sur le Lac Pichola et le City Palace. Repos réparateur sur la terrasse devant un bon déjeuner puis premier tour dans le vieux quartier aux ruelles sinueuses.

Dîner à l’hôtel et superbe vue de nuit du lac et des monuments éclairés. Au milieu du lac, une petite île, dite Jagniwas avec un très beau palais blanc reconverti en hôtel de luxe d’où partent de petites embarcations rejoignant la vieille ville.

Dîner de spécialités indiennes; Chicken pacoda, beignets de poulet aux épices, Godi masala, choux-fleurs au mélange d’épices et de yaourth, tomates et aubergines … le tout accompagné de chapati, galette de farine et eau cuite sur une plaque chauffante.

   


Mercredi 03 octobre 2001

Matinée Internet pour prendre des nouvelles de tout le monde puis direction le City Palace pour une visite complète du plus vaste palais du Rajasthan. La construction a débuté par le Maharadjah Udai Singh II au XVIIème siècle, ses successeurs apportant au Palais des modifications de style.

Commençons par la visite du Zénana Mahl, les appartements du harem royal donnant sur une vaste cour intérieure. Découvrons par hasard au détour d’un escalier une fabuleuse collection de statues en pierre datant du IX au XIIème siècles représentant les divinités telles Vishnu, Ganesh … Visitons ensuite plusieurs galeries de peintures (processions, combats d’éléphants, scènes de chasses de panthère et ours, batailles …) ainsi que les salles du Kanch Ki Burj du XVIIème siècle ornée de miroirs, celle du Chitram Ki Burj avec ses représentations peintes de la Cité, du Mor Chowk avec ses mosaïques de paons et pour finir une salle avec les bustes des Maharadjahs.

Nous terminons cette visite très instructive par une balade sur les rives du lac, proche de l’embarcadère.

Petit en-cas bien mérité au calme dans la cour luxuriante de l’Hôtel Raj Palace puis retour par les ruelles de la vieille ville aux nombreuses échoppes vendant toute sorte d’artisanat local.

Arrêt dans une petite galerie de peinture à côté de l’hôtel où le propriétaire nous offre le thé en nous faisant découvrir certaines des toiles réalisées par des élèves en école d’art ainsi que de belles pièces en marbre finement peintes décrivant des scènes de la vie quotidienne.

Décidons le soir même de nous rendre à un spectacle de chants et danses traditionnelles, donnés en bas de chez nous au Dharahar West Zone Cultural Centre par une jeune troupe de vingt artistes. Confortablement assis sur des tapis, nous assistons pendant près de 1h30 à des représentations de scènes de la mythologie indienne. : simulation de combats, danses du feu, portage d’eau sur la tête, récolte du miel … Terminons la soirée par un dîner tranquille sur la terrasse de l’hôtel avec en fond sonore la énième (mauvaise) retransmission de Octopussy, James Bond dont certaines scènes ont été tournées il y a bien des années à Udaipur.

   


Jeudi 04 octobre 2001

Séance Internet puis direction le village de Shilpgram à 10 km du centre abritant des maisons traditionnelles du Rajasthan et du Gujarat où musiciens et artisans exposent leurs produits artisanaux. Ce pur produit touristique nous déçoit un peu, d'autant qu’il n’y a quasiment personne. Nous repartons alors moins de 30 mn plus tard en rickshaw, trajet durant lequel nous nous payons un dé-lu-ge ! arrivons trempés jusqu’aux os à la chambre et en profitons pour un après-midi lecture.

   


Vendredi 05 octobre 2001

Décidons le matin à la vue du ciel à présent dégagé de passer une bonne partie de la journée… à lézarder au bord d’une piscine. Après l’achat de nos deux billets de bus pour Mont Abu.

En repérons une dans un guide local, construite récemment sur le toit d’un hôtel de l’autre côté du lac. La bâtisse est superbe. Un agréable jardin fleuri est aménagé en rez-de-chaussée Nous accédons sur le toit où se trouve la piscine. Une large terrasse en damier noir et blanc avec un mobilier en fer forgé jouxte la piscine qui domine une bonne partie de la ville. L’architecture récente de style rajpoute est superbe et réalisée avec goût. Nous croisons la manager qui semble mener cela de main de maître. Passons le reste de l’après- midi à bouquiner au soleil sur des transats vite désertés … Reposant.

   


Samedi 06 octobre 2001

Départ en début de matinée de Udaipur pour nous rendre à Mont Abu, station balnéaire du Rajasthan. Un bus typique, dit Deluxe mais n’en portant que le nom nous attend ; le moteur semble bien fatigué.

Après un petit désagrément arrivé à Bruno qui s’est vu aspergé dans le dos d’une mixture étrange sans doute par un gamin lui tournant autour lors du chargement des bagages et ayant dans l’idée de lui détourner le petit sac à dos ou autre … nous voilà partis.

Un indien se tient toujours près de la porte hélant les éventuels passagers susceptibles de prendre le bus en marche. Il en résulte de nombreux arrêts un peu partout et la nette impression de ne jamais avancer. Trajet pénible donc de 6 heures avec des haltes imposées aux cafés du coin.

L’arrivée après 1h30 de routes en lacets dans la montagne ne se fait pas dans les meilleures conditions, Laurence étant malade depuis les deux tiers du chemin …

Le comité d’accueil des rabatteurs nous attend à l’arrivée à Mont Abu, décrite comme une paisible station balnéaire à 1.200 m d’altitude. Cédons à l’un d’eux qui nous conduit fort heureusement vers son hôtel, le Shree Ganesh Hôtel recommandé par le Lonely.

Notre chambre est sur le toit donnant sur une agréable terrasse. L’après-midi se passe au fond du lit et appelons le médecin en début de soirée n’arrivant pas à faire baisser la fièvre. Craignons, à cause des symptômes similaires une crise de palu ; mais il s’avère heureusement que c’est une intoxication alimentaire… Petite piqûre pour une bonne nuit … et le tout se traduit par deux jours au lit à faire monter les plateaux TV par le staff bien gentil.

   


Dimanche 07 octobre 2001

Toujours du repos et Bruno qui materne… brève balade sur le lac… pas mal de familles indiennes venues passer le dimanche au frais.

   


Lundi 08 octobre 2001

Matinée au calme devant les films de HBO, puis balade en pédalo sur le lac. Dîner au King’s Food. Les journées sont simples.

   


Mardi 09 octobre 2001

Petit déjeuner au soleil sur la terrasse puis nombreux essais sur Internet… la connexion est impossible se faisant à Jodhpur à près de 6h00 de route…

Balade à l’ancien Palais d’été du Maharadjah de Jaipur, situé à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Le palais est reconverti en hôtel de luxe de neuf chambres, actuellement en pleins travaux et qui doit ouvrir ses portes dans un mois. La belle bâtisse peinte en jaune et rose domine Mont Abu et le lac. Un beau projet hôtelier.

Passons l’après-midi avec Lallit, le “GO” de l’hôtel qui nous emmène en balade dans les montagnes avoisinantes, en compagnie de deux françaises, mère et fille, arrivées le matin. Partons à la recherche d’ours… que nous ne verrons pas. Le point de vue sur le versant ouest en direction de Jaisalmer est très beau et la vue dégagée. Le lit de la rivière en contrebas est complètement asséché depuis plus de 5 ans.

Lallit nous explique que Mont Abu ressemblera durant le Diwali, une fête indienne à Saint Trop en été (là, c’est nous qui faisons la comparaison), les prix des hôtels étant multipliés par dix !

Nous dînons en compagnie de Yanne et sa maman, dans les appartements de la famille de Lallit, propriétaire de l’hôtel, d’un bon thali maison. Le thali est un plat passe partout originaire d’Inde du sud servi dans une assiette en métal assortie de petits bols appelés katori. Il est composé d’un assortiment de curies de légumes, riz, dal à base de lentilles, maïs et épices. Le tout accompagné de chapatti et de curd (yaourth) qui adoucit les palais sensibles aux épices.

   


Mercredi 10 octobre 2001

Retrait le matin à la Bank of Baroda de quelques sous, la cagnotte commençant à se vider. Matinée au calme à l’hôtel et départ en milieu d’après- midi en jeep avec Lallit pour la visite des temples de Dilwara, temples jainas situés à quelques km du centre de Mont Abu.

Laissons nos tongs dans la jeep avec Lallit qui nous attend et nous dirigeons vers les temples. Découvrons cinq constructions dont la plus ancienne remonte à 1031. A l’entrée, s’élève la Maison des Éléphants en procession, superbes pièces de marbre blanc entièrement sculptées et à taille réelle. Découvrons ensuite de Vimal Vasahi, le plus ancien constitué de 52 cellules identiques comprenant chacune une statue de Bouddha, le tout entourant un sanctuaire central. Les autres temples ressemblent à celui-ci. L’ensemble est entièrement réalisé en marbre blanc finement sculpté. On dirait de la dentelle et c’est superbe.

Passons le reste de la journée à discuter avec Lallit, Yanne et sa maman à échanger des infos sur l’Inde et l’un de nos futurs pays, la Chine. Yanne est couchée aujourd’hui, avec les mêmes symptômes que Laurence il y a quelques jours. Sans doute le thali de la veille qui n’est pas passé.

Nous quittons demain avec regret le paisible Mont Abu. Pensons retrouver Yanne sur la route de l’Inde ou du Népal, ou bien en février en Thaïlande lors de son installation définitive avec son ami Laurent.

   


Jeudi 11 octobre 2001

Départ de Mont Abu pour Jodhpur en début de matinée. Le trajet de 8 heures sera assez périlleux, le chauffeur ayant une conduite des plus dangereuses (double sans visibilité dans les virages, fait la course avec les camions …). Les pneus du bus sont lisses comme de la soie et le moteur bien fatigué. Une réparation est même faite sur le bord de la route par un “garagiste” couvert de graisse de la tête aux pieds et ayant pour tout outil une clé à pipe !

Nous arrivons enfin sains et saufs à Jodhpur en milieu d’après-midi et comme d’habitude, l’arrivée est musclée. Les rabatteurs sont montés dans le bus avant d’atteindre l’entrée de la ville et il nous faut être calme mais ferme.

Nous avons également la mauvaise surprise de nous retrouver non pas à la gare routière, mais au milieu de nulle part à l’entrée ou la sortie de la ville, c’est selon : l’un des gars du bus nous ayant dit qu’il fallait descendre ici et nous laissant avec nos sacs sur la route avant d’avoir eu le temps de réagir.

Il semble après discussion avec d’autres voyageurs que ce soit une pratique courante à Jodhpur. Partons motivés les sacs sur le dos et déjà bien trempés par la chaleur… mais faisons appel après 20 mn de marche à un rickshaw, ne sachant vraiment pas où nous sommes. Direction la vieille ville où Lallit nous a recommandé un petit hôtel, le Cosy Guest House. Traversons les ruelles étroites de la vieille ville aux routes inondées et défoncées (!) puis entamons une petite grimpette, chargés comme des mulets, pour atteindre enfin après 2h00 de balade la bâtisse bleue, vieille de 547 ans ! La Guest House est agréable et nous passons le reste de l’après-midi au frais sur la terrasse du restaurant située sur le toit et dominant Jodhpur avec une vue splendide sur son Fort. Dîner tranquille avant l’orage et le balai des avions de chasse.

   


Vendredi 12 octobre 2001

Matinée laborieuse pour se connecter sur Internet et tenter d’avoir des nouvelles de tout le monde. Avons par cette occasion pu visiter une maison indienne ayant une connexion Internet mais qui était en panne de courant. Avons terminé dans une école de dactylo et informatique, recommandée par la fille du propriétaire de l’hôtel …

Après-midi passé à se balader dans la vieille ville et visiter les nombreux bazars autour de l’horloge. Deux heures de marche dans les ruelles animées aux multiples échoppes vendant fruits, légumes, épices, vêtements, vaisselle, le tout dans un brouhaha incessant ou piétons, scooters, rickshaws, vaches et autres essaient à tour de rôle de se frayer un chemin. On manque tous les 10 mètres de se faire renverser… Retour à l’hôtel quelque peu éreintés !

   


Samedi 13 octobre 2001

Visitons en ce milieu de matinée le Fort de Meherangarh, surplombant Jodhpur la “Ville Bleue”, imposante bâtisse datant de 1459. Plusieurs portes permettent d’y accéder et nous entrons par l’une d’elles, Lohapol, où sont incrustées dans la pierre les empreintes de mains des quinze veuves qui se sont immolées à la mort du Maharadjah Man Singh.

Première balade dans les salles d’Armes, dont les pièces sont bien mises en valeur : épée, poignards à crosse finement sculptée en ivoire, bois, métal…, lances. Puis nous découvrons la salle où sont entreposées les palanquins et les nacelles dites howdah; très belles pièces en bois et métal. Visite des appartements puis de la salle des berceaux, aux pièces si originales. Terminons la visite par une promenade sur les remparts jusqu’à un temple dédié à la déesse Durga (mal et force destructrice).

Nous avons été agréablement surpris par la bonne organisation de cette visite, la propreté, l’entretien des salles d’exposition et la mise en valeur des pièces, ce qui n’est franchement pas toujours le cas. Aucune sollicitation pécuniaire non plus dans le Fort.

Dîner à l’hôtel en compagnie de deux jeunes français ayant passé près de six mois à Kolkata dans une association d’aide aux enfants et profitant de leurs bourses pour voyager. Écoutons d’une oreille leurs récits plus ou moins dangereux de périples au Ladakh, Népal… ainsi que leurs observations sur le fait du non danger de se rendre actuellement à Islamabad en pleine crise américo pakistano afghane …

   


Dimanche 14 octobre 2001

Encore une journée dédiée aux transports ! Partons de Jodhpur après quelques petites craintes pour récupérer nos billets de bus vendus par le proprio de l’hôtel. Bus toujours aussi pourri, trajet dans son ensemble identique, enfilade de paysages plus ou moins désertiques aux villages pauvres … une petite variante cependant ; assistons d’un air navré mais amusé, au remue ménage organisé autour d’un pneu du bus crevé …

Arrivons à Jaisalmer aux portes du désert de Thar et proche de la frontière pakistanaise six heures plus tard. Ne subissons aucun problème depuis notre départ, lié aux évènements de l’après 11 septembre de NYC … même en étant proche du Pakistan.

Là aussi, l’arrivée est musclée, les rabatteurs ayant sauté dans le bus bien avant Jaisalmer. Tout se complique à la descente lorsque nous tombent dessus une quinzaine d’indiens, criants plus forts les uns que les autres afin de nous refiler leur rickshaw, leur hôtel où ils toucheront une commission, leur safari… Jaisalmer est l’une des villes où la principale activité touristique est le safari … Coup de grâce lorsque nous nous rendons compte, en plus, que nos sacs sont entièrement recouverts d’une substance bizarre (huile ?). Bon coup de gueule pour tenter de faire taire tout le monde (mission impossible) et tenter de nettoyer les sacs avec du papier toilette pour limiter les dégâts.

En tout cas, le policier se tenant à 2 mètres de nous ne bouge pas le petit doigt… et dire que la ville a mis en place une police touristique pour enrayer tous les problèmes liés aux rabatteurs …

Sautons dans un rickshaw qui se tient à l’écart et qui nous dépose quelques centaines de mètres plus loin. Rejoignons à pied une pension de famille, l’Hôtel Renuka recommandé par Lallit.

Soirée calme après nettoyage complet des sacs (mélange qui s’avère en fait à base d’eau et de sucre, comme la dernière fois). Acte volontaire ou non, nous ne savons pas.

   


Lundi 15 octobre 2001

Une journée identique à celle du … 6 octobre 2001.

Sauf que le malade est Bruno … une bonne intox alimentaire après le poulet tandoori de la veille… sur lequel il s’est littéralement jeté après 6 jours de végétariénisme obligé ! Journée à jouer les infirmières personnelles (il adore…)

   


Mardi 16 octobre 2001

Matinée Internet, Bruno étant plus ou moins sur pied. Puis direction la vieille ville, citadelle dorée de par la couleur de ses murs qui prend de beaux reflets lors du coucher du soleil. Le Fort datant de 1156 est constitué de petites ruelles paisibles avec quelques échoppes d’artisanat local.

Déjeuner en compagnie d’un couple de hollandais, puis promenade digestive dans les ruelles désertes. Même le temple Jaina est fermé.

Décidons de ne pas faire de safari à Jaisalmer, l’endroit étant trop touristique et la chaleur intenable dans la journée.

   


Mercredi 17 octobre 2001

Décidons de ne pas nous rendre à Bikaner, autre ville safari. Partons donc pour Delhi via Jodhpur par un train dit “Passenger”; il existe trois types de trains en Inde, les Passengers (les plus lents), Mail et Express. Malheureusement, il n’y a que la première catégorie à cette heure au départ de Jaisalmer et c’est un trajet long et poussiéreux de 8 heures qui nous attend. Le sable du désert entrant dans les wagons de toute part.

Arrivons à Jodhpur où nous patientons environ 5 heures dans la Waiting Room avant de reprendre un second train en début de soirée. Toujours en seconde classe sleeper, sans clim.

   


Jeudi 18 octobre 2001

Arrivée à 6h00 à la gare de Old Delhi après une nuit courte en sommeil, du fait de la surveillance incessante des bagages, les vols étant monnaie courante la nuit.

Avons besoin de quelques minutes d’adaptation ; la ville malgré l’heure matinale est déjà bien polluée et agitée. Les environs de la gare ne sont pas des plus accueillants. Nous voila baladés par un rickshaw à qui nous avions demandé de nous déposer à la gare routière et qui nous dépose devant une de ces agences qui commissionnent les rabatteurs. Toujours un peu plus perdus …

Sautons dans un bus public passant devant nous, et qui nous dépose derrière la gare de New Delhi. Achetons nos billets de bus pour Nainital dans l’une des nombreuses agences situées face à la gare, pourtant non recommandées par le Lonely… prenons également une chambre pour la journée par l’intermédiaire de cette même agence dans le quartier de Paharang, lui aussi déconseillé par le Ministère des Affaires Étrangères !

Nous profitons de la journée pour visiter New Delhi, la partie la plus aérée et la plus moderne créée en 1931 par les Anglais. Partons en direction du quartier de Connaught Place où se succèdent boutiques et restaurants occidentaux. Une petite halte au Mac Do avec un Maharadjah Menu qui régale nos papilles et nous change de la nourriture indienne. Il est amusant de voir les têtes des occidentaux entrant dans le fast food, le sourire aux lèvres …

Partons en rickshaw pour le Fort Rouge, dit le Red Fort. Construit en 1638 par un Moghol, cet endroit paisible bénéficie d’une sécurité renforcée. Le prix comme à Amber subit une inflation démesurée par rapport aux prix indiens : 5 Rps contre 100 Rps !

Plusieurs monuments publics destinés à l’Empereur pour écouter le peuple, recevoir ses intimes, faire un hammam ainsi qu’une petite mosquée sont disséminés dans un parc verdoyant. Malheureusement, la plupart des bâtiments ont été dépouillés de leurs richesses au XVIIIème siècle… mais on imagine le faste d’antan.

Partons de Delhi en début de soirée ; sommes agréablement surpris par l’état du bus (toujours Deluxe) et faisons connaissance d’un jeune négociant du Cachemire qui nous laisse sa carte et nous invite à venir lui rendre visite.

   


Vendredi 19 octobre 2001

Arrivée en début de matinée à Nainital, station balnéaire de l’Uttar Pradesh à 2.000 m d’altitude. La station, construite par les Britanniques, entoure le lac de Naini dont la couleur vert émeraude serait due à la chute de l’œil de Sati, l’épouse de Shiva.

Prenons une chambre à l’entrée de Nainital, à l’Hôtel Lake View mais qui n’a ni chauffage ni eau chaude courante. Les douches se feront avec un baquet d’eau chaude. Petit repos le matin aux sons étranges de chants et musiques… bien vite soûlants … qui s’avèrent être en fait à l’occasion d’une fête religieuse et bercera tout notre séjour (ironique !). Nous avons de la chambre un beau panorama sur le lac et les pics aux alentours. Point de vue que nous atteignons également lors de notre montée en téléphérique local (non sans crainte). Malheureusement, le sommet le plus haut, le Nanda Devi (7.816 m) est quasiment sous la brume.

   


Samedi 20 octobre 2001

Seconde journée à Nainital passée à se promener sur l’autre versant du lac. Nous assistons à un tournoi Inter Inde de cricket en plein air dont les deux équipes ne sont constituées que de filles qui semblent bien costauds et qui ne se font pas de cadeaux !

De nombreuses écoles sont regroupées à cet endroit, parmi les plus réputées d’Inde; le tout dans d’anciens bâtiments britanniques. Nous avons vu la veille, défiler ces écoles sous le thème de la protection de la nature.

Partons de Nainital en début de soirée pour rejoindre à nouveau Delhi afin de remonter (…) sur l’Himachal Pradesh. Nuit agitée comme tout voyage indien grâce au chauffeur qui attaque les virages à la Henri Vatanel. Bruno en mauvais état avec une pizza qui se transforme en calzone !

   


Dimanche 21 octobre 2001

Arrivons à New Delhi (one more time) fatigués. Attente cauchemardesque à la Waiting room de la gare, Bruno ayant soudoyé la charmante hôtesse à la porte ; elle nous laisse entrer, malgré l’absence de tickets de train (on repart en bus) et un petit billet glissé dans la main.

Sommes enfin à l’abri des pollueurs habituels, pickpockets, rabatteurs (nous certifiant que le Tourist Information est fermé … etc.)

La salle d’attente est vite bondée et nous avons là une bonne représentation de la classe moyenne indienne en déplacement : des familles entières sont assises à même le sol sur des journaux, se déshabillant, allant faire une toilette quotidienne dans des douches publiques et se rhabillant aux yeux de tous. Une vraie cour des miracles. Bruno discute avec un officier de l’Air Force, fier de lui annoncer qu’il travaille avec des radars Thomson de … 1955 ! Revient du cachemire ou des bombes et de nouveaux affrontements ont eu lieu avec le Pakistan.

Nous partons finalement six heures plus tard encore plus fatigués et affamés pour nous rendre à l’agence qui nous avait vendu les billets pour Nainital, sur de la qualité du transport.

Erreur ! Le départ pour la ville de Mac Leod Gaj, à 10 km de Dharamsala dans l’Himachal Pradesh est très mouvementé et prend près de 3 heures. Les agencies ayant pratiqué du surbooking, cela devient vite la foire d’empoigne pour avoir un siége.

Nous sommes recalés au fond du bus, comme les mauvais élèves, mais contents d’avoir une place ensemble. Passagers tibétains et occidentaux (nombreux pour cette destination) arrivent enfin à s’entendre et nous voilà partis dans un bus délabré… 13 heures de trajet, initiés à l’art du trampoline qui nous fait bien rire, mais bien peu dormir …

   


Lundi 22 octobre 2001

Nous arrivons à Mac Leod Ganj en début de matinée. Mac Leod abrite le gouvernement et une partie de la communauté tibétaine en exil depuis 1959. Présence également de nombreux moines en habit traditionnel.

Nous prenons une chambre au Green Hôtel, un peu en retrait et bénéficions d’un agréable balcon donnant sur la vallée. L’hôtel est tenu par des tibétains et nous nous régalons d’un petit déjeuner copieux avec du pain tibétain, des oeufs … afin de reprendre quelques forces. Les ordinateurs du cyber café et même les tickets de caisse appellent à un Tibet Libre; au mur, sont accrochés une représentation murale du Potala de Lhassa et un portrait du Dalaï Lama.

Nous partons découvrir la ville à pied : endroit plutôt paisible, fait de petites ruelles bordées de boutiques d’art tibétain, de librairies et d’échoppes vantant les thèmes du bien-être, de la méditation et des massages.

Retour pour un dîner tranquille à l’hôtel.

   


Mardi 23 octobre 2001

Première surprise du matin : le restaurant est fermé ! raison : un festival pour les enfants ….Partons prendre notre petit déjeuner au restaurant d’à côté, l’Himalaya Café, fort agréable avec sa terrasse ensoleillée. Tenu par une jeune famille tibétaine bien sympathique.

Matinée Internet et retour à l’hôtel qui a maintenant fermé ses portes… Heureusement que nous accédons à la chambre par l’extérieur …

Partons pour quatre heures de marche en direction de Dal Lake. Déjeuner autour du plan d’eau où sont réunies les familles tibétaines à l’occasion du festival, d’une assiette de Momos (spécialité tibétaine, chausson de viande ou de légumes cuits à la vapeur ou frits). Visitons ensuite les écoles du TCV (Tibetan Children’s Village) grâce aux journées portes ouvertes. Assistons à quelques spectacles de danse.

Nous redescendons à pied au village qui est à 4 km et faisons une petite pause goûter sur une terrasse ensoleillée : lassi à la banane et pancakes : sauf que le pancake au miel de Bruno se transforme en pancake à l’oignon ! N’ayant pas osé le renvoyer … il en mange toute la soirée ! L’estomac n’apprécie pas la plaisanterie.

Repos lecture dans la chambre et dîner paisible dans notre nouvelle cantine, l’Himalaya Café au son des airs tibétains.

   


Mercredi 24 octobre 2001

Partons en ce début de matinée pour une balade à l’Est de Mac Leod vers les chutes du village de Bhagsu. Balade de trois heures assez escarpée où nous découvrons en cours de route une petite piscine alimentée en eau de source dans laquelle se baignent plusieurs tibétains, un peu transis vu la température glaciale de l’eau.

Remontons le cour de la rivière pratiquement asséchée où des moines tibétains profitent de la journée ensoleillée pour laver leur tunique et faire trempette par la même occasion. Deux petits cafés hippies sont accrochés à flanc de montagne et on se demande bien comment ils sont fournis …

Beau panorama que nous apprécions, seuls, assis sur une paroi rocheuse.

Dîner dans notre cantine de thukpa géantes (soupe tibétaine à base de nouilles, légumes et viande) et de momos aux épinards. Un régal que nous n’arrivons même pas à finir.

   


Jeudi 25 octobre 2001

Troisième journée d’entraînement à la marche pour notre futur trek au Népal… Partons en direction du village de Dharampkot au Nord Est de Mac Leod. Le chemin est abrupt mais nous goûtons à la quiétude d’être seuls. Pas un rickshaw en vue, les sentiers étant trop étroits ! Nous nous perdons un peu dans les montagnes et nous nous retrouvons sur les pas de portes des maisons des paysans locaux … assez dépaysant…retour à l’hôtel pour un après-midi lecture.

   


Vendredi 26 octobre 2001

Matinée Internet puis direction Tsuglagkhang, sanctuaire regroupant la résidence du Dalaï Lama et le monastère Namgyan.

Visitons tout d’abord le Tibétain Museum inauguré en juillet 2000 qui témoigne du génocide tibétain infligé par les Chinois. Ensemble de photos, textes et vidéos, avec des portraits des principaux acteurs de la lutte pacifique que mènent le gouvernement depuis 1959. Prés de deux millions de tibétains sont morts en moins de 50 ans.

Nous effectuons ensuite la visite du site conformément aux règles de la religion tibétaine, c’est-à-dire dans le sens des aiguilles d’une montre. Nous découvrons ainsi les moulins à prières, puis le temple Kalachakra érigé en 1992 qui abrite une splendide peinture murale du mandala de Kalachakra (roue du temps), des meubles laqués sur lesquels reposent des statues de Bouddha. Nous visitons ensuite le temple de Tsuglakhang qui abrite un bouddha de près de 3 m de haut appelé Shakyamuni. Sur sa gauche, deux statues également imposantes, l’Avalokites Vara (représentation de Chenserig dieu tibétain de la compassion dont le Dalaï Lama est la réincarnation) et le Padmasam Bhava (représentation de Guru Rinpoche, théologien indien ayant introduit au VIIIème siècle le bouddhisme au Tibet). Est également présente une très belle collection de textes religieux sacrés.

En sortant, sous une peinture murale représentant les anciens rois du Tibet veillant sur la venue du bouddhisme un vieux tibétain lit des textes ...

L’ensemble des bâtiments de construction moderne, contraste avec les richesses religieuses enfermées dans les temples. Cet endroit “modeste” est le lieu le plus sacré pour les Tibétains exilés.

En redescendant, nous apercevons un attroupement de moines et de tibétains sur le bord de la route. Tous attendent, des fleurs et de l’encens dans les mains. Une banderole à notre arrivée sur le site indiquait “Bienvenue à Sa Sainteté le Dalaï Lama pour son retour de voyage”. Et c’est par le plus pur des hasards que nous assistons quelques minutes plus tard à l’arrivée du Dalaï Lama, en Mercedes, protégé comme un Chef d’État, revenant de son séjour … en France.

La foule tibétaine, lors de son passage, prie mains jointes en présentant une étoffe blanche ou en agitant des moulins à prières. Nous profitons de ce moment unique …

Après-midi un peu stressant car nous nous lançons un petit défi : créer notre site de voyage perso ! En avant l’aventure …

   


Samedi 27 octobre 2001

Direction le Free Spirit Festival qui se déroule toute la journée au TIPA, le Tibétain Insitute of Performing Arts. Une journée consacrée à découvrir la culture tibétaine. Commençons par l’exposition en plein air de photos couleurs et noirs/blancs (portraits, scènes de vie), de peintures acryliques (malheureusement ou heureusement pour le porte-monnaie pas à vendre) ; l’une d’elle, le Young Nomad nous plait bien… ; série de BD satiriques … Deux ou trois stands vendent des objets artisanaux réalisés par les écoles de la région… Quelques buvettes vendent momos et gâteaux maison… ambiance très bon enfant.

Nous assistons à une première projection réalisée par un japonais retraçant son périple asiatique. Beau témoignage de l’oppression tibétaine avec des séquences de films tournées en Inde, Népal, Tibet et Chine. Il avait également passé une dizaine de jours avec le Dalaï Lama.

Une petite assiette de momos et une soupe sur le coin d’un banc avec les Tibétains et nous voilà assistants (sans comprendre, car pas de traduction) à des récits de religion contés par un vieux tibétain, le Lama Mahi. C’est une tradition tibétaine qui date du XIIème siècle mais qui tend à disparaître dans et hors du Tibet ; sur 130 000 réfugiés, il ne reste qu’une personne. Il doit avoir aux alentours de 70 ans et fut formé à l’âge de 13 ans par son oncle, moine. A fui le Tibet en 1959. Les Thangka paintings, les chants et les gestes sont les trois supports de ce conteur d’histoire. Tout le monde est assis sur le sol, attentifs à son discours.

La seconde projection à laquelle nous assistons ensuite retrace la disparition du jeune Panchem Lama en 1995, alors âgé de 6 ans et enlevé par les Chinois. Le jeune garçon avait été choisi par le Dalaï Lama pour succéder au Xème Panchem Lama décédé en 1991. Mais le pouvoir communiste de Pékin ne veut pas reconnaître cet enfant et désigne alors son propre représentant, lui aussi caché en Chine. Ni les Nations Unies ni le Tibet n’ont de nouvelles du jeune enfant et de sa famille, enlevés.

Revenons sur le site en début de soirée après avoir récupérer quelques vêtements chauds pour assister aux concerts de danses et musique. Une étrange chorégraphie moderne est interprétée par un danseur japonais, Lee Ryuji Oka qui donne des représentations en Asie et dans toute l’Europe. Vient ensuite une jeune troupe de tibétains qui défile en habit traditionnel représentant une quinzaine de personnages de l’histoire du Tibet. Un humoriste, Pasang Tsering, semble ensuite bien amuser la foule qui rit aux éclats. La soirée se termine par un défilé puis l’assaut du podium central par des jeunes tibétains délurés aux cheveux longs qui dansent sur des airs techno ! La boite de nuit est ouverte !

   


Dimanche 28 octobre 2001

C’est notre dernière journée à Mac Leod. Nous avons prévu de repartir le soir même pour Delhi afin de rejoindre Agra et Varanasi en Uttar Pradesh.

Allons nous balader vers le monastère Gompa Dip Tse Chok Ling, caché au fond d’un sentier escarpé (!) Belle bâtisse aux couleurs chatoyantes, datant de 1993, autour de laquelle sont disséminés les logements des Monks (moines). Ils proposent également quelques chambres aux non-résidents.

Petit repos sur l’herbe à l’ombre des arbres, qui nous permet de coucher sur le papier la première trame du site …

Déjeuner une dernière fois au Tsongka Restaurant où nous avons l’habitude de prendre tels deux petits vieux notre goûter, puis départ de Mac Leod en fin d’après-midi pour Delhi.

   


Lundi 29 octobre 2001

Arrivons vers 5h30 dans le coin de Connaught Place, après 13 heures de voyage. Il fait encore nuit, et nous sommes un peu perdus. L’objectif que nous nous fixons (faut-il être fous …) est de trouver … un distributeur d’argent, le porte-monnaie étant presque vide ! La situation est comique : deux paumés dans ce quartier administratif où seuls quelques indiens préparent les tas de journaux qui vont être vendus dans quelques heures… la chance doit nous sourire car nous ne faisons pas 100 mètres que nous tombons (!) sur un distributeur HSBC !

Partons ensuite en direction de la gare pour l’achat de deux billets pour Agra. Sommes baladés par les rabatteurs en tous genres sur tous les bureaux de vente de tickets, sauf l’officiel que nous trouvons enfin par nous-mêmes. Petit déjeuner dans le Refreshment Room pourri de la gare (il faut avoir faim et rien d’autre sous la main) puis nous partons pour cinq heures de train à 40 km/h. Un militaire népalais, bien sympa, nous cède deux places près de la fenêtre nous évitant ainsi d’être deux autres sardines sur les banquettes de six (minimum).

A la sortie de la gare, après avoir fuit les rabatteurs, partons en rickshaw avec un vieil indien prénommé Manghla… à qui nous donnons rendez-vous le lendemain matin à 5h30 pour la visite du Taj Mahal.

Après-midi Internet pour finaliser notre trek au Népal ; décidons de passer par l’une des agences françaises de Katmandou, Celtic Trekking tenue par Olivier, un Breton de sang, mais népalais de cœur depuis 10 ans. Propose des prestations identiques à ses confrères mais à des prix plus raisonnables.

Achat ensuite de billets de train pour rejoindre Varanasi le lendemain soir, mais mauvaise surprise : les billets en main, nous nous rendons compte que nous sommes en …99 et 100ème position de waiting list. Du délire !!!! on verra ça demain …

   


Mardi 30 octobre 2001

Réveil avant les poules (5h00), puis direction le Taj Mahal après un petit thé pris dans un “café” dans lequel nous ne serions pas rentrés sans les conseils de notre rickshaw wallah … Arrivons à la porte d’entrée à 6h00, après avoir subi comme tous les étrangers la hausse exagérée du prix d’entrée, passé en juin de 15 à 750 Rps ! Apprenons par Manghla que c’est une mesure récente, orchestrée par le nouveau gouvernement au pouvoir, pour remplir ses caisses… ça ne donne pas bonne réputation à la ville en tout cas.

Nous nous dirigeons vers la haute porte de grés rouge, plein sud, ornée des versets du Coran. Et là nous apparaît le symbole (magnifique) de l’Inde, le Taj Mahal construit de 1631 à 1653, en marbre blanc et incrusté de pierres précieuses, dites méthode de la pietra dura. Avons profité de ces trois heures pour contempler le lever du soleil sur ce beau mausolée érigé par amour par l’Empereur Shah Jahan à la mémoire de Mumtaz Mahal, sa seconde épouse morte en couches. Son aspect par la lumière du soleil change à chaque instant et prend une teinte rosée. Le Taj est constitué d’un dôme principal encadré de quatre coupoles et de deux minarets. A l’intérieur se trouve une grande salle avec de fausses tombes et au sous-sol les tombes des deux époux auxquelles nous n’avons pas accès. Le Taj est également entouré de deux édifices de grés rouge dont une mosquée. Ne pouvons malheureusement pas visiter le musée, fermé à cette heure matinale, qui renferme les plans de construction.

Partons à 9h00, à l’heure où le site perd un peu de sa sérénité par l’arrivée de groupes… Souhaitons ensuite visiter le Fort d’Agra : mais faisons rapidement demi-tour lorsque le guichetier nous demande encore 500 Rps par personne de taxe !!! Il ne faut pas exagérer …

Partons alors pour le souk à la recherche d’un opticien pour réparer les lunettes de Bruno brisées la veille. Achat de cartes postales dans une petite échoppe recommandée par Manghla et, malgré notre réticence, il nous emmène dans une boutique d’objets en marbre, bronze … où nous craquons pour un Ganesh, une des divinités symbole de l’Inde, seigneur des commencements et patron des scribes en marbre blanc. Superbe et pas cher.

Allons ensuite dans une agence confier nos billets de train contre un backisch de 200 Rps qui nous permet d’obtenir malgré la waiting list deux couchettes. Partons de Agra vers 20h00 pour … 13 heures de trajet direction Varanasi.

   


Mercredi 31 octobre 2001

Arrivés en début de matinée et après une heure de recherche, chargés comme des mulets, avec deux français pour trouver le Yogi Lodge dans les dédales des ruelles de la vieille ville (un vrai labyrinthe) ; posons nos sacs pour un break de 4 heures. Bruno n’a pas fermé l’œil de la nuit, les vols de bagages étant nombreux sur la ligne Agra Varanasi.

Fin d’après-midi sur Internet où nous comprenons le fonctionnement de la création d’un site perso. Hourra ! Dîner au restaurant le Ganga Fuji où nous discutons avec un sympathique indien, responsable du restaurant.

   


Jeudi 1er novembre 2001

Milieu de matinée passée près des ghats, après avoir déambulés dans les petites ruelles de la vieille ville. Pleins d’échoppes religieuses, de soieries, d’épices et de parfums. On aime y flâner et s’y perdre ! Prenons un rickshaw pour aller voir le temple de Durga. Faisons sensation dans les rues de Varanasi car le conducteur du rickshaw emmène son jeune fils dans ses courses avec lui, que nous avons pendant le trajet aller/retour sur les genoux.

Visite de ce temple ocre rouge, appelé couramment Temple des Singes (n’en avons vu aucun) : ils devaient être de day off ce jour là !

Le temple date du XVIIIème siècle et fut construit par un Maharadjah Bengali. Avons droit de recevoir le Bindi, marque sur le front pour la chance, mélange de cendre teinte ocre rouge et de noix de coco. Petit tips de rigueur… Approche très subtile !

Puis visite du temple de Vishwanath, le plus sacré de Varanasi dont les tours sont recouvertes de 800 kg d’or. Temple dédié à Shiva, le dieu de l’Univers. L’entrée aux non hindous est interdite ainsi que les photos. Le seul moyen qui nous est donné de l’apercevoir est de monter à l’étage d’une boutique juste en face. Très belle vue.

Tous les temples de la vieille ville sont gardés nuit et jour car il y a des risques de destruction par les musulmans.

Après-midi à essayer d’avancer sur le site.

   


Vendredi 02 novembre 2001

Levée des couleurs à 6h00 et direction les ghats… descendons les ruelles encore paisibles à cette heure matinale, la population se réveille, les balayeurs sont en action. Qu'elle n’est pas notre surprise en débouchant sur l’artère principale, de voir et entendre ce brouhaha qui ne semble pas avoir cessé de la nuit ! klaxons de voitures et rickshaws …

Petit thé du matin sur le zinc d’un “café” local. Passons devant une multitude d’échoppes de bijoux de bois, chapelets de fleurs destinés aux offrandes, bidons et bouteilles destinés à ramener l’eau du Gange …

Nous négocions le prix d’une barque, seuls pour une heure de balade le long des Ghats. Barque en bois laissant apparaître de large claire-voie. Devons compter sur la dextérité du rameur pour nous faufiler au milieu des pèlerins, petites filles passant d’une barque à l’autre pour vendre leurs paniers de fleurs surmontés d’une bougie à déposer sur le Gange en offrande. Forçons le passage dans un embouteillage de barques amarrées. Remontons le fleuve, baigné par la lumière rase du soleil levant. Le moment est magique.

Nous bénéficions d’une vue parfaite sur les Ghats, où les pèlerins prennent leur bain, font du yoga, déposent des offrandes, jouent de la flûte, prient, se font raser, et masser. Avons l’impression d’être en plein film …

Nous faisons demi-tour après le Ghat où sont faites les crémations ; d’énormes quantités de bois sont stockées sur les marches. Au bord du fleuve, sont dressés les bûchers au milieu desquels les corps drapés, préalablement baignés dans l’eau sacrée, sont brûlés. Les cendres sont ensuite jetées dans le fleuve. On nous propose d’accoster et d’assister aux cérémonies car la mort en Inde n’est pas taboue. Mais nous préférons observer tout cela du fleuve.

Retour une heure plus tard au point de départ puis balade à pied sur les Ghats pour prolonger ce moment irréel. Cela nous réconcilie avec l’Inde …

   


Samedi 03 novembre 2001

Départ en début de matinée de Varanasi : dernière étape avant de rejoindre la frontière Népalaise.

Beaucoup d’occidentaux dans le bus en direction de Sonauli. L’arrivée au poste frontière qui coupe la ville en deux se fait en début de soirée. Premier arrêt au bureau de l’immigration indienne avec un coup de tampon de sortie de territoire, puis traversée, les sacs sur le dos, sans aucun contrôle, de la frontière pour se retrouver … coté népalais. Welcome to Nepal ! Second arrêt au bureau de l’immigration népalais pour le contrôle de nos visas pris à Paris, puis direction l’hôtel où nous passons la nuit.

   


Pour conclure : nos impressions sur l’Inde.

Bruno :

Que nous étions désorientés à notre arrivée à Kolkata ce 26 septembre ! N’avons que très peu de temps à la sortie de l’avion pour réaliser le changement avec la quiétude balinaise.

Que ces premiers jours furent riches en enseignements ! Quelle leçon de vie, brutalement en face d’un pays en proie à tant de difficultés : surpopulation, famine, extrême pauvreté, saleté, pollution, agressivité de certains rabatteurs.

Nous ne souhaitions qu’une chose : repartir, … et cherchions par quels moyens “abréger” ce séjour prévu de 1 mois et demi …

En effet, comment se dire que nous prenions des vacances dans ce pays aux abords si hostiles ?! Nous étions totalement décontenancés.

Comment la magie s’est-elle mise en place ? En effet, mon départ de l’Inde s’est effectué avec un pincement au cœur, regrettant de n’avoir eu plus de temps à lui consacrer. L’attachement a ce pays gigantesque et irréel est venu petit à petit, pas à pas, kilomètre après kilomètre.

Nos multiples déplacements et rencontres dans ce pays m’ont permis de découvrir sa face cachée et sa véritable richesse. Richesse par l’humanité des indiens, par leur ouverture d’esprit, par leur tolérance, par ses contrastes saisissants, par les formidables leçons de courage des infirmes et mendiants.

Découverte également de la culture indienne, abondante et variée, religieuse, fabuleux temples et sculptures, palais majestueux, villes fortifiées …

Enfin, richesse de cœur, comme ont coutume de dire les indiens, étant la plus importante.

   

Laurence :

Que dire de ces 38 jours passés en Inde ? Tant de choses sont venues bouleverser mes à priori, mes craintes.

Suis arrivée à Kolkata avec l’image d’un pays dur, sale et pauvre. Là dessus, je ne m’étais pas trompée. Mais après l’avoir vu dans de maints reportages, je le vivais quotidiennement.

L’acclimatation a été rude, et je comptais un peu les jours qui me restaient à passer ici avant de rejoindre le Népal. Nous n’étions qu’au troisième jour …

Alors il a fallu se faire une carapace, pour ne pas subir de plein fouet ce rabattage incessant et épuisant après de si longs voyages, cette pauvreté à laquelle nous ne pouvions rien faire… et puis les jours et les semaines ont passé …

Je découvrais alors des villes si belles … l’Inde est un pays d’histoire que l’on ne peut qu’aimer découvrir. Les rencontres diverses m’ont fait éprouver de la sympathie et de l’admiration envers ce peuple.

Je ressors d’un périple comme celui-ci, plus forte et plus mure, prête à relativiser beaucoup de choses. J’ai apprécié beaucoup de moments et qui me permettent à présent de poursuivre le voyage qui peut s’avérer plus ou moins dur, en dégageant le positif de la situation.

Un deuxième voyage en Inde ? Oui, peut être mais en évitant les régions trop touristiques, afin de n’être en contact qu’avec des gens exempts de tout besoin d’argent de notre part.

Je garde un bon souvenir avec le recul …

   

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