![]() Carnet de route du Cambodge |
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Principales villes visitées :
Dimanche 20 janvier 2002Arrivée à Phnom Penh en milieu d'après-midi par voie fluviale depuis le Vietnam. Dans cette partie du Mékong, les paysages sont toujours aussi passionnants à observer : maisons flottantes ou sur pilotis, bateaux et jonques, rizières ... Nous montons sur deux motos taxis qui nous conduisent au Royal Guest House. L'équilibre est instable à cause de nos sacs encombrants. Phnom Penh apparaît au premier abord comme une ville aérée, dotée d'une longue promenade bordée de palmiers le long du Mékong, de bâtiments coloniaux, souvent en parfait état, occupés par les ambassades ou les ONG, ainsi que de très beaux monuments khmers. Le centre ville a beaucoup de routes non goudronnées. Nous retrouvons ici un nombre important de cyclo et scooters, mais également de grosses berlines ou 4x4, ces derniers souvent avec le sigle des ONG. Nuit passée dans la chaleur et sans air car nous devons prendre une chambre "cellule" peu accueillante, les hôtels étant complets.
Lundi 21 janvier 2002Nous quittons l'hôtel en fin de matinée pour changer de l'argent. Recherche d'une banque jamais trouvée et change effectué chez Mr Ly Hour, derrière le marché central. Prenons pour cela une moto taxi nous permettant de découvrir d'autres parties de la ville et venant confirmer notre impression de la veille. Déjeuner bien agréable le long du quai où nous découvrons la cuisine cambodgienne, plus raffinée que celle du Vietnam et se rapprochant de la cuisine thaïlandaise (en moins épicée). Pause Internet (connexion très rapide) puis nous partons visiter l'un des joyaux de la capitale, le Palais Royal. Il se dresse sur le site de l'ancienne citadelle datant de 1813. Le palais regroupe un ensemble de pavillons, tombeaux et sanctuaires. Les pavillons sont surmontés d'un toit à plusieurs paliers en forme de flèche, symbole de prospérité. Beaucoup de dorures, de représentations de divinités sont également visibles sur ces toits somptueux. Autrefois en bois et brique, tous ces pavillons ont été reconstruits dans le respect du style initial. Nous pénétrons dans une première cour où se trouve un immense et superbe pavillon, la Salle du Trône. Cette salle, initialement en bois fut construite en ciment au début du XXème siècle. Un grand nombre de ses objets furent détruits par les Khmers rouges. Malgré tout, la salle est superbe, grâce à la mise en valeur des tapis, lustres de cristal, trône en or, fauteuils, peintures et fresques au plafond et au mur. Nous en ressortons pour visiter le pavillon Napoléon III, offert par ce dernier et rénové en 1991 par une équipe franchisée. Y sont exposés costumes, tableaux et portraits de la famille royale. Le style du bâtiment avec ses rambardes en fer forgé et ses vitraux dénotent un peu dans ce complexe à la très belle architecture khmère. Nous nous dirigeons ensuite dans la seconde cour intérieure où se trouve la Pagode d'Argent. Cette pagode à la particularité, outre son sol pavé de plus de 5.000 dalles d'argent, d'abriter un bouddha de plus de 90 kg en or massif, incrusté de plus de 2.000 pierres précieuses dont le plus gros diamant est de 25 carats. Derrière le bouddha en or, se dresse sur un trône également en or, un bouddha en cristal de Baccarat. Sont exposés également une multitude de cadeaux faits au roi, dont une bonne centaine de petits bouddhas, masques de danse ... Cette pagode date du XIXème siècle et seul son contenu a été détruit à 60 % par le régime de Pol Pot. Nous faisons le tour des jardins luxuriants et fleuris, en empruntant des corridors ornés de fresques, scènes de vie et parades royales. Terminons la visite par la découverte d'autres pavillons et sanctuaires en parfait état. Soirée calme avant le départ demain pour Siem Reap.
Mardi 22 janvier 2002Nous quittons de bonne heure Phnom Penh en minibus, direction le nord ouest, Siem Reap pour un trajet de 10 heures environ. La première partie du trajet se fait entre occidentaux bientôt rejoints par les Cambodgiens pris en stop sur la route. Nous traversons des rizières où les paysans récoltent déjà le riz. Ici, pas d'espaliers car le paysage est on ne peut plus plat. Des plans d'eau sont répartis de part et d'autre de la route où nous apercevons des fleurs de lotus. La végétation disparaît peu à peu et une terre rouge et sèche fait son apparition. Nous découvrons également des maisons khmères sur pilotis, certaines aux murs et au toit de chaume comportant plusieurs pièces et dont seuls les volets sont peints en bleu, certainement pour repousser les insectes. Nous croisons plusieurs véhicules 4x4 d'ONG ainsi que des centres de déminage et médicaux. Inauguration en grandes pompes d'un pont en béton, financé par des japonais. Ce pont marque pour nous la fin du confort et le début de la piste servant de route nationale que nous quittons après 7 heures de trampoline, dans la chaleur et les nuages de poussière. Nous sommes malgré tout bien contents d'être dans ce bus car beaucoup de cambodgiens s'entassent avec sacs et vélos à l'arrière de pick up bondés ; ils ressemblent à des touaregs avec leur foulard et leurs lunettes, indispensables pour se protéger de la poussière et de la chaleur suffocante. Nous avons échappé à ce type de transport qui était, il y a encore peu de temps, le seul moyen de liaison entre les villes du pays, en dehors du bateau bien plus cher. Arrivée à Siem Reap et prise d'une chambre au Winter Guest House, le premier hôtel où nous arrête le bus. Un peu à l'écart du centre, mais le prix de USD 4 finit de nous convaincre. Douche froide bienvenue car nous sommes quand même couverts de poussière de la tête aux pieds, puis petit dîner et dodo réparateur. Nous réservons deux motos pour le circuit prévu sur le site de Angkor le lendemain.
Mercredi 23 janvier 2002Réveil à 5h00, il fait encore nuit. Nous souhaitons voir le lever du soleil sur Angkor Vat, l'un des principaux temples de Angkor. Prenons deux motos et filons en direction du nord, à 6 km de Siem Reap. Le gouvernement n'autorise plus les étrangers à circuler seuls en moto (en théorie : car nous en croisons quand même certains). C'est pourquoi nous devons nous faire accompagner tout au long de la journée par deux locaux. Achetons nos pass, valables trois jours, à USD 40 pièce à l'entrée. Puis nous nous dirigeons vers Angkor Vat, le plus grand et le mieux conservé des monuments. Nous sommes saisis par la grandeur de ce temple, si serein malgré la présence de nombreux visiteurs. Le temple orienté vers l'ouest est entouré de larges douves. Nous pénétrons par une large porte richement décorée. Après avoir assistés au lever du soleil, nous faisons le tour à pied de l'imposant édifice ; balade très calme car nous sommes seuls. Les autres visiteurs sont déjà repartis pour la visite des autres temples. Nous faisons la connaissance d'une petite communauté bouddhiste d'une trentaine de personnes et nous sommes invités à écouter les enfants apprenant la musique traditionnelle : xylophone, percussion et cymbale. Nous consacrons ensuite près de trois heures à la vite du temple. Angkor Vat couvre près de 200 ha et fut construit entre 1100 et 1175 sous le règne de Suruyavarman II. Il représente l'univers en miniature. Sa structure est composée d'une allée centrale bordée de bassins et encadrée de balustrades en pierre représentant des "naga" (cobra mythique à plusieurs têtes abritant le bouddha). Cette allée mène au corps principal du temple composé de cinq gopuras (pavillon d'entrée) reliés entre eux par des galeries. Quatre aux points cardinaux et le cinquième au centre. Le temple central se compose d'une structure à trois étages de la même configuration : des bassins (représentant les océans) encadrent une succession de couloirs et galeries. De nombreuses sculptures d'Apsara (nymphe du paradis) et autres divinités ornent les murs, dévoilant également de nombreux bas reliefs illustrant des scènes mythiques ou scènes de vie. Nous atteignons le haut de la tour centrale, symbolisant le Mont Meru (centre de l'univers), par un escalier de pierre aux marches très étroites et doté d'une pente à près de 70 degrés ! Il ne faut pas être sujet au vertige ... Ce lieu est d'une beauté à couper le souffle et l'œil ne sait où se poser tellement les ornementations de ce temple funéraire sont nombreuses. L'édifice fut construit dans le but de recueillir les cendres du roi, en l'honneur de Vishnu, divinité protectrice à laquelle le souverain s'identifiait. Angkor Vat, fait de grès, fut dégagé en 1908 de la jungle. Commencèrent alors les travaux de restauration ; plusieurs équipes internationales avec une participation plus active des équipes françaises entreprirent tout au long du XXème siècle les différentes rénovations du site. A 10 minutes en moto, plus à l'est, nous découvrons le Prasat Kravan, édifié en 921. L'édifice, restauré en 1958, se compose de cinq tours en brique dont la particularité est d'abriter des sculptures à l'intérieur des sanctuaires. La tour centrale, la plus haute, renferme un Vishnu à huit bras. A sa gauche, la même divinité faisant des pas de géant pour s'approprier le monde (il faut un tant soit peu d'imagination). La troisième statue, à droite, représente Vishnu chevauchant Garuda (créature mi-homme mi-oiseau). Les cinq tours, alignées du nord au sud en direction de l'est, sont gardées par des lions. Nous poursuivons par la découverte du Banteay Kdei, imposant temple bouddhiste datant du XIIème siècle sous le règne de Jayavarman VII. Un long couloir mène à la tour centrale, encadrée comme souvent de quatre tours aux points cardinaux. De nombreuses représentations sont sculptées dans le grès : devata (divinité féminine) ... Mais le site est plus ou moins bien conservé, de nombreuses poutres s'étant écroulées, la végétation abondante ayant été en partie enlevée lors de la découverte. Nous faisons ensuite une petite pause au bord du Sras Srang, large bassin royal datant de la même époque et servant aux ablutions. Il fait déjà bien chaud et l'ombre se fait rare ! Revenons vers les motos puis nous prenons la direction du Ta Prohm datant du XIIème siècle. Ce grand complexe, enseveli sous la jungle ne fut volontairement pas restauré comme les autres monuments afin de donner aux visiteurs les mêmes sentiments de découverte et d'émerveillement qui furent jadis les sentiments des premiers explorateurs. Nous nous promenons à travers les couloirs ; de nombreux blocs de pierre jonchent le sol ayant subi les dommages du temps et l'envahissement de la végétation. La mauvaise qualité du grès n'a en outre rien arrangée. Nous nous y attardons un bon moment, profitant de la sensation d'être dans un lieu vierge de toute modernité, prenant plaisir à explorer les galeries et couloirs, et découvrant des statues entières ou brisées, bas reliefs, comme laissés à l'abandon. Ta Prohm se caractérise des autres temples par sa construction de plein pied sans étagement ; la seule élévation étant symbolisée par l'émergence des tours. Nous nous assoupissons un bon moment après cette visite à l'ombre des arbres, écrasés par la chaleur. Petite pause déjeuner puis nous prenons la direction du Takeo construit au Xème siècle et dédié à Shiva. C'est le premier monument construit en grès, mais resté inachevé sans aucun motif de sculpture, du très certainement à la disparition du roi fondateur. Sa forme est de type pyramidale avec une tour centrale située à plus de 50 m de haut, encadrée de quatre tours moins hautes. Nous y accédons par un escalier, là encore très raide. Nous découvrons ensuite le Chau Say Tevoda, à la porte est de Angkor Thom, construit au XIIème siècle. Ce temple, dédié à Shiva et Vishnu, se compose de deux gopuras de petites dimensions précédés par une longue allée centrale en pierre. On y trouve également des bibliothèques et un sanctuaire. Le site est en rénovation par une équipe chinoise et sont exposés schémas et photos nous permettant d'évaluer les restaurations entreprises. Nous décidons, en fin d'après-midi, d'observer le coucher du soleil en haut de Phnom Bakheng, temple montagne construit au IXème siècle. Nous y accédons en gravissant une colline quelque peu escarpée (qui peut se faire à dos d'éléphant par un autre sentier) et nous accédons au quinconce de sanctuaires couronnant l'étage supérieur de la pyramide. Malheureusement, nous redescendons très rapidement sans attendre la fin du coucher du soleil car le spectacle est un peu gâché par les hordes de touristes bruyants et indisciplinés.
Jeudi 24 janvier 2002Réveil une demi-heure plus tard que la veille ... cela ressemble presque à une grasse matinée ! Nous filons rejoindre, sur nos superbes motos, le site de Baksei Chamkrong pour assister au lever du soleil. Cette fois seuls car tout le monde est sur Angkor Vat. Cet édifice tout en brique est constitué de quatre escaliers raides (à croire qu'ils étaient alpinistes !) menant à la tour centrale. L'endroit est d'un calme absolu, il ne fait pas trop chaud. Le bonheur ... Nous nous rendons ensuite sur le grand site de Angkor Thom, la cité fortifiée au nord de Angkor Vat, faisant plus de 10 km². Nous pénétrons par la porte sud, haute de 20 m, décorée de trompes d'éléphants et de visages de Bodhisattva. Devant la porte, se dresse le long de la chaussée 54 statues de part et d'autre de la route : dieux et démons illustrant la légende du barattage de l'océan de lait. Les statues retiennent un énorme naga à neuf têtes. L'ensemble est impressionnant par la taille gigantesque des statues et l'expression terrible des visages. Cette porte nous mène à l'un des bâtiments principaux de Angkor Thom, le Bayon, construit au XIIIème siècle sous Jayavarman VII. La première impression, vue de l'extérieur, est qu'il apparaît comme un entassement de pierres avec des confusions de plans d'où jaillissent plus de cinquante tours imposantes à visages, donnant une impression d'escalade. Il faut pénétrer à l'intérieur de l'édifice pour en comprendre la complexité architecturale. Galeries et couloirs, escaliers escarpés mènent aux différents niveaux. Nous découvrons alors de plus près ces nombreux sanctuaires dont les quatre visages au sourire figé, tournés vers les points cardinaux, semblent surveiller les 54 provinces du pays. La tour centrale, de plus de 3 m de haut, de forme ovale (ce qui est rare) et située au 3ème étage de l'édifice, abrite un bouddha. Les murs sont ornés de sculptures de devata, de garudas ... Les structures de la base sont constituées de bas reliefs représentant des scènes de vie (visibles de l'extérieur par la population) alors que les scènes mythiques ornent les enceintes intérieures. Près de 11.000 personnages y sont sculptés. Nous y passons plusieurs heures à découvrir la vie des khmers à cette époque : scènes de vie royale, guerrière, religieuse. Nous partons ensuite en direction du Baphyon alors en rénovation par des équipes françaises. le chantier semble gigantesque. Cette représentation pyramidale du Mont Meru date du XIème siècle. Elle apparaît en très mauvais état, dû à une mauvaise stabilité des soubassements ayant endommagé l'édifice, accentué par la végétation qui a envahi le temple avant que celui ne soit découvert. Les équipes ont du démonter de grandes parties du temple afin de construire une structure en béton destinée à contenir les mouvements de terrain puis la réhabillant des pierres d'origine préalablement numérotées. Un vrai travail de fourmi entrepris depuis 1995 par l'École Française d'Extrême Orient. En faisant le tour du temple par l'extérieur, le chantier étant interdit au public, nous distinguons la tête d'un bouddha couché, de plus de 40 mètres de long. Cocorico ! C'est le seul chantier en activité que nous avons vu depuis deux jours ... la fin des travaux semble pourtant bien lointaine. Nous quittons le site en début d'après-midi pour une visite, dans Siem Reap, des "Chantiers Écoles" où sont enseignées à de jeunes cambodgiens issus des milieux défavorisés les techniques artistiques khmères : sculpture sur grès, bois, laquage ... De très belles pièces y sont réalisées dont des bas reliefs, des représentations de divinités et de bouddhas, d'animaux ... Plusieurs commandes de grosses pièces sont en cours en partance pour le Japon, les USA. Nous n'achetons rien, les prix étant trop élevés, mais sommes ravis de l'accueil très convivial qui nous est réservé. Achat de billets de bus pour rejoindre la Thaïlande demain et dîner fort agréable au Red Piano, nouveau restaurant à forte tendance expatriée, au cadre chaleureux, décoré avec goût et à la cuisine excellente. Un sans faute.
Vendredi 25 janvier 2002Départ de Siem Reap pour le poste frontière de Poipet. Sept heures de trajet sur une route toujours aussi défoncée dans un minibus bondé et poussiéreux. Passage de la frontière sans encombre. Beaucoup d'agitation malgré tout : des policiers rattrapent par le col de jeunes enfants cambodgiens mendiants traversant la frontière. Nous donnons le reste de nos riels à un jeune cambodgien unijambiste faisant l'aumône. Triste dernière vision d'une population qui souffre bien des atrocités de la guerre.
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©2002 Laurence & Bruno Morel