![]() Carnet de route de Chine |
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Principales villes visitées :
Mercredi 28 novembre 2001Décollage de Bangkok pour Pékin à 11 heures avec la Thai Airways. Après un peu plus de quatre heures, nous arrivons à l’aéroport de Beijing, très moderne et accueillant, et semblant neuf. Passage de la formalité douanière sans le moindre problème, puis prise d’un taxi avec compteur pour nous rendre dans le centre, dans un hôtel recommandé par le Lonely. Arrivée au Tangyuan Hôtel, situé derrière la Cite Interdite. La course de taxi s’élève à 101 Yuans, un prix raisonnable. Nous obtenons une chambre à 248 Y. L’hôtel est complet et nous bénéficions d’un no show. La chambre est agréable et moderne, bien que surchauffée. Pour accéder à la chambre, il nous est remis une plaque portant le numéro qu’il faut montrer à une gardienne d’étage que nous suivons au son des trousseaux jusqu'à notre porte. Notre plaque nous permet de mettre l’électricité en route dans la chambre. Première sortie dans le quartier, moderne et très propre, avec de larges avenues et des bâtiments modernes. Panneaux lumineux, débauche d’énergie digne d’un Las Vegas de l’Orient. Dîner dehors à arpenter les échoppes du marché de nuit, le Donganmen Night Market, proposant, par les cuisiniers hélant les passants, toutes sortes de soupes, brochettes (qui sont mises sous le nez afin de nous allécher) de viande et poisson, crêpes fourrées type rouleaux de printemps chauds, brochettes de fruits et beignets. Le tout à environ 10 Y pièce. Nous nous faisons avoir le premier soir sur les tarifs… Petit thé « digestif » au jasmin dans un resto en face de hôtel en regardant avec le patron des VCD de films chinois.
Jeudi 29 novembre 2001Réveil aux aurores (8 h 45) par la femme de chambre proposant de l’eau chaude pour le thé. Petit déjeuner pris dans la salle commune ; au menu : riz cantonnais, oeufs (n’essayons pas ceux de 100 ans). Petite négociation à la baisse du prix de la chambre (moins 30 Y) puis départ bien couverts car température d’environ 5 degrés, pour la Place Tian an Men ; traversons les larges avenues où circulent de nombreuses voitures occidentales, des vélos, des tricycles à pédale. Des souterrains comme à Moscou nous permettent de passer d’un côté à l’autres des avenues. La circulation se fait à droite. La place créée par Mao couvre 40 ha, est longue de 880 m et large de 500 m. Elle est capable d’accueillir jusqu'à 500.000 personnes. C’est la plus grande place au monde. Cette place servait à Mao aux défilés militaires et au passage en revue des troupes. Elle comporte un mélange de monuments anciens et modernes. Passons devant le Monument des Héros du Peuple, une obélisque de 36 mètres de haut datant de 1958 et dédiée aux héros martyrs des guerres de l’Opium (1840) jusqu'à la Guerre de libération (1949). Visite du mausolée de Mao mort en 1976. Imposant bâtiment de 28.000 m² où repose le corps embaumé du « Petit Père du Peuple » depuis mai 1977. Visite disciplinée en compagnie de nombreux chinois, suivant tous les ordres des gardiens munis de mégaphones. Bâtiment comportant également un cinéma projetant des films à la gloire du défunt et une boutique de souvenirs où les chinois se précipitent pour ramener une gourmette, un médaillon, un briquet, un drapeau à l’effigie de Mao. Prenons ensuite la direction du sud de la porte Qian Men, datant de 1419 et délimitant anciennement l’entrée de la Cité Interdite. Elle fut construite par l’Empereur Yongle (dynastie Ming). Elle comporte deux entrées, l’une Jian Lou et Cheng Lou (au nord). Accédons à son toit pour 5 Y, nous permettant également de visiter un petit musée comportant des photos anciennes de Beijing, objets divers (théières en étain et jade). Visitons ensuite la Cité Interdite (Forbidden City), qui fut construite entre 1406 et 1420 par l’Empereur Yongle. Ensemble s’étendant sur plus de 72 ha et comprenant 9.999,5 pièces ( !), protégé par une muraille de 8 m de haut, longue de 960 m du nord au sud et 750 m de l’est à l’ouest. Les Empereurs dirigeaient la Chine depuis ce palais construit par un million de paysans de corvée et plus de 100.000 artisans. Les édifices visibles aujourd’hui datent du XVIIIème siècle car ils ont subi de nombreux incendies et pillages. Des douves larges de 52 m entourent le Palais dont l’eau était utilisée pour éteindre les flammes royales. Au XXème siècle, les pillards furent japonais, puis le Guomindang en 1949 (le parti nationaliste, force politique dominante après la chute des Qing) emporta de nombreuses pièces toujours présentes à Taiwan. Nous pénétrons par une première porte, dite porte Tian an Men, surmontée d’un portrait géant de Mao. Était utilisée par les Empereurs pour s’adresser à la foule qui ne pouvait pénétrer dans la Cité. Arrivons ensuite à Tai he Men où les Empereurs recevaient les ministres et y prenaient les décisions, donnant sur cinq ponts en marbre surplombant la Golden River. La Cité, où 24 Empereurs se sont succédés, des Ming aux Qing (dernière dynastie renversée en 1911), se compose de deux parties : Cour Extérieure (Tai he dian Hall, Zhong he dian Hall, Ba he, Wen hua dian Hall, Wuying dian Hall) et la Cour Intérieure (Qian Quing Gong Palace, Jiao Tai dian Hall …) Le Tai he dian Hall (salle de l’harmonie suprême) servait aux Empereurs pour les cérémonies d’accession au trône, anniversaires, fêtes de la nouvelle lune. Découvrons ensuite plusieurs jarres (initialement au nombre de 308) en bronze et acier placées devant les halls pour éteindre les incendies. Visite du Zhong he dian Hall (salle de l’harmonie parfaite) qui servait à recevoir les officiels, aux sacrifices. Visite du Bao he dian Hall (salle de l’harmonie préservée) où à chaque nouvelle lune était donné un banquet avec les princes, ducs, ministres des minorités nationales. On y accédait par des marches sculptées en pierre (venant de Tang Shan au sud de Beijing), représentant des lotus, vagues, nuages et neuf dragons), le tout finement sculpté. L’ensemble de ces temples, de construction identique, est surmonté d’avant-toits relevés destinés à favoriser l’écoulement de l’eau et à avoir une meilleure lumière intérieure. En outre, les quatre angles relevés embellissent la toiture. Le murs sont de couleur ocre et jaune, le jaune étant une couleur noble et le rouge représentant le bonheur et la joie… L’ensemble dégage une atmosphère sereine malgré la présence de nombreux visiteurs. Nous avons l’impression de nous trouver dans le film « Le Dernier Empereur ». Nous visitons ensuite la seconde partie de la Cité, la Cour Intérieure qui abritait le Cabinet de travail de l’Empereur et ses appartements ainsi que ceux de la famille royale et des concubines. Terminons la visite par la traversée du Yu Hua Yuan, jardin impérial où sont plantés de nombreux cyprès. S’y trouve également un temple taoïste où les Empereurs effectuaient des sacrifices. Une colline artificielle de 1583, la Dui Xiu Shang surmontée d’un pavillon permettait à l’Empereur de retrouver sa femme et ses concubines. Sortie par la porte Nord où nous attendent de nombreux vendeurs ambulants et masseurs … La porte donne face à une colline artificielle, le Gingshan Gangyuan dont la terre est issue du creusement des douves de la Cité. Au sommet, des pavillons permettent d’avoir une vue d’ensemble de la capitale et des toitures de la Cité. Cette colline est censée protéger la Cité des mauvais esprits et des tempêtes de sable du nord. Retour à l’hôtel après ces cinq heures de marche, la température continuant de baisser. Petite séance coiffeur / massage pour Laurence à 15 Y avec une équipe hilare lorsque nous tentons de leur expliquer en franglais chinois la coupe souhaitée, vite imitée par Laurence ne résistant pas aux chatouilles de la masseuse. Dîner au marché de nuit, de soupes de nouilles, crêpes salées au soja et beignets de bananes bien gras.
Vendredi 30 novembre 2001Départ de l’hôtel en milieu de matinée, direction le Palais d’Eté dit Summer Palace… où nous arrivons 2h30 plus tard ! Empruntons pour cela deux métros jusqu'à Xizhimen puis un bus (le 302) jusqu’au Palais. Nous sommes malgré tout toujours dans Beijing, mais plus à l’écart des hauts buildings. Le Palais est situé au nord ouest, à 12 km du centre. Il fut construit en 1750 sous la dynastie Quing. Cet ancien jardin Impérial qui fut embelli par l’Empereur Qianlong, fut ensuite laissé à l’abandon, incendié en 1860 par les troupes franco britanniques et restauré à partir de 1886 par l’Impératrice Dowage Cixi, puis de nouveau détruit en 1900 par les troupes étrangères et reconstruit en 1902. Cet ensemble remarquable se divise en quatre parties : bâtiments officiels, appartements, temples et lieux de promenade. Au milieu, se trouve le lac qui occupe les 3/4 du parc. L’ensemble occupe une superficie de 290 ha … de quoi faire une belle balade ! Malheureusement, il fait un froid de canard avec un vent du nord qui nous glace les os … ce sera donc une balade au pas de course ! L’une des zones, celle regroupant les appartements, est constituée de vastes cours intérieures et de longs corridors ouverts. Elle inclut le “Jade Hall”, le “Hall of Delight and Longevity” et “The House of Fragrant Herbs”. C’est là que vivait le couple et que sont exposées, outre le mobilier, de nombreuses pièces offertes à l’Impératrice pour ses anniversaires. La deuxième zone regroupe collines, lac et zones de détente. Découvrons une haute tour octogonale dominant sur la colline le Summer Palace. Elle renferme un superbe bouddha de 5 m de haut en or et bronze et pesant près de 5 tonnes. Nous découvrons de loin un pont à 17 arches, plus à l’ouest du lac, donnant accès à l’Île du Lac Sud et mesurant près de 150 m. Un long corridor de près de 700 m, longeant le lac, est décoré de 14.000 peintures, récemment restaurées après la Révolution Culturelle. Il mène au bateau de marbre, construit à la même époque et mesurant près de 36 m de long. Nous découvrons également un bâtiment, le “Hall of Listening of Orioles”, construit par l’Empereur pour sa mère, où étaient donnés de nombreux opéras, doté d’une scène intérieure élégamment décorée. L’ensemble du bâtiment est à présent un restaurant gastronomique qui propose une cuisine impériale. Le Summer Palace fut ouvert au public en 1914 et converti en parc en 1924. L’ensemble est très bien entretenu et restauré. Souffrons du froid, le lac commençant à geler … mais le peu de visiteurs (!) nous permet une visite calme et sereine… Retour sur Beijing en milieu d’après- midi par les mêmes modes de transport, avec un arrêt au centre commercial Carrefour qui s’avère être une copie conforme des magasins français avec les produits asiatiques en plus : sac de riz de 30 kg, poisson séché … Dîner dans notre restaurant de quartier où nous prenons habituellement le thé …
Samedi 1er décembre 2001Partons en milieu de matinée en direction de la Place Tian an Men pour visiter le Musée National d’Histoire Chinoise, le Zhongguo Lishi Bowugan (Bowugan signifie musée…) qui comprend deux ailes : le Musée d’Histoire et le Musée de la révolution. Cette imposante bâtisse, à l’Est de la place, ferma de 1966 à 1978 … afin de réévaluer l’histoire par rapport aux évènements récents (…) Nous visitons une première exposition sur la Dynastie Tang : cette dynastie a succédé aux Sui en 618-907 ap. J-C. Les chinois considèrent cette dynastie comme la période la plus glorieuse de leur histoire. Certaines des infrastructures administratives mises en place à cette époque subsistent encore de nos jours. Cela permit à la Chine de retrouver également le contrôle de son pays grâce à de nombreuses conquêtes militaires et de s’ouvrir vers l’extérieur, développant de nombreux contacts avec la Perse, le Japon, l’Inde … Cela permit aussi un développement de la religion, des arts et traditions culinaires. Xi'an, dans la Province du Shaanxi était l’un des pôles majeurs de la Chine de l’époque ; beaucoup des pièces exposées viennent de là-bas. Nous découvrons de nombreuses poteries et porcelaines (dont une représentation des douze animaux zodiacaux), des figurines en bronze, gardiens de tombeaux en pierre, reproduction d’un temple de Foguansi, des statues de Bouddha et de Bodhisattva (Saint bouddhiste qui renonce temporairement au nirvana afin d’aider les mortels), des peintures sur soie également, pièces de monnaie, boîtes à médicaments en argent ou porcelaine, miroirs en bronze et nacre. De nombreuses poteries représentent des animaux tels des chevaux ou chameaux. Toutes les pièces sont bien mises en valeur et l’accès à l’exposition nous est facilité par les traductions chinois / anglais. Nous visitons ensuite le Musée qui retrace la civilisation chinoise. 179 des 300.000 objets découverts sont exposés ici : céramique, bronze, sculpture, or, jade et laque appartenant aux différentes dynasties. Tout d’abord, les cultures Majiayao et Dawenkou de la période néolithique (poteries) puis les Shang qui travaillaient le bronze ; les Han (poteries, jade et laque… une coutume de cette dynastie était de parfumer vêtements et pièces d’habitations grâce à des brûleurs d’encens) ; ensuite les Min (poteries, ainsi qu’un costume funéraire composé de 1.200 plaques de jade cousues de fils d’or), les Wu (idem), les Song (pierre gravée et laquée), les Tang (poteries, bas reliefs en pierre représentant des processions, scènes de vie, acrobaties, pièces en argent). Les dynasties Ming et Quing ont apporté quant à elles, plus de couleurs dans les objets en porcelaine. Travail également de la laque, du jade et du verre. Nous sortons de cette expo très impressionnés par la diversité de l’art chinois. Là aussi, les explications en anglais nous permettent de mieux comprendre l’histoire et la culture de ce pays. Après cette demie journée “culture”, nous partons en bus en direction de l’Office du Tourisme à l’est de la ville afin d’acheter deux billets de train pour Xi'an à 14 heures de trajet. Par le plus pur des hasards, nous montons dans un bus qui nous dépose devant l’une des gares principales ! Nous qui nous attendions à un endroit où la foire d’empoigne serait le maître mot, nous sommes bien stupéfaits : nous entrons dans une immense bâtisse très bien entretenue, avec écran géant, escalators, boutiques, contrôle des bagages à l’entrée sous portillon de sécurité … Un panneau nous indique la voie à suivre pour l’obtention de billets à l’usage des “Foreigners” (en chinois, on appelle les étrangers des “Alliens”…) Nous arrivons dans un vaste lounge aux fauteuils moelleux où patientent étrangers et VIP chinois. Le bureau de vente est à coté et il ne nous faut pas plus de 5 minutes pour avoir en main deux tickets, au bon tarif, remis par une chinoise très agréable. Payons chacun 256 Y au lieu des 320 Y demandés par notre hôtel qui pouvait se charger de la réservation. Si cela se passe de la même manière au cours du séjour, c’est le bonheur ! Nous partons tout joyeux de la gare avec une deuxième mission en poche : trouver un café Internet dans cette mégapole à la taille de la Belgique ! Nous n’en avons vu aucun jusqu’à présent. Le Lonely indique une “adresse” (on ne connaît même pas le nom du café Internet) ; avons seulement le nom d’un bâtiment et d’une grande avenue ... qui fait près de 10 km et qui change plusieurs fois de nom ! Nous parcourons pendant plus d’une heure l’avenue, à pied, à la recherche du bâtiment sur le quel nous tombons finalement : sauf que le “China World Trade Center” est … un ensemble de buildings ! Chercher un café Internet (sans nom), ici, est comme chercher une aiguille dans une meule de foin. Nous arrivons malgré tout à le trouver près de 1 h 30 plus tard, après avoir parcouru les nombreux étages de boutiques de luxe, restos, emprunté tous les escalators, changé plusieurs fois de bâtiments, interrogé tous les vigiles (les seuls à comprendre le mot “Internet café”). Nous donnons enfin un nom à l’endroit : le Sparkice Café … qui s’avère avoir trois succursales dans Beijing dont une nouvelle adresse près de notre hôtel, au 3ème étage du Book Store de Wangfuging Dajie ! Encore faut- il le savoir … vu que ce n’est pas indiqué en bas. Pas mal d’ordinateurs qui s’avèrent très rapides. Une petite heure pour 15 Y à donner des nouvelles et nous voila repartis. Rentrons en métro (qui est maintenant pour nous un jeu d’enfant), puis petite pause pour un menu Mac Do (Bruno ne supportant pas ce soir la vue d’un plat de riz ou de nouilles) Passons, avant de rentrer, au Bookstore acheter un petit dictionnaire et deux livres intéressants (visés par le Parti) sur l’histoire des dynasties chinoises et 999 questions réponses sur la Chine (le chiffre 9 est le chiffre le plus important dans la culture chinoise).
Dimanche 02 décembre 2001Journée consacrée au transport (long) et à la visite d’un tronçon de la Grande Muraille à Simatai. Prise d’un bus d’une dizaine de places à 8 h 30, puis deux heures de trajet pour arriver à cette partie de la Muraille datant de la dynastie Ming. La Grande Muraille appelée le Mur des 10.000 Li, s’étend de la côte Est à Shanhai Guan, au désert de Gobi à Jiayu Guan. La construction débuta il y a 2000 ans sous la dynastie Qin. Dès lors, plusieurs murailles furent construites par les royaumes indépendants afin de se protéger des incursions des nomades. Elles furent ensuite reliées entre elles. Près de 180 millions de m3 de terre furent utilisés ainsi que des centaines de millions de vies humaines. La dynastie Ming permit d’améliorer la structure de la Muraille par l’apport de briques et pierres (60 millions de m3). Les travaux durèrent plus d’un siècle. Grimpons pendant 1 h 30 pour atteindre une à une les différentes tours de guet : d’abord, un chemin de pierre pour accéder à la première tour sur les hauteurs du lac, puis l’accès jusqu’en haut se fait par des marches en pierre plus ou moins hautes avec une variation de pente plus ou moins importante d’une tour à l’autre (on atteint tout en haut une pente de près de 70 degrés). Nous avons, au fur et à mesure de notre ascension, une vue superbe sur l’autre versant des collines où se dresse un autre tronçon qui part se perdre dans les brumes. L’endroit est magique, accentué par le fait qu’il n’y a quasiment personne. Nous évitons, grâce à l’hiver, les hordes de touristes et de vendeurs de souvenirs. Deux chinoises tentent de nous coller aux basques lors de notre montée, mais nous les remercions gentiment. Le bon entraînement du Népal nous permet de monter sans problème. Les genoux douloureux se sont réglés le matin à coup de calmants. Nous redescendons deux heures plus tard avec le regret de quitter un endroit si unique et serein. Bonne soupe chinoise prise dehors (sommes seuls) avant de reprendre le bus qui marque, au cours du trajet, de grands signes de fatigue (fusible mort, circuit de chauffage brûlant …)
Lundi 03 décembre 2001Départ ce jour de Beijing pour Xi'an. Préparation des sacs le matin puis direction, en métro, la gare Ouest. Nous arrivons devant une immense bâtisse, plus grande que celle vue deux jours avant. Elle est même surmontée d’un pavillon. L’intérieur est identique et une jeune femme nous indique la salle d’attente correspondant à notre train qui est déjà affiché. Après réflexion, nous décidons de ne pas laisser nos bagages en consigne pour aller visiter le Temple du Ciel, que nous avions prévu dans notre programme initial. Avons peur du manque de temps, car les moyens de transport ne sont pas évidents depuis ici. Nous nous installons près des radiateurs car cette grande salle est bien moins confortable que le lounge de l’autre gare. Déjeunons de soupes instantanées et de sandwichs en attendant que l’heure tourne. La salle se remplit de plus en plus jusqu’à ce que tout le monde soit debout devant la porte d’embarquement, et ça, une heure avant ! L’entrée va être sportive ! Rejoignons le quai directement depuis la salle d’attente puis notre wagon. Et là, surprise : nous sommes dans un wagon aux mêmes dimensions que les wagons indiens mais pas dans le même état ! Six couchettes occupent les compartiments ouverts sur l’allée. Chacune des couchettes est recouverte d’une housse bleue à volants (!) avec oreiller, couette, draps et même une serviette de toilette ! Pour compléter le décor, petits rideaux aux fenêtres et nappes sur les petites tables… Une vraie maison de poupée ! Nous passons donc 14 heures dans le train et dînons de soupes et de fruits pendant que nos voisins attaquent allègrement canard laqué, soupe, saucisse, le tout arrosé à l’eau de vie. Comment font-ils pour avaler tout ça ?! Les voyageurs sont d’une classe aisée et se comportent de manière très correcte : ne fument pas dans le wagon, crachent aux toilettes et jettent leurs ordures dans une poubelle … nous ne sommes donc pas encore face au comportement classique des chinois dont tout le monde parle … Des hauts parleurs diffusent infos et musique jusqu’à 22 h, heure à laquelle passent quelques petites musiques douces avant l’extinction de la musique et de la lumière ! Bonne nuit les petits !
Mardi 04 décembre 2001Arrivée à Xi'an à 6 h 45 du matin. Il fait nuit et il pleut. Nous sommes abordés par un rabatteur qui nous propose l’un des hôtels que nous avons sélectionné, le Shangde Binguan Hôtel à 200 mètres de la gare. Négocions une chambre au 2ème étage à 100 Y, en refusant auparavant les chambres dites économiques mais glauques. Repos réparateur jusqu’à la fin de matinée, puis nous filons vers l’Office du Tourisme acheter une carte et vers la gare réserver dès à présent nos billets pour Kunming dans le Yunnan, à 35 heures de trajet. Le Lonely indique un bureau au 1er étage pour les étrangers … mais il n’existe plus ! aucune indication en anglais pour nous guider … Nous pénétrons dans l’immense salle où des centaines de chinois font des queues interminables devant les guichets ouverts et fermés… Le brouhaha nous fait perdre un peu les pédales, personne ne comprenant le moindre mot d’anglais … nous faisons une première fois la queue et face à la lecture d’une traduction chinoise rédigée par l’Office du Tourisme pour l’achat de nos billets, la guichetière agite frénétiquement la tête, fait de grands gestes en nous inondant de paroles … et nous rend le papier ! Nous voilà bien avancés ! Nous tentons une deuxième approche, à un guichet à l’opposé de la salle, et après 30 minutes d’attente à surveiller que toute la salle ne nous passe pas devant (et priant tous les dieux de la terre que le guichetier nous donne une réponse favorable), nous voilà de nouveau refoulés ! Heureusement, un jeune couple parlant quelques mots d’anglais nous emmène à un bureau, à 300 m à l’extérieur de la gare, entre deux restos. Toujours sous la pluie. Nous n’aurions jamais trouvé sans eux. Eux aussi semblent avoir besoin de billets, qu’ils obtiennent. Nous, pour la troisième fois, nous sommes refoulés ! La jeune fille nous dit de repasser demain à 7 h 30 au même endroit. Nous repartons donc les mains vides. Prenons un bus pour nous rendre à une adresse communiquée par l’Office du Tourisme et le Lonely sur Jiefanglu près du Long Hai Hôtel. Personne à la réception ne parle l’anglais mais un chasseur, à la vue de notre papier, nous conduit à un petit bureau à l’angle de l’établissement. Une vieille femme chinoise nous rend presque instantanément le papier. Nous voilà au même point sans comprendre ce qui se passe. Cela fait près de trois heures que cela dure et les nerfs commencent à être en pelote … de laine. Nous partons nous réfugier devant un bœuf mitonné et un bol de riz, en guise de petit déjeuner et déjeuner, puis décidons de finir l’après-midi devant Internet pour nous remonter le moral. Le Lonely indique une adresse au 2ème étage de China Telecom sur Xidia Jie, près de la place de la Tour de la Cloche, Zhong Lou. Et comme une “bonne” nouvelle n’arrive jamais seule, un chinois nous répond qu’il n’y a plus d’Internet ici ! Heureusement, il nous écrit une autre adresse à 10 minutes à pied, le Movie Club. Arrivons dans une grande salle enfumée qui ressemble au Sparkice de Beijing. L’heure n’est facturée que 3 Y et nous restons 3 heures chacun à lire et répondre aux messages. Nous découvrons avec une grande joie notre beau site mis en ligne par Minou qui travaille dans l’ombre … Revenons près de l’hôtel en début de soirée, le moral en meilleure forme pour un dîner bouillon / riz ! Très diététique …
Mercredi 05 décembre 2001Réveil à 6 h 30, puis direction le bureau vu la veille. Nous arrivons devant la grille fermée à 7 h 10 (le bureau ouvre à 7 h 30) et il y a déjà beaucoup de monde qui commence à se serrer comme des sardines en s’agglutinant devant la vitre au rideau baissé. Cela promet ! A 7 h 30, un chinois tente d’ouvrir la porte et soulever la grille. Et là, nous nous retrouvons pressés comme des citrons et propulsés dans la pièce sans avoir posé le pied à terre ! Vive la foire d’empoigne de si bon matin ! Chacun pousse son voisin pour atteindre l’un des deux guichets. La scène ne dure qu’un dixième de seconde. Après une attente de 10 minutes et s’être “battus” pour garder sa place sans se faire doubler (Bruno à droite et Laurence à gauche les bras à l’horizontale), nous arrivons avec notre plus beau sourire devant la lucarne du guichet. La chinoise derrière la vitre ne daigne jeter qu’un coup d’œil sur le papier avant de tapoter sur son clavier… et de nous rendre le papier en prononçant de grandes phrases… Et voilà, ça recommence ! Nous changeons de date sur le papier, mais c’est toujours pareil. Un jeune chinois nous explique alors qu’il n’y a pas de billets. Il semble exister un marche parallèle qui revend les billets à prix d’or. Mais cela n’arrange pas nos affaires ! Nous décidons de jouer notre dernière carte. Partons pour le CITS, l’agence gouvernementale chinoise. Après avoir tournés en rond pour la localiser, une jeune chinoise parlant anglais nous accueille et nous explique que trouver des billets pour beaucoup de destinations au départ de Xi'an est une mission impossible. Seuls restent les sièges dits “assis dur”, pas franchement conseillés pour les longs trajets. Il reste les solutions suivantes : l’avion à plus de 1000 Y chacun ou reprendre un billet pour remonter à Beijing afin de redescendre … ou, la dernière solution, voyager en assis dur. Nous décidons, budget oblige, d’opter pour la troisième solution. Nous verrons sur place avec un éventuel contrôleur pour un sur classement en couchette dure. Nous repartons avec deux tickets en poche. Enfin … Petit déjeuner copieux dans un salon de thé chinois, puis prenons un bus pour la visite de Dayan Ta, la Grande Pagode aux Oies Sauvages. Elle fut construite en 652 à l’initiative du Moine Xuan Zang, grand moine bouddhiste qui rapporta de son voyage en Inde un grand nombre de livres qu’il traduisit en 1.335 volumes. Haute de 64 m, elle comporte sept étages auxquels nous accédons par un escalier intérieur. Du haut de la tour, nous avons une vue d’ensemble sur la ville. Malheureusement, il neige aujourd’hui et la visibilité n’est pas bonne. Nous visitons ensuite le Thankgiving Temple, complexe bouddhiste de 11.000 m2 construit en 1994 et ayant coûté près de 41 millions de Y. Il se compose de nombreux pavillons et temples, très beaux, dans le plus pur style chinois. Il comporte trois sections principales : le Bright Hall qui permet aux moines d’étudier et de se réunir, le Prajna Hall renfermant les textes bouddhistes traduits et le Enlightenment Hall renfermant un grand Bouddha. Le site dégage une grande sérénité, du fait également du peu de visiteurs (vu le temps !) Nous quittons le site toujours sous la neige pour rejoindre le quartier musulman. Repassons devant Zhong Lou, la tour de la cloche construite au XIVème siècle et rebâtie au XVIIIème siècle sous la dynastie Qing. Faite de brique et de bois, elle mesure près de 36 m de haut et ressemble à un grand pavillon. Arpentons les ruelles du quartier musulman qui a beaucoup de caractère, et qui change bien de tous ces nouveaux quartiers récemment construits et n’ayant aucun cachet. Les chinoises sont couvertes d’un foulard. Nous passons devant de nombreuses échoppes ou bouchers, petites gargotes, chaudronniers, qui s’affairent au milieu de la circulation des vélos, cyclo pousses et autres. Visitons un atelier d’art situé au fond d’un ensemble de vieilles bâtisses en rénovation. Repérons de belles esquisses dont un ensemble sur papier de riz et soie représentant les bambous aux quatre saisons. Déjeuner d’un plat de mouton dans un petit resto local, puis retour au chaud à l’hôtel après 10 heures dehors !
Jeudi 06 décembre 2001Avant dernière journée à Xi'an que nous consacrons à la visite de l’un des sites majeurs, l’Armée des Soldats de Terre Cuite dite Bingmayong. Xi'an, appelée autrefois Chang an, était le centre politique, culturel et économique de la province. Pendant plus de mille ans se sont succédés 12 dynasties dont les Zhou, les Qin, les Han et les Tang qui y avaient établi leur capitale. Ces dynasties puissantes représentaient la Chine prospère et Xi'an représentait le centre culturel d’Asie. Le site de Bingmayong se situe à 1 heure à l’est de Xi'an ; on y accède facilement en bus public (306) pour 5 Y. Le site a été découvert en 1974 par des paysans qui exhumèrent par hasard une tête de statue en creusant un puits. D’importantes recherches ont alors débuté et trois zones, dites fosses, sont mises à jour. Le conseil d’état approuve en 1975 la construction d’un musée de près de 16.000 m2 qui ouvre au public en 1979. Des documents historiques révèlent que ces fosses ont été creusées entre 221 et 209 av J-C sous les Qin. Ces travaux furent ordonnés par l’Empereur Ying Zheg appelé Shihuangdi. Le site fut construit sur l’emplacement de son tombeau couvrant près de 56 km². Nous arrivons à l’entrée de cet immense complexe. De nombreuses échoppes vendent des copies de soldats, des livres et autres babioles. Prenons la direction, après avoir payé un droit d’entrée de 65 Y chacun, de la fosse n° 1 qui couvre près de 2.000 m², sur laquelle a été construit comme un immense hangar fait de poutrelles métalliques pour la visite de cette incroyable découverte. Nous pénétrons dans le corps du bâtiment et découvrons une fosse de 210 m de long et d’une profondeur de 5 m, faite de cinq corridors anciennement recouverts de poutrellages en bois, où se tiennent plusieurs milliers de statues alignées, tournées face à nous, en formation rectangulaire. Le spectacle est saisissant. Nous avons l’impression que cette armée va se mettre en mouvement ! Tous ne sont pas vêtus de la même manière : les officiers portent une coiffe et une cuirasse de couleur, ce que ne portent pas les soldats. Tous portent barbe ou moustache, chaussures et ceintures. Chaque statue faite d’argile jaune et de quartzite blanc mesure de 1,80 m à près de 2 m et présente, quel que soit son rang et son âge, une physionomie particulière et bien réelle. Des archers, des soldats en armure, des chariots de bois malheureusement désintégrés, tirés par des chevaux plus vrais que nature, font face à l’est… Environ 40.000 pièces d’armes ont été retrouvées. Toutes les figurines étaient autrefois peintes mais les couleurs sont elles aussi passées… Certaines pièces ont été découvertes en morceaux (pillage, dégâts naturels …) et un long travail de restauration et de mesure a été entrepris depuis 1974 et est toujours d’actualité. Nous découvrons ensuite la deuxième fosse, en forme de Let couvrant près de 6.000 m². Quatre sections, découvertes en 1976, indépendantes, mais toutes reliées les unes aux autres, renferment près de 1.300 guerriers, plusieurs centaines de chevaux et chariots. Même sensation commune d’émerveillement. La troisième et dernière fosse couvre 500 m² et semble être le poste de commandement des guerriers des autres fosses. Elle comporte 68 guerriers, chevaux et chariots. Nous quittons ces trois fosses au réalisme étonnant pour la visite du musée et de la cinémathèque, afin de mieux comprendre cet incroyable ouvrage. Découvrons également deux chariots retrouvés en 1978 près du tombeau à plus d’un km de là, symbole de sa garde d’honneur. Partiellement détruits, ces chariots de près de 2.300 kg en or, argent, bronze et fer blanc, ont été remis en état pendant huit ans. Nous sommes admiratifs devant le travail des nombreuses équipes chinoises et étrangères qui continuent minutieusement recherches et remise en état de ce site considéré comme la huitième merveille du monde. Nous quittons le site transis de froid pour rejoindre Xi'an.
Vendredi 07 décembre 2001Dernière journée à Xi'an avant de prendre le train pour Kunming. Consacrons la fin de matinée et le début d’après-midi à la visite du Musée d’Histoire du Shaanxi. Cet imposant bâtiment fut ouvert en juin 1991 dans le pur style Tang. Il couvre près de 70.000 m2 et abrite 375.000 pièces : bronze, figurines en poterie, vaisselle … Il comprend diverses galeries présentant les collections dans l’ordre chronologique des dynasties. La première galerie retrace la période de la préhistoire : le paléolithique et le néolithique avec de nombreux fossiles et crânes découverts dans la région, des jarres et bol en poterie, ustensiles de cuisine, bijoux de jade et os … Présentation ensuite d’une collection de poterie, bronze, armes et instruments de musique de la dynastie Zhou. Vient ensuite la collection de jarres à masques de la dynastie Shang. Présentation de soldats de terre cuite, de monnaie, bronze et objets de rituel en jade de la dynastie Qin. Les galeries à l’étage retracent la dynastie des Han avec deux reproductions de Temple Impérial (Mingtang) et Collège Impérial (Piyang), construits sous le règne Yuanshi de l’Empereur Pingdi. Sont également présentés métier à tisser, pièces en jade, lampes en bronze, des façades de tombeaux datant des Wei et Jin. Nous finissons la visite par les périodes Song, Yuan, Ming et Qing. Cette visite nous permet de mieux approfondir nos connaissances et ce musée vient en complément des expos visitées à Beijing. Après midi, balade dans la ville avant de rejoindre la gare. Direction Kunming pour 35 heures de voyage. Il y a beaucoup de monde en ce début de soirée qui attend, comme nous, l’ouverture des portes de la salle d’embarquement. Chacun essaie de se frayer un chemin parmi les monticules de bagages. L’ambiance est bon enfant. La scène devient alors comique quand les contrôleurs apparaissent derrière les portes. La bousculade commence ! Nous, un sac devant, un sac derrière, en file indienne, fonçons dans le tas. C’est la pratique courante ici … Nous nous prenons au jeu, piquant des sprints pour atteindre notre wagon où nous avons de toute façon deux places assises réservées en assis dur. Le wagon ressemble à une foire d’empoigne. Nous devons négocier avec un chinois par gestes et cris dans le brouhaha et l’agitation pour caser nos sacs à dos. Le wagon est déjà bien enfumé et l’allée centrale bondée de sacs et de passagers sans résa. Pour couronner le tout, certains en viennent même aux mains pour entrer dans le wagon. Bref, cela change bien des couchettes douillettes et organisées du précédent voyage mais au moins, nous vivons une nouvelle expérience ! Nous restons 15 heures sur nos sièges, droits comme des I et enfumés comme des jambons de Bayonne, mais dans une ambiance toujours bon enfant. Nous ne pouvons même pas circuler dans l’allée sans chevaucher et marcher sur tout le monde. Bruno tente de faire 10 mètres, puis renonce au bout de 10 mn. La nuit est longue, bercée par la musique de la Septième Compagnie, diffusée par les hauts parleurs au départ du train (véridique !). Bruno tente, à 4 heures, puis à 8 heures, une approche auprès des contrôleurs pour obtenir deux couchettes. Le succès arrive le lendemain à 14 heures, grâce à l’aide des passagers chinois enclins à nous aider. Passons les 19 heures restantes comme des pachas sous notre couette, en compagnie de chinois sympathiques et prévenants, à manger des soupes déshydratées (on semble bien les faire rire et ils essaient de nous donner des conseils pour la préparation de la mixture). Avons acheté notre petit thermos à thé chinois et le remplissons comme tout le monde à la citerne d’eau chaude placée à l’entrée du wagon. Le thé est bien agréable, accompagné de nos cookies préférés !!!
Dimanche 09 décembre 2001Arrivée en milieu de matinée à Kunming, puis prise de deux lits en dortoir au Camellia Hôtel (Chahua Binguan) à 30 Y. Après-midi passé à chercher diverses agences de voyage pour deux billets éventuels pour HK et un poste Internet … que nous trouvons finalement à l’hôtel avec une heure gratuite ! La ville est tout aussi moderne que les précédentes, mais semble aérée, avec de larges avenues et plusieurs espaces verts. Les buildings de verre ont fait place aux petites maisons de briques.
Lundi 10 décembre 2001Réveil de bonne heure pour une journée visite de quelques sites. Prenons un bus public pour nous rendre devant l’hôtel Yunnan Fandian où nous prenons ensuite un minibus qui nous dépose au Temple des Bambous (Qiongzhu Si) à 30 mn de là. Ce site, construit au XIIème siècle sous la dynastie Tang, fut plusieurs fois détruit et reconstruit. Fait de divers pavillons entourant des jardins, il abrite de grandes statues de Bouddha aux couleurs vives, des fresques, des tablettes, ainsi qu’une étrange mais néanmoins impressionnante collection de 500 “luohan”, dits Arhats. Ce sont, dans le bouddhisme, des moines qui atteignent le nirvana au moment de leur mort. Chacune des sculptures d’argile représente un personnage différent, grandeur nature et très réaliste. Nous sommes les seuls visiteurs en ce milieu de matinée, mise à part la communauté vivant sur place, et il se dégage de ce lieu une grande sérénité. Les temples sont très bien entretenus et l’un d’eux est en pleine rénovation de son toit. Un seau nous frôle de peu et vient s’écraser à quelques mètres de nous ! Nous repartons du temple pour rejoindre le Musée de la province du Yunnan, malheureusement fermé ce lundi. Nous en profitons pour une balade dans le dédale des petites ruelles composées de vieilles maisons de bois et de brique, et de restaurants musulmans. Nous déjeunons de brochettes de viande et de riz, accompagnés de maïs, haricots, pommes de terre et autre assortiment. Le tout très bon, mais fort épicé ! Repos au soleil sur une grande place avant de rejoindre le Temple de Yuantong au nord de la ville. Ce site, considéré comme le plus grand centre bouddhique de la ville, est très fréquenté par les pèlerins venant brûler des cierges et prier. Construit sous la dynastie Tang, il s’appelait avant Putuala Temple. Après avoir été agrandi, il lui fut donné le nom actuel. Cet ensemble est composé d’une grande cour fleurie donnant sur un bassin, traversé de ponts de pierre conduisant au pavillon octogonal. Le temple situé à l’arrière du pavillon renferme une belle statue de Bouddha offerte par le roi de Thaïlande. L’endroit est très agréable et convivial. Nous rejoignons notre hôtel par une longue balade à pied en faisant une halte à la Bank of China remplir le porte monnaie. Soirée calme à l’hôtel et seconde nuit en dortoir, agitée du fait des allers-retours jusqu’à 3 h 30 du matin des autres occupants, à leurs moments perdus également ronfleurs… vive la vie en communauté !
Mardi 11 décembre 2001Réveil à 5 h 30 après peu d’heures de sommeil. Direction la gare routière située à deux pas de la gare ferroviaire d’où nous partons à 7 h 30 en minibus pour Dali, à 400 km à l’ouest de Kunming. Première heure de trajet passée à remplir les places vides du bus (une technique de rabattage consistant à attraper par le col tout passager éventuel dans la rue et de le jeter dans le bus avant qu’il ait le temps de réagir). Nous rions bien de la technique, pas des plus diplomates, mais efficace ! Trajet sans problème malgré un minibus bondé. Traversons par la voie express nouvellement construite, de beaux paysages de collines, cultures en terrasses et plans d’eau. Nous arrivons près de 5 heures plus tard dans la ville de Xiaguan, partie nouvelle de Dali. Sautons dans un bus local (le 4) pour rejoindre la vieille ville à 30 mn de là. Bonne partie de rigolade lorsqu’un groupe de vieilles femmes Bai, en habit traditionnel débarque dans le bus et nous pique nos places ! Nous arrivons dans la vieille ville bordant le lac Erhai Hu à 1.900 m d’altitude et entouré de la chaîne des Cang Shan (Mont de Jade) de près de 4.000 m. Les remparts entourent la vieille ville, constituée de maisons de pierre traditionnelles à étages, pour la plupart restaurées. Posons nos sacs dans l’une des Guest House de Huguo Lu, le Yu’an Yuan composé de bâtiments de bambous (on se croirait à Bali). Chambre agréable bien qu’un peu humide, mais on se régale d’avance des couvertures chauffantes ! Fin de journée consacrée à une balade dans les ruelles faites de boutiques diverses ; peu de touristes occidentaux en comparaison des chinois. Nous préférons cela. Un vendeur ambulant propose des poussins aux couleurs fluos (!) et rencontre un vif succès auprès des chinois … Goûter copieux au Yagudu Café situé face au Tibetan Café, de crêpes géantes au chocolat et de shakes à la banane (on rêve de laitage). Soirée Internet à la guest house (connections gratuite et temps illimité !) et dîner au resto de l’hôtel. Nuit calme comme deux pachas bien au chaud. Testons également pour la première fois les toilettes communes à la chinoise. Grand moment de convivialité !
Mercredi 12 décembre 2001Réveil en milieu de matinée et petit déjeuner au soleil sur la terrasse du restaurant. Enfourchons ensuite deux VTT pour une balade dans les environs; 2 h 30 à travers des chemins tracés dans les rizières, et visitons deux villages. Nous ne verrons malheureusement pas les pécheurs aux cormorans. Assistons sur le retour à une pêche miraculeuse au filet, dans un plan d’eau, de carpes d’élevage pesant près de 2 kg chacune. Repos réparateur au soleil puis repartons pour le Yagudu café pour un goûter de muesli aux fruits frais, bien reconstituant. Avons pris de bonnes couleurs au visage et ressemblons à deux écrevisses ! Le soleil est traître à cette altitude. Fin d’après-midi au calme devant la chaîne chinoise CCTV 9 à regarder les cours de chinois, de Kung Fu et de cuisine, avant un dîner dans notre café favori où il règne une bonne ambiance chinoise (bière, tables bien garnies et bruit).
Jeudi 13 décembre 2001Départ à 8 heures de Dali pour Kunming en minibus. Faisons la connaissance d’un jeune allemand et d’un anglo malais prénommé Victor. Arrivons à 13 h 30 à Kunming et celui-ci nous aide à trouver dans la foulée deux tickets de bus ; départ à 16 h 00 pour Nanning dans le Guangxi. Nous n’avons pas encore tenté les bus à couchettes chinois. Le trajet annoncé est de 17 heures… prenons le bus avec Victor qui, lui, continue après notre destination. Trouvons deux couchettes en hauteur, mais sommes pliés en deux (longueur maxi 1,50 m) et tentons de trouver le repos.
Vendredi 14 décembre 2001Le voyage ne dure pas 17 h, mais 24 heures, après deux arrêts pour des contrôles de police, fouilles et vérification des passeports en pleine nuit, puis des arrêts pour la réparation du bus. La route est très cahoteuse et continuellement en travaux. Arrive également en pleine nuit un flot impressionnant de passagers chargés de sacs de riz, valises et poules… Arrivée à 16 heures à Nanning, puis prise d’une chambre au Railway Hôtel, proche de la gare, à un prix exorbitant, mais sommes trop fatigués pour chercher autre chose. Partons nous renseigner ensuite pour deux billets de train Nanning / Hanoi, le train partant de Pékin et arrivant le lendemain à Nanning avant d’atteindre Hanoi le surlendemain. Malheureusement, il arrive une journée trop tôt par rapport à notre visa. Nous prendrons donc le bus que nous ne pouvons réserver que quelques jours à l’avance.
Samedi 15 décembre 2001Départ en début de matinée pour Guilin, à quatre heures de bus vers l'est. Prenons un bus Express coréen Daewoo, au confort bien agréable : larges sièges, service de boissons, viennoiseries et journaux, films CVD, ... de vrais pachas ! Nous arrivons à Guilin et reprenons aussi sec un minibus pour Yangshuo à une heure de là. La petite ville est entourée de hauts pics de calcaire et bordée par la rivière Li Jang. Le trajet est plus ou moins stressant : étant les malheureux témoins de deux pickpockets en pleine action. Nous surveillons nos poches et nos sacs. Bruno tente par des regards désapprobateurs de faire cesser l'un des deux chinois ... la barrière de la langue ne nous permet pas de faire quoi que ce soit auprès du conducteur, ce bus local étant rempli de chinois, et nous craignions également un peu pour notre sécurité ... Ils descendent dix minutes avant nous et nous sommes soulagés de ne pas devoir être confrontés à eux, ni suivis jusqu'à l'hôtel. Nous arrivons au Fawlty Tower Guest House. Le temps est humide et maussade. Petite balade en fin d'après-midi dans la rue principale de Xie Jie, bordée de boutiques pour occidentaux et touristes chinois. Yangshuo est l'une des villes de Chine, avec Dali, où il est conseillé de venir se reposer des longs transports chinois. Dîner très occidental (hamburger/frites !) au No Name Cafe. Mais nous préférons quand même les petits restaurants locaux chinois ...
Dimanche 16 décembre 2001Le temps est toujours aussi gris et froid. Petit déjeuner copieux au Planet Yangshuo puis balade dans les ruelles de la ville qui sont en travaux. Beaucoup des anciennes demeures ont été détruites pour laisser place à des bâtiments sans cachet, avec l'inévitable carrelage blanc sur les façades. Seule la rue commerçante de Xie Jie a gardé ses petites maisons en bois à étages. Nous passons un bon moment à flâner dans les échoppes dont celle d'un vieux chinois en tenue locale (casquette et veste matelassée à col mao, bleues). Nous dînons au 7th Heaven Cafe pour rencontrer Feng Ping, la guide qui nous accompagnera demain pour une découverte des environs. Nous apprécions à chaque repas la chaleur du chaudron alimenté en charbon que l'on nous place sous la table en guise de radiateur ! Nous rentrons à l'hôtel en longeant le marché de nuit, beaucoup moins touristique et plus authentique que celui de Beijing. Mais il fait tellement froid ! Le marché est constitué de petits vendeurs ambulants préparant à la minute soupes, brochettes, raviolis à la vapeur ... que l'on mange sur des petits tabourets en plastique ou en bois bas, presque à même le sol. Nous nous réservons un dîner ici quand le temps sera un peu plus clément.
Lundi 17 décembre 2001Départ en milieu de matinée en compagnie de Feng Ping pour une journée découverte des villages et paysages environnants. La région est constituée de centaines de pics de calcaire d'environ une centaine de mètres, vestiges de fonds marins de plusieurs millions d'années. Tous sont recouverts d'une végétation abondante et les chinois viennent y ramasser des plantes médicinales. Nous traversons pendant plus de trois heures rizières et parcelles des maraîchers, villages et rivières. Sur le chemin, notre guide parlant parfaitement anglais, nous explique la culture du riz et son repiquage, les variétés des nombreux légumes dont certains servent exclusivement à la nourriture des animaux (bovin et poisson d'élevage). Nous apprenons également à reconnaître les différentes espèces de bambous et canne à sucre. Nous traversons des vergers de pamplemousse géants de la taille d'une pastèque, mandariniers et arbustes "piments". Peu de travail dans les champs à cette période, si ce n'est le gardiennage des buffles et vaches mis en pâture dans les rizières en friche. Les paysans profitent de cette saison froide pour construire ou rénover les habitations. Nous apprécions le fait d'être seuls et nous nous rendons compte que la présence d'un guide est indispensable pour ne pas se perdre ! Déjeuner copieux dans la maison familiale de Feng Ping qui nous prépare un excellent Hot Pot pour lequel nous donnons un petit coup de main. Le Hot Pot est un plat traditionnel chinois servi dans un grand wok fumant : légumes verts, tofu, champignons, viande de porc, ail, gingembre cuisent dans un bouillon. Le wok est ensuite placé au centre de la petite table basse installée dans la cuisine très rudimentaire. Toujours assis sur des petits tabourets en bois, le chien de la maison à nos cotés surveillant la moindre miette qui pourrait tomber. Chacun se sert dans son bol à l'aide de ses baguettes en ayant pris soin de remplir avant son bol de riz gluant. On se ressert autant de fois que l'on veut mais pas question de piquer directement les morceaux dans le wok pour les porter à la bouche. Nous reprenons notre marche également de trois heures pour rejoindre tranquillement Yangshuo, croisant de nombreux enfants revenant de l'école tout sourire, et nous lançant de grands hello. Nous arrivons à hôtel couverts de boue mais ravis de cette journée. Dîner au chaud au Planet Yangshuo, devant Tomb Raider !
Mardi 18 décembre 2001Le temps est toujours aussi maussade ! Départ sous la grisaille pour une découverte de la rivière et de la vallée en bateau. Nous rejoignons le village de Xingping à une heure de route en bus. Balade de 2h30 sur un bateau à fond plat, serpentant au milieu des pics, sous les explications en chinois d'autres passagers à la recherche (sans succès) des formes animales et humaines. Nous nous réchauffons régulièrement à l'intérieur du bateau autour d'un chaudron en mangeant des pomelos. Croisons quelques pêcheurs récoltant grâce à de longues pinces en bambou des algues. Le paysage est superbe malgré le froid et la grisaille. Retour à Yangshuo en bus local en compagnie des fermiers locaux, pour une bonne douche chaude. Fin de soirée autour d'un bon thé au jasmin au "Le Votre Restaurant" monté par un jeune français, Christophe, passionné d'art chinois. Tombé amoureux de la région il y a 8 ans, il a réussi à avoir il y a deux ans, à force d'acharnement, la concession d'un ancien temple partiellement détruit du XVIIIème siècle et a entrepris sa restauration complète dans le style de l'époque Ming. Il l'exploite à présent en proposant une cuisine sino française aux touristes chinois et occidentaux : à coté des nouilles et autres plats chinois, figurent salade niçoise, saucisson, baguette et pastis ...! Le lieu est superbe. Malgré les volumes importants de la salle (c'est rien de le dire !), sa construction en bois et le raffinement du mobilier chiné en ... Chine en font un endroit chaleureux et intime. Nous discutons longuement avec Christophe (28 ans) et son frère jumeau, Luc qui l'a rejoint il y a 9 mois, tous deux au passé voyageur (légion en Afrique, voyages en Asie ...), et apprenons beaucoup sur les difficultés d'un tel projet dans ce pays. Ils rencontrent malgré tout le succès et construisent même un hôtel de 30 chambres dans le même style derrière le restaurant et devant la montagne ... qui selon les croyances chinoises protége le lieu.
Mercredi 19 décembre 2001Petit passage à la Bank of China puis balade dans les jardins à flanc de montagne donnant sur la rivière. Des caractères chinois décrivant des poèmes sont sculptés dans la roche. Un temple de Bouddha domine la vallée. De nombreux bonsaïs, bambous et banians centenaires ornent le parc. L'endroit désert est très reposant. Nous apercevons depuis les hauteurs les maisons flottantes des pêcheurs, revenant de la pêche au cormoran sur leur petite embarcation de bambou. Nous remontons vers le centre de Yangshuo en traversant le marché local ou les paysans chinois vendent à même le sol légumes et fruits ; les pêcheurs proposent poissons chats, carpes, écrevisses et anguilles en les maintenant vivants dans des bacs oxygénés. On y trouve également des étals de viande et de poules vivantes, découpées à la minute ! Fin de la balade en passant par les échoppes des artisans : tailleur, cordonnier, tanneur ... Dîner au restaurant de Luc et Christophe, de plats italiens et chinois ! On se garde les plats français pour le réveillon de Noël que nous décidons de venir passer ici. Sommes ravis de notre découverte faite après plusieurs jours de recherche : un vieux boulier chinois ! Vu son état, il semble avoir bien vécu, mais c'est ce qui nous plait. Nous achetons également deux "parchemins" peints : l'un représente des bambous, symbole de longévité, l'autre la calligraphie chinoise.
Jeudi 20 décembre 2001Direction, en ce début de matinée, le restaurant de Luc et Christophe où nous retrouvons David, un guide chinois conseillé par les deux frères. Une demie journée de balade dans les environs en compagnie de deux suisses rencontrées deux jours auparavant, Anne Marie vivant à Genève et sa fille travaillant à NYC. Le trajet est prévu en minibus (nous donnons dans le luxe aujourd'hui). Le temps est comme d'habitude, exécrable. Nous nous rendons dans le village de Jiu Xan à 10 km de Yangshuo. Un hameau au milieu des rizières qui a conservé quelques maisons traditionnelles de l'époque Ming. Nous visitons trois maisons à l'architecture exceptionnelle, bien qu'en mauvais état. Elles sont du même style que le restaurant des deux frères. Les familles vivent dans une pièce commune sans fenêtre ni porte, ouverte sur un bassin intérieur. C'est le jour prévu pour tuer le cochon et nous assistons aux préparatifs de découpage et de cuisson. L'une des familles nous propose de rester déjeuner mais nous déclinons (à regret) leur invitation, n'étant pas seuls. Il semblerait que l'Unesco soit sur un projet de rénovation de ce patrimoine. Nous découvrons en sortant, deux stèles érigées en remerciement par un ancien habitant du village devenu un haut officier du pays. Nous quittons ce lieu plein de charme et cette famille chaleureuse pour une balade près du pont du dragon, datant également de la dynastie Ming. Quelques bateaux de bambou et filets de pêche sèchent sur la berge. Nous déjeunons à quelques mètres de là, dans un petit local où se restaurent plusieurs familles du village d'une bonne soupe de nouilles maison qui nous réchauffe bien. Ambiance authentique. Seule la barrière de la langue nous empêche d'avoir plus de contact. David nous emmène ensuite voir une école primaire durant la recréation de midi. Des dizaines d'enfants curieux et rieurs nous entourent. Certains nous donnent des marrons, d'autres les lancent ... Retour sur Yangshuo pour un après-midi de lecture au chaud, sous la couette (la chambre n'est pas chauffée). Dîner au marché de nuit avec brochettes de viande succulentes et soupes de nouilles. Un petit festin comme nous les aimons. Le temps s'est radouci nous permettant de grignoter dehors.
Vendredi 21 décembre 2001Départ de Yangshuo en début de matinée. Nous laissons nos gros sacs à hôtel en consigne où nous reviendrons le 24. Partons avec deux petits sacs direction Guilin puis Longcheng à deux heures de route de Guilin. Voyageons dans un premier bus avec des poules et une vingtaine de cartons de fruits, puis un second bus beaucoup plus confortable. A notre arrivée à Longcheng, nous montons dans un troisième bus local en compagnie des cochons sur le toit et des locaux revenant du marché chargés de sacs de nourriture et de paquets volumineux. Le bus bondé ressemble à une vraie caverne d'Ali Baba ! Notre destination finale est un petit village, Ping An situé au pied des rizières. Notre première surprise est de voir débarquer dans le bus une chinoise nous demandant de payer deux droits d'entrée à la zone de 30 Y chacun ! Comment racketter les étrangers ... La seconde surprise vient lorsque le bus nous arrête à entrée d'un village, nous indiquant que nous sommes arrivés. Mais nous n'apercevons aucun panneau en anglais indiquant la moindre guest house ou restaurant. Plusieurs femmes d'une minorité ethnique, Yao, nous tournent autour, voulant nous vendre un circuit dans les rizières. A nos nombreuses demandes concernant la direction à prendre pour atteindre le fameux village où nous ne semblons franchement pas être, personne ne veut nous répondre, nous indiquant de suivre et de payer les femmes. Nous cédons finalement, quelque peu perdus et énervés de tourner en rond. Notre plan nous indique que le village est en hauteur. Elles nous conduisent par un chemin de marches en pierre escarpé à travers la montagne, dissimulé derrière une petite maison. Nous n'aurions jamais deviné que c'était le bon ... La montée, quelque peu rude le ventre vide, dure une heure. Nous traversons une jolie forêt et de nombreuses rizières en terrasse. Nous arrivons finalement en haut de la colline où nous découvrons ... une route goudronnée et un poste de contrôle des billets. Un panneau indique les horaires d'un bus quittant à trois reprises Longcheng pour monter directement ici. Nous réalisons que notre bus n'était pas le bon. Nous atteignons enfin l'entrée du village qui a beaucoup de charme, fait de maisons à étages tout en bois. Trouvons une chambre au Li Qing Guest House, dans le nouveau bâtiment donnant sur la vallée. Début de soirée autour d'un bon Hot Pot en compagnie de trois jeunes sud africains, installés dans la pièce commune et chauffée par l'inévitable chaudron au charbon. Notre petit groupe de cinq est ensuite rejoint par un groupe de chinois de Shanghai. Bruno entame une partie d'échec avec l'un d'eux, le tout arrosé au vin de riz ... L'ambiance, malgré le froid glacial de la pièce, est conviviale et bon enfant. Nous partons rejoindre, après une bonne douche chaude chauffée à la bouteille de gaz (...), notre chambre glacée où il doit faire un petit zéro. Ca nous rappelle le Népal !
Samedi 22 décembre 2001Réveil vers 8h30, après une nuit bien froide et s'être rendormis après le départ agité du groupe de chinois (toutes les pièces de cette bâtisse en bois ne sont pas du tout insonorisées, et les chinois ne sont pas les champions de la discrétion ). Petit déjeuner en tête à tête, l'hôtel étant vide de ses occupants (les sud africains sont également partis), d'une soupe de nouilles et de pancakes à la banane. Partons en fin de matinée pour une balade à travers les rizières. Nous atteignons un premier point de vue offrant un panorama superbe sur la vallée Les Longji Titian qui couvrent près de 66 km² et atteint une altitude de 880 mètres. Ces rizières en terrasses ont été entreprises de la dynastie Yuan jusqu'à la dynastie Qing. Elles prennent un aspect différent à chaque saison. Nous continuons notre balade durant près de deux heures par les petits chemins de pierre. Il fait un temps superbe et nous apprécions grandement de pouvoir nous asseoir au bord des rizières pour un bain de soleil. Rejoignons le village puis l'hôtel... que nous trouvons porte close. Partons demander la clé à l'ancien bâtiment situé plus bas dans la vallée, puis passons la fin de l'après-midi à jouer aux échecs. Pas l'ombre d'un chat ni d'un chinois à l'horizon ! La faim commence à nous tirailler le ventre et heureusement une des jeunes chinoises vue la veille arrive à ce moment. Elle nous indique de nous rendre à l'ancien bâtiment si nous voulons dîner. Nous y trouvons un groupe d'environ une vingtaine de chinois assis devant des grillades et des pommes de terre (toujours cuites dans le chaudron). Nous préférons nous régaler de deux soupes de nouilles à la vapeur suivies de deux assiettes de nouilles frites au porc. Avons assisté au cours de l'après-midi, non sans rire, à un rude combat entre un paysan et son cochon, le premier tentant de conduire le second par un chemin de pierre de la maison dans la vallée plus bas. L'histoire s'est terminée ainsi : le cochon ne voulant pas descendre de son plein gré et poussant de grands cris, il s'est retrouvé attaché par la queue et traîné de marche en marche sur le ventre, museau au sol, par le paysan triomphant. Nous pensons sincèrement que la viande de notre dîner, comme les grillades de porc du groupe de chinois (en témoigne les pièces de la bête qui jonchent le sol de la cuisine), sont le résultat de l'affrontement avec le cochon cet après-midi. Une pensée pour le cochon que nous aimions bien ... Nous repartons à la lumière de notre torche dans notre hôtel désert de ses clients et propriétaires, pour une soirée lecture, emmitouflés sous trois couettes chacun !
Dimanche 23 décembre 2001Départ de la Guest House en début de matinée pour Yangshuo (avec le fameux bus que nous avions manqué à l'aller) via Longcheng et Guilin. Six heures de trajet pour arriver au Fawlty Tower en fin d'après-midi.
Lundi 24 décembre 2001Nous voici à la veille de Noël ! Mais ici, il fait un temps superbe et une température de 20 degrés. Cela ne ressemble pas trop au climat que nous avons habituellement en France à cette date. Nous quittons la chambre vers 12h00 pour un petit déjeuner en terrasse au soleil. Nous confirmons également à Christophe du " Le Votre Restaurant " notre réservation pour le dîner de ce soir. Petite séance Internet avant de rejoindre le parc de la ville pour une balade tranquille au soleil. Nous grimpons au sommet de l'un des pics de calcaire surmonté d'une pagode pour avoir une vue d'ensemble ... qui s'avère, de par ses constructions modernes, encore plus laide que vue du plancher des vaches ! Nous assistons également à une partie de croquet donnée par un groupe de vieux chinois. Passons un agréable moment en tant que spectateurs, même si nous ne comprenons franchement pas toutes les règles appliquées ! Retour à la chambre pour enfiler nos "habits de lumière" (ne rions pas, s'il vous plait !) pour le réveillon : pantalon treillis, polartec (il fait frisquet le soir) et chaussures de marche ! Le vrai chic parisien. Passons une agréable soirée au restaurant aux trois quart plein d'un bon menu bien de chez nous avec quelques petites variantes locales. Filet de poisson cru, gratin d'escargots, tagliatelles aux fruits de mer, dinde importée des USA et légumes croquants, assiette de fromages français et dessert à la carte. Le tout accompagné de baguette fraîche (s'il vous plait !) et arrosé à la Happy Beer chinoise. Un vrai festin ! Les deux frères nous offrent le thé avec deux barres chocolatées Côte d'Or aux noisettes. Un vrai délice pour nos papilles. Dehors, la fête bat son plein dans la rue de Xie Jie : feu d'artifice, musique ... les chinois ne célébrant pourtant pas Noël, portent tous des bonnets rouges ! Nous regagnons vers 23 h00 nos pénates. Papa Noël passera cette nuit pour déposer dans nos souliers, deux tampons en pierre avec nos prénoms en chinois ... notre véritable cadeau étant ce beau voyage que nous vivons et apprécions un peu plus chaque jour.
Mardi 25 décembre 2001Pas le temps de profiter d'une grasse matinée. Nous repartons pour l'avant dernière étape avant de rejoindre la frontière sino vietnamienne. Direction Nanning via Guilin, où nous arrivons en fin d'après-midi. Nous étions déjà passés une fois à Nanning, sur la route entre Dali et Yangshuo. La ville est en travaux ! Plusieurs artères sont bouchées, ce qui permet une meilleure circulation piétonnière. Mais le quartier semble tout droit sorti d'un bombardement. Nous réservons une chambre dans une grande bâtisse à l'architecture soviétique, avec douches communes. Petit dîner avec la population locale dans une cantine toute proche.
Mercredi 26 décembre 2001Nous voici à la dernière étape de notre séjour en Chine. Direction la ville de Pinxiang à 10 km de la frontière. Que ce mois a été riche en découvertes ! Nous arrivons cinq heures plus tard, dans une ville dépourvue de charme. Premier échec de réservation de chambre lorsque nous nous rendons dans un hôtel recommandé par le Lonely qui nous indique une chambre à 120 Y ... qui avère être en fait à 380 Y ! Ils nous prennent pour des américains ou quoi ! Partons en moto taxi à la recherche de la seconde (et dernière) adresse recommandée près de la gare : une "pension de l'amitié" que nous ne trouverons jamais. Nous atterrissons finalement dans un hôtel lugubre chinois à 80 Y la nuit (hors de prix). Aucune indication en anglais nous indiquant que les étrangers sont acceptés dans cet établissement, nous évitant ainsi de nous faire virer en pleine nuit par le BSP (bureau de la sécurité publique), sous prétexte que c'est un endroit fermé aux aliens ... mais nous aimons le risque et surtout n'avons nulle part où aller. Déjeuner dans une échoppe sur le trottoir, puis fin d'après-midi cloîtrés dans notre chambre (de peur de se faire voler les sacs) à jouer aux échecs et à regarder des matchs de boxe ! Nuit agitée de par le passage incessant des camions sous notre fenêtre qui se rendent au poste frontière. Nous aurions pu rêver mieux pour une dernière nuit en Chine ....
Jeudi 27 décembre 2001Nous sautons dans une moto taxi à 7 heures du matin qui nous conduit à la frontière à 10 km de là. Avons quelques craintes sur le passage (réputé long) des postes frontières, dû à une fouille minutieuse des bagages.
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Infos et adresses récoltées |
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©2001 Laurence & Bruno Morel