![]() Carnet de route du Brésil |
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Principales villes visitées :
Mardi 04 Juin 2002Nous arrivons à la ville frontière de Quijarro vers 09h30. De nombreux taxis bordent la voie ferrée, attendant les voyageurs pour les conduire à la ville frontière de Corumba, côté brésilien. Premier arrêt au poste d'immigration bolivien pour la sortie du territoire. Nous sacs ne sont pas refouillés : ils l'ont été lors de la montée dans le train à Santa Cruz et à une nouvelle reprise avant d'arriver à Quijarro. Nous nous renseignons sur les éventuels bus qui rejoignent Rio. Le guichetier nous apprend qu'un bus part de Corumba à 11h30 et met 30 heures pour rejoindre Rio. Nous montons sur deux motos taxis qui nous conduisent dans le centre de Corumba, à la police fédérale pour valider notre entrée dans le pays. Etrange endroit pour un contrôle douanier situé à 10 km de la frontière. Rejoignons ensuite au plus vite la rodoviaria, le terminal terrestre d'où partent les bus. Il nous reste moins de 10 minutes pour l'achat de nos billets avec la compagnie Andorinha au bus confortable et climatisé. Nous traversons pendant plus de trois heures la région du Pantanal, ressemblant à l'Amazonie bolivienne occidentale : lagune, savane, et végétation luxuriante. Apercevons même un caïman prenant un bain de soleil à quelques mètres de la route ! Arrêt d'une petite demi-heure dans un restaurant sur le bord de la route. Ne comprenons rien au portugais ... Traversée ensuite de vastes étendues agricoles et ranchs pour rejoindre Campo Grande. Halte au terminal des bus de la compagnie où un panneau indique que la société n'a pas eu d'accident depuis 21 jours et que le record est de 335 jours ! Rassurant ... Nous roulons toute la nuit avec des haltes toutes les trois heures, imposées par la loi.
Mercredi 05 Juin 2002Nous arrivons à Sao Paulo en début de matinée, ville gigantesque à la réputation dangereuse : le soir, les véhicules ne s'arrêtent pas aux feux rouge à cause des éventuelles agressions et kidnappings ... Bonjour l'ambiance ! Nous sommes ravis de ne pas y faire escale ... Nous arrivons à Rio en milieu d'après midi. Retrouvailles émues avec Anne-Laure, Nicolas et Mayeul, bien vite réconfortés par un petit verre de Capirinha, boisson nationale brésilienne à base de Cachaca (sorte de Rhum), servi avec agrumes et glace pillée ... Nous rejoignons ensuite le quartier résidentiel de Leblon, traversant Copacabana et sa célèbre plage, puis Ipanéma, chic quartier de Rio séparé de Leblon par un parc. A notre arrivée à l'appartement, nous faisons la connaissance de Maria-José dit "Zézé", la baba (nounou) de Mayeul. Première soirée calme, tous ensembles. Ils viennent d'emménager il y a trois jours et cela a été la course avant notre arrivée.
Jeudi 06 Juin 2002Première journée à Rio. Nous découvrons, au cours d'une longue balade à pied, le quartier de Ipanéma : quartier chic, résidentiel et commerçant, bordant la plage du même nom. De luxueuses boutiques occidentales s'y nichent, ainsi que dans le centre commercial Rio Sul où nous passons un bon moment, retrouvant pour quelques instants une ambiance laissée derrière nous il y a plusieurs mois ... Rapide connexion Internet car les tarifs sont affolants (5 Euros de l'heure). Fin de journée avec Mayeul à "Babaland", zone de récréation pour enfants créée sur la plage de Leblon, où viennent se retrouver les nounous toutes de blanc vêtues. Nous passons chercher Nicolas en début de soirée, découvrant ainsi Rio de nuit : Leblon, Ipanéma et Copacabana. La ville de Rio de Janeiro, "fleuve de janvier", baptisée en 1502 par les Portugais, a subi de nombreuses modifications : arasement de collines et remblaiement, mais la "Cidade Marvillosa" (ville merveilleuse) porte bien son nom. Il nous tarde de découvrir ses beautés : le centre historique, le "Pain de Sucre", le Corcovado où se dresse la statue du Christ, le quartier de Santa Térésa, la baie de Guanabara ...
Vendredi 07 Juin 2002Matinée consacrée au cours de samba et autres danses du nord-est du pays, donné par une franco-brésilienne, Michèle, pour un groupe de françaises expatriées du Rio accueil. Nous sommes accueillis chez Fabienne, une des expatriées, dans un très bel appartement faisant face à la plage de Copacabana. Deux heures de danses sportives dans la bonne humeur. Tout le monde se prépare pour le carnaval de mars prochain ! Nous partons en début d'après-midi avec Anne-Laure et Pascale, une autre française, visiter le centre de Rio. Pascale nous montre une série de très belles photos qu'elle a réalisées aux cours des dernières semaines, sur Rio et ses habitants. Elles sont superbes et d'un grand professionnalisme. Nous rejoignons le centre en taxi en moins d'une demi-heure. Découverte du Téatro Municipal construit en 1905 sur le modèle de l'Opéra Garnier. Puis visite de la cathédrale moderne, Metropolitana, construite de 1964 à 1976, de forme pyramidale, haute de 80 m et pouvant accueillir jusqu'à 20.000 fidèles. Une immense croix de près de 10 m est suspendue au milieu. La bâtisse est surprenante par son gigantisme et sa forme si particulière. Nous longeons un étrange immeuble cubique aux façades évidées qui laissent apparaître de petits jardins, siège d'une compagnie pétrochimique. Ballade ensuite dans la Rua da Carioca (le Carioca est l'habitant de Rio), aux vieilles façades classées du XIXème siècle : ancien théâtre ou brasseries ayant conservés leur cachet. Nous rejoignons la "Salle de lecture portugaise" à la superbe architecture du début du XXème siècle. Pause pâtisserie et jus de fruits frais à la célèbre Confeitaria Colombo, datant de la fin du XIXème siècle, de style néo-français, en bois de Jacaranda. Nous empruntons ensuite la petite rue "Traversa do Comercio", rue piétonne aux belles façades de Sobrados, petits immeubles à deux étages d'influence portugaise, et qui dresse sur ses pavés dès la fin de l'après-midi tables et chaises pour un "happy hour" en musique. Retour sur Leblon avant un dîner à la crêperie française de Ipanema, où nous nous régalons de spécialités "bien de chez nous".
Samedi 08 Juin 2002Réveil de bonne heure pour aller assister au match Brésil / Chine dans un des cafés de Ipanéma. Toute la jeunesse aisée est au rendez-vous, vêtue de tee-shirts, foulards et casquettes aux couleurs du Brésil. Nicolas a acheté pour chacun de nous quatre, un foulard que nous avons obligation de porter ... Les 90 minutes de match se passent dans la joie, les rires, exclamations, commentaires et chants : le Brésil marque un but tous les ¼ d'heure ! A chaque but, retentissent trompettes, pétards et hurlements, le tout filmé par une télé brésilienne et sous l'objectif d'un photographe professionnel. Un véritable évènement ! Fin de la matinée passée sur la plage de Leblon, à l'ambiance familiale. La plage est un endroit très fréquenté par les Cariocas. Quelle que soit la classe sociale, ils s'y retrouvent pour discuter face au soleil, faire des rencontres, s'y reposer, lire, jouer au volley-ball ou foot de plage, pratiquer de la musculation, courir au bord de l'eau ... Nicolas nous invite ensuite à déjeuner au Méridien pour déguster la traditionnelle Feijoada, plat national qui y est servi chaque samedi : ragoût de viande, bœuf, oreilles et queue de porc, viande séchée, riz blanc accompagné de haricots noirs, choux verts en lamelles, farine de manioc, bananes et patates douces frites ... Un vrai régal ! De plus, nous dominons la plage de Copacabana et la mer est belle ... Nous y terminons notre après-midi, allongés sur des transats, pour une bonne sieste digestive ... Soirée tarot avant un dernier verre dans Copacabana, face à une boite à touristes, lieu animé mais pas des plus raffinés.
Dimanche 09 Juin 2002Prenons la route en fin de matinée et suivons Pascale et Dominique, chef du Méridien, pour une journée à Grumari, à une heure au sud de Rio. Nous traversons Barra da Tijuca, ville champignon aux rangées d'immeubles modernes et malls (centres commerciaux) gigantesques. Nous quittons peu à peu les larges avenues et le béton pour une végétation luxuriante. Apéritif dans un agréable restaurant surplombant les lagunes et canaux qui se jettent dans la baie de Sepetiba. Petite Caipirhina à l'ananas, au soleil, avant de reprendre la voiture pour rejoindre la côte sauvage et la jolie plage de Grumari, paradis des surfeurs et des amateurs de calme. La plage fait face aux "Ilhas das Pecas et Palmas". Excellent poisson grillé, la table étant dressée sur le sable. Retour en fin d'après-midi par la côte et fin de soirée familiale.
Lundi 10 Juin 2002Nous partons en début de matinée chercher Emmanuelle, une autre amie française expatriée, et rejoignons Nathalie, vivant dans le joli quartier de Urca, présidente du Rio Accueil, et qui encadre l'équipe de femmes françaises travaillant bénévolement dans l'une des favelles de Rio, la Favela do Mare où vivent plusieurs milliers de personnes. Un tiers de la population de Rio, qui compte plus de 7 millions d'habitants, vit dans ces bidonvilles perchés à flanc de montagnes, dans des conditions très précaires. Nous rejoignons la favelle après une demi-heure de route en direction du Nord. Nous pénétrons dans une maison à deux étages, aux murs peints de dessins d'enfants. En haut, le bureau de l'équipe et l'infirmerie. En bas, plusieurs salles de jeux accueillent des enfants de 4 à 12 ans, encadrés par des éducateurs brésiliens et des bénévoles françaises. A notre arrivée, une dizaine d'enfants répètent une chanson pour l'enregistrement d'un CD. Nous prenons place dans une salle à part, bientôt rejoints par plusieurs enfants. Activités de découpages, collages et puzzles. Les enfants, visiblement en manque d'affection et de soins, sont câlins. Souvent impatients, ils veulent faire plusieurs activités en même temps et il nous faut canaliser leur attention sur une activité. La fin de ces travaux manuels est marquée par le service du déjeuner, pour tous les enfants du centre. Quelques premiers soins sont apportés aux enfants malades ou blessés, ainsi que quelques douches. Expérience très enrichissante et bref plongeon dans un aspect sombre de Rio ... Nous rejoignons ensuite Leblon pour un déjeuner et une recherche d'agence pour l'achat de billets d'avion pour un week-end à Salvador de Bahia. Fin d'après-midi à la plage.
Mardi 11 Juin 2002Réveil dans la nuit (3 h 30) pour assister au match France / Danemark, Coupe du Monde oblige ! Nous comptions beaucoup sur ce match pour nous redonner espoir, malheureusement ce ne sera qu'un match perdu de plus, et notre disqualification. Les Brésiliens vont pouvoir continuer à nous taquiner gentiment. Nous nous recouchons bien tristes ... Matinée passée avec Christiane, de l'agence Imatur, pour la réservation des billets d'avion : que d'énergie dépensée ! Rejoignons ensuite Emmanuelle en début d'après-midi pour la découverte du quartier de Santa Térésa. Nous empruntons le "Bondinho", petit tramway jaune qui relie le centre à ce quartier pittoresque, perché sur une colline. Des passagers clandestins nous rejoignent bientôt en route en s'accrochant à l'extérieur de la cabine, dispensés ainsi de payer ... Ateliers d'artistes, anciennes épiceries et demeures bourgeoises se nichent dans ce quartier entouré de favelles, rendant parfois le quartier peu sûr, malgré le charme qui s'en dégage. Ancien quartier bourgeois, les politiciens et Ambassadeurs qui le peuplaient, l'abandonnèrent pour rejoindre la nouvelle capitale, Brazilia, lors de sa création. Subsistent de très belles maisons de caractère, aux jardins discrets, aux façades parfois ornées d'Azulejos (carreaux de céramique peinte) et aux ruelles pavées. Nous bénéficions d'une très belle vue sur la baie de Guanabara, la plus photographiée dans le monde. Nous apercevons au loin le Sambodromo, vaste stade construit en 1984 et accueillant 70.000 personnes, où se déroule en Mars le défilé du Carnaval de Rio. Nous redescendons du "Rio das Ladeiras" (rues en pentes) par des escaliers de pierres, ornés de centaines d'azulejos aux multiples couleurs, par un artiste carioca. Nous prenons rapidement des photos car une patrouille de militaires nous suit, mitraillettes au poing ... Emmanuelle nous explique qu'il est inhabituel de les voir ainsi et craint une descente "musclée" de leur part pouvant être dangereuse : il arrive parfois que des balles perdues, lors d'échanges de tirs entre militaires et trafiquants de drogue des favelles, fauchent la population ou les touristes ... Prenons ensuite un verre près de la place Floriano, au Amarelinho Café, face à la bibliothèque nationale et à côté du théâtre municipal. La place est élégamment nommée Cinelandia : construite dans les années 1920, elle était bordée de cinémas et théâtres où venaient se divertir les cariocas. Fin de soirée à trois, Nicolas étant en déplacement pour deux jours à Sao Paulo.
Mercredi 12 Juin 2002Matinée course et séance Internet pour le scannage des photos de la Bolivie. Après-midi calme à la plage. La mer est démontée et nous offre ses gros rouleaux où nous trempons juste un orteil ... Nous profitons de ces agréables moments de repos avec nos amis, à ne rien faire ... ce qui nous change bien de notre rythme habituel. Soirée tarot avec le retour de Nicolas.
Jeudi 13 Juin 2002Matinée bronzette sur la plage, puis pause déjeuner à notre cantine Adaulfo où nous nous régalons de quiches lorraines, salades fraîches et glaces au pralin. Nous rejoignons ensuite le quartier de Laranjeiras, joli quartier vert aux belles demeures coloniales, anciennes propriétés des barons du café. Nous visitons le Mian, Musée d'Art Naïf de Rio, ouvert en 1995. La peinture naïve est un des arts les plus représentatifs du Brésil. Le mot "naïf" est utilisé pour la première fois pour désigner la peinture d'Henri Rousseau, premier peintre naïf moderne. L'art naïf a un style propre. Il ne dépend d'aucune tendance ou école traditionnelle. Chaque oeuvre est unique et les thèmes peints sont nombreux et variés : ethnies, faune, flore, évènements historiques ... Ce musée rassemble la plus grande collection d'œuvres du monde. Une première partie du musée nous présente les monuments de Rio, le Pain de Sucre, Paraty, l'Ile de Paqueta, les tribus indiennes. Les styles semblent différents ... Nous découvrons ensuite une exposition temporaire de Nathalie de Etievan, née au début du XXème siècle en Georgie, ayant vécu de nombreuses années en France avant de rejoindre le Venezuela, puis Rio. Les nombreux pays où elle a exposé témoignent du succès rencontré par l'art naïf : Japon, Etats-Unis, Paris. La seconde salle regroupe des oeuvres internationales, provenant d'artistes originaires des quatre coins du monde : France, Chine, Vietnam, Inde, Pérou, Uruguay, Kenya, Sénégal. Nous retrouvons ainsi des toiles de Bali que nous avions découvertes au début de notre voyage à Ubud. C'est un agréable moyen de voyager et de découvrir les différentes représentations de l'art naïf dans le monde : gouaches, laques, tissus, tapisseries ... Nous rejoignons ensuite le premier étage pour découvrir un tableau de 24 m de long qui retrace, en 19 séquences, la découverte et l'histoire du Brésil au cours des cinq derniers siècles : l'arrivée des caravelles portugaises en avril 1500, la première mission célébrant la messe, la création du village de Sao Vicente sur la côte de Sao Paulo, l'expédition des "bandeirantes" (ces paulistas, habitants de l'état de Sao Paulo, qui ont exploré l'arrière pays à la recherche d'or et pour capturer des esclaves indiens), la récolte du "Pau Brazil" (ce bois qui produit un pigment rouge destiné à la teinture et devenu par la suite rare), le soulèvement des miniers, propriétaires terriens, poètes et militaires contre la dominance portugaise européenne en 1789, afin d'obtenir leur indépendance ; la rébellion fut mâtée et ils furent condamnés. La plantation de canne à sucre dès 1530, l'exode à Lisbonne du Prince Joao et son arrivée au Brésil dû à l'invasion du Portugal par Bonaparte. La découverte au XVIIème siècle d'or dans les Minas Gerais, la déclaration d'Indépendance du Brésil en 1822. La culture du coton, l'abolition de l'esclavage des indiens et des populations africaines déportées, l'introduction de la culture du café dès 1727 venant de Nouvelle-Guinée. La proclamation de la République en Novembre 1889, la révolution de 1930, la découverte du pétrole dans les années 40, la modernisation et l'industrialisation du pays etc. Histoire riche et tumultueuse, dont une des conséquence est d'avoir aujourd'hui un melting pot unique et un riche patrimoine culturel (musique, religion, coutumes, gastronomie, art de vivre ...). Nous quittons le musée pour rejoindre le largo do Boticario, jolie impasse pavée, bordée de plusieurs maisons coloniales aux tons roses, jaunes et bleus. L'une d'elle est habitée par la famille de Bettencourt. Nous y faisons la connaissance d'un peintre d'aquarelles Chilien, arrivé au Brésil il y a 20 ans, avec qui nous discutons un bon moment. Soirée tarot (on va devenir des champions !) après le cours particulier de portugais dispensé à Anne-Laure et Nicolas.
Vendredi 14 Juin 2002...
Samedi 15 juin 2002Nous voici prêts à partir quatre jours tous les cinq. Direction Salavador de Bahia. Nicolas a pu prendre deux jours de congés. Le départ est prévu pour le début d'après-midi en avion. Nous changeons nos habitudes de longs trajets en bus, mais trente heures de bus (aller) ne sont pas possibles pour un court week-end. Matinée de courses dans Leblon et Ipanema : Anne Laure et Nicolas trouvent également un "sac à dos" pour porter Mayeul. Nous décollons après une heure de retard de l'aéroport international. Volons sur une nouvelle compagnie : GOL. L'avion est neuf et le personnel de bord jeune et dynamique, à l'uniforme très moderne ! La compagnie pratique des prix compétitifs par rapport aux compagnies nationales. Nous arrivons à Salvador alors que la nuit est déjà tombée. Un brésilien nous attend à l'arrivée pour un transfert jusqu'à l'hôtel où nous allons rester quatre jours. Le directeur de hôtel où travaille Nicolas, nous a réservé deux chambres à un prix très préférentiel dans l'un des plus beaux hôtels de la ville, entièrement rénové. Nous remercions Flavio pour son accueil, alors que nous pénétrons dans l'hôtel : élégance et modernité, une belle rénovation de bon goût. Nos chambres se trouvent au dernier étage et, du balcon, nous bénéficions d'une très belle vue sur la mer et sur Barra qui s'étend au loin. Dîner dans le restaurant de hôtel, peu de clients ce soir.
Dimanche 16 juin 2002Première journée découverte de Salvador de Bahia. Nous quittons l'hôtel après un copieux petit déjeuner. Nous découvrons alors l'immense bâtisse, posée au pied de la falaise, face à la mer. La vue est très belle. Nous distinguons jusqu'au phare de Barra, à la pointe. Rejoignons le quartier du Pelourinho en taxi. Le quartier est un mélange de très beaux bâtiments coloniaux des XVII et XVIIIème siècles, petites maisons colorées de tons pastels, de tailles diverses, agrémentées de jardins intérieurs, et petites places et ruelles pavées qui s'adaptent au relief escarpé de la ville. Eglises, musés, galeries d'art se concentrent dans ce quartier historique. On dit que Salvador possède plus de 300 églises, 366 exactement, soit 1 pour chaque jour ! Le terme "Pelourinho" désignait le poteau où étaient attachés les esclaves noirs, fouettés puis vendus. Les premiers esclaves furent amenés de Guinée dès 1538. Cette pratique qui s'avérait légale, dura jusqu'en 1835. Les noirs d'Afrique conservèrent culture, tradition, nourriture, musique et danse, dont la capoeira faisant de Salvador "l'âme africaine du Brésil". On se sent ici au cœur du Brésil : le pays des mélanges de couleur de peau, d'origines, de coutumes et de modes de vie ... Nous rejoignons la Praca Terreiro de Jesus depuis la Praca de Sé, pour la visite de la cathédrale de Bahia, un ancien couvent jésuite aux murs en marbre, sculptures, peintures murales, dôme peint et arches en bois de jacaranda. Un magnifique exemple de l'architecture religieuse brésilienne. Nous sortons sous un début d'averse pour la découverte du Pelourinho ; l'ensemble a beaucoup de cachet. Entièrement rénové et à présent sécurisé par la présence de nombreux policiers, le quartier est classé au patrimoine de l'Unesco. Beaucoup de galeries d'art et de boutiques sont fermées en ce dimanche. Pause dans une petite taverne, installés dehors, alors que le soleil refait son apparition. Plusieurs vendeurs ambulants viennent nous proposer des petits bijoux et nous voila chacun avec le fameux bracelet brésilien, petit morceau de tissu que l'on attache au poignet en faisant trois nœuds, correspondant à trois vœux. Les voeux se réalisent quand le bracelet casse. Nous poursuivons notre découverte du quartier au cours de l'après-midi, flânant dans les galeries de peinture et d'artisanat. Nous rejoignons l'hôtel pour une séance piscine et hammam, avant d'entamer deux parties de billard endiablées : filles contre garçons ! Une "baba" (nounou) arrive vers 20h00 pour garder Mayeul, tandis que nous rejoignons Isabelle, amie de Anne Laure et Nico, qui vit à Salvador. Elle nous emmène dîner dans l'un des restaurants bahianais les plus réputés, le Yemanja. Une très agréable soirée à découvrir les nombreuses spécialités bahianaises : Acaraje (croquette de poisson ou de viande), moqueca de peixe (ragoût de poisson ou de crevette, crabe ...) cuit dans un pot en terre, marinant dans du lait de coco, piments et "dendé", huile de palme. Un vrai régal ! Le tout accompagné de "farinha" (farine de manioc), de haricots noirs et de riz.
Lundi 17 juin 2002Petit déjeuner à l'hôtel avant de prendre possession de la voiture louée pour la journée. Direction le petit village de Praia do Forte, à une heure de route au nord de Salvador. Heureusement, Isabelle nous avait donné de bonnes indications la veille au soir et nous trouvons la route sans la moindre carte. Nous arrivons au petit village de pêcheurs en fin de matinée. Ce lieu de villégiature est devenu une destination de renom, avec ses 12 km de plages de sable blanc et ses cocotiers. Il est également réputé pour son centre de protection des tortues : le centre Tamar, abréviation de tartuga marinha (tortue de mer), qui a ouvert aux visiteurs il y a quelques années et protége les cinq espèces marines du Brésil. Plusieurs bassins abritent des tortues de tailles différentes. Tamar possède plus de vingt centres et la protection se fait en collaboration avec les pêcheurs. Mayeul s'amuse à les observer. Pause déjeuner de langoustes et poisson frit sur la plage, à l'ombre des cocotiers, tandis que Mayeul entame une petite sieste, allongé entre deux chaises. Nous bénéficions d'une belle journée ensoleillée, propice à la farniente et aux balades sur la plage quasiment déserte, ce qui nous change de la veille. Petite balade découverte des rues piétonnes où se succèdent boutiques, pousadas et petits restaurants. Retour tranquille vers Salvador en fin d'après-midi pour une soirée tarot comme on les aime ... dîner room service !
Mardi 18 juin 2002Dernier jour pour Anne Laure, Nico et Mayeul : nous rendons la voiture de location puis prenons la direction du Pelourinho pour la visite de l'église de San Francisco. La construction date de la fin du XVIIème siècle L'extérieur contraste avec la richesse intérieure : feuilles d'or et bois de jacaranda, moulures et plafonds peints, baignoire de marbre ... Le couvent, non restauré, recèle sur ses murs plusieurs dizaines de fresques d'azulejos. La musique bat son plein dans les salles de musique aux alentours tandis que nous rejoignons la Praca Terreiro de Jesús pour la visite du musée afro-brésilien. Seules deux salles sont ouvertes aux visiteurs, les autres étant en restauration. Ce musée ouvert en janvier 1982, renferme près de 1.200 pièces sur la religion et la spiritualité : poteries, sculptures, tapisseries, peintures, photographies ... Nous découvrons dans un premier temps des objets et bijoux du Benin, Nigeria, Gana, en cuivre et bronze : des statues représentant les rois et destinées aux ornementations des palais, jusqu'aux petites figurines décoratives. Viennent ensuite les objets en céramique, une des plus anciennes activités d'Afrique. A usage rituel ou domestique, la céramique Nok est considérée comme l'une des références, datant de près de 2.500 ans. Selon la qualité de l'argile, les pièces ont une grande résistance. La collection du Brésil résulte de l'acquisition d'objets du territoire africain, à travers les missions officielles, les donations ... La plus grande partie vient du Gana, Benin et Nigeria, puis du Sénégal, Guinée, Zaïre et Angola. Une partie plus infime vient de Tanzanie et du Mozambique. Nous découvrons ensuite sculptures et masques représentant des forces invisibles. Ils étaient utilisés pour les rituels agricoles et funéraires, accompagnés de poèmes et chants. Jeux de stratégie en bois sur la base de calculs mathématiques, instruments de musique et tissages manuels nous permettent de mieux comprendre toute la richesse du continent africain. Une seconde salle présente une série de 27 grandes planches en bois de cèdre sculptées par Julio Paride Bernabo, né d'un père italien et d'une mère brésilienne. Cette série, dite "carybe", représente animaux, figures du candomblé, costumes de pêcheurs, caporeistas ... Chaque planche représente un tableau unique. Nous quittons le musée ravis de tant de découvertes sur cette culture profondément ancrée dans la province de Bahia. Nous abandonnons Anne Laure et Nicolas une bonne heure et partons acheter quelques tableaux naïfs, l'art de Bahia, dans l'une des galeries repérées la veille. Nous passons quand même une demi-heure à la chercher, toutes se ressemblent, nichées dans les petites ruelles. Un petit verre tous ensemble avant de rejoindre la Praca de Sé pour une pause Internet, moins chère qu'à Rio. Isabelle nous rejoint et nous repartons tous à hôtel. Derniers préparatifs avant le départ pour Rio. Nous restons, quant à nous, une nuit de plus. Petite sieste avant de rejoindre de nouveau le Pelourinho en bus. Le trajet s'avère facile et sûr. Mais nous suivons les conseils de hôtel pour un retour en taxi. Ce soir, comme tous les mardis soirs, une grande fête est organisée dans le Pelourinho, sur la Praca Terreiro de Jesus, autrefois utilisé pour les célébrations religieuses quotidiennes. Concert, démonstration de capoeira, cette danse/combat originaire de Bahia exécutée par les esclaves contre les maîtres. Elle devient une danse artistique dans les années 1930. Jeu, danse et combat sont liés. Des instruments, tels le Berimbau (longue lance) et autres, rythment les danses. Nous nous baladons dans les jolies ruelles éclairées de lampions ambrés et décorés de milliers de petits drapeaux multicolore. Dîner dans l'une d'elles, attablés dehors, profitant ainsi de toute l'animation. Beignets de morue, viande séchée et patate douce, le tout arrosé d'une bière fraîche. Des vendeurs ambulants ne cessent de défiler, vendant bijoux, poèmes sur parchemins (qui remportent un vif succès auprès des brésiliens), bonbons et autres. Une vieille bahianaise en tenue traditionnelle vend, à quelques mètres de nous, des spécialités de beignets à la viande préparés à la minute. Le quartier est quadrillé par des policiers en faction tous les 50 m. Nous avons même été passés au détecteur de métaux, à l'entrée du quartier ! Grâce à cela, le tourisme a pu se développer sans problème dans le Pelourinho, quartier autrefois dangereux. Dernier verre à la "Cantino da Lua" en assistant au concert de Forro, musique traditionnelle de Bahia jouée au son du tambour, de l'accordéon et de l'harmonica. Nous échangeons quelques mots avec un français d'Avignon, avant de rejoindre la Praca de Sé prendre un taxi. Nous sentons que l'ambiance commence à changer, un jeune couple croisé à plusieurs reprises vient de se faire voler de l'argent. Nous quittons le quartier historique, regrettant de n'avoir pas revu de bahianaises en habit traditionnel. Heureusement, nous en avions croisé le midi. Fin de soirée à regarder le match très controversé de la Coupe du Monde de football, Corée / Italie en ¼ de finale. Très belle prestation des coréens que nous soutenons, à présent que notre chère équipe nationale est éliminée.
Mercredi 19 juin 2002Nous quittons notre confortable hôtel en début de matinée, direction l'aéroport que nous rejoignons en bus. Il faut bien reprendre ses habitudes de routard ! Nous arrivons en avance, ce qui nous permet de faire le tour des agences présentes pour obtenir des informations tarifaires sur l'île de Fernando de Noronha, à plus de 500 km des côtes de Recife. En effet, nous sommes bien tentés de découvrir cette île peu touristique, paradis des amoureux de la nature et de la plongée. Après regroupement du peu d'informations, nous réservons le jour même deux allers-retours Recife / Fernando ! Le prix du billet est cher, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Selon nos sources, l'île en vaut la peine et on ne vit qu'une fois ! Nous décollons de Salvador pour Recife, que nous rejoignons en une heure. Atterrissage sous la pluie. Espérons que Fernando ne bénéficie pas du même temps. Nous patientons au salon VIP Varig, grâce à nos cartes Star Alliance, en attendant le second vol. Le trajet dure une petite heure et nous arrivons avec une heure de décalage, en fin d'après-midi. Cela n'est pas sans nous rappeler notre arrivée à Tioman, petite île malaise où nous étions partis il y a quelques années, avec Anne Laure et Nico, rendre visite à Vic et Denis qui y avaient leur club de plongée. Une piste d'atterrissage en plein cœur de île, au pied de l'océan, dans une végétation luxuriante et, comble de tout, sous le soleil. Nous effectuons les formalités de douane et réglons la taxe de séjour sur l'île : une deuxième (mauvaise) surprise qui vient plomber le porte monnaie de près de 100 Euros à deux pour cinq jours. Nous sommes tombés sur une île de riches ! Nous sortons de l'aéroport et sommes surpris de ne voir aucun représentant de pousada ou hôtel accueillant les visiteurs. Tout semble en effet déjà organisé et les nouveaux arrivants rejoignent des bus d'agences réceptives garés en face. Le dépliant qui nous est remis ne nous donne aucune information sur les hébergements de l'île. Il ne nous reste plus qu'à improviser ! Nous montons dans un "buggy taxi", seul moyen de locomotion, qui nous dépose pour 10 Rs (une fortune pour 2 km parcourus) à la première pousada (pension de famille) recommandée par notre guide (elles sont au nombre de trois). Elle s'avère être lugubre et hors de prix ! Nous cherchons à pied quelque chose de convenable et à prix raisonnable, pendant plus de 3/4 d'heure alors que la nuit tombe. Beaucoup sont complets. Les familles qui nous accueillent sont cependant très serviables et souriantes, et nous recommandent d'autres adresses. Nous parcourons tout le quartier de Floresta Velha, aux maisons mieux tenues. Toutes pratiquent des prix entre 100 et 140 Rs. Petites maisons style chalet en bois, elles possèdent entre 4 et 8 chambres, une salle à manger commune pour le petit déjeuner, une terrasse et parfois une piscine pour les plus chics. Nous posons finalement nos sacs à la Morada do Sol, petite maison bien tenue, où il reste une chambre. Le guest book, principalement des commentaires brésiliens, semble élogieux. Partons dîner dans ce qui semble l'unique restaurant du coin, la Pousada do Biu, au buffet copieux et au prix raisonnable. Cela nous change. Fin de soirée sur la terrasse à analyser la situation : notre billet retour est dans 5 jours ... espérons que nous aurons assez d'argent pour tenir d'ici là !
Jeudi 20 juin 2002Réveil de bonne heure pour profiter de la journée et du petit déjeuner buffet dressé par Rosa, la maîtresse de maison. Tout le monde est déjà parti dans les bus des agences ... Nous découvrons ensuite de jour le quartier où nous logeons. Les pousadas ont un meilleur aspect sous le soleil. Nous partons à pied, à la recherche de deux vélos : on oublie la location d'un buggy, le permis de conduire étant resté à Rio. Nous passons près d'une heure à tourner et en trouvons finalement deux dans la Pousada Sol y Mar, à l'entrée de Villa dos Remedios, le "centre" de l'île. Ce quartier regroupe quelques pousadas moins jolies, une banque (mais qui ne fait pas de change) et deux ou trois restaurants. Cela semble bien limité coté animation ! Nous partons ensuite à la recherche d'un bureau d'information. Là aussi, vu le peu de visiteurs individuels, cela semble être une denrée rare. Nous nous rendons au centre Tamar qui nous oriente vers le Sede do Parque. Nous est remis une carte de l'île. Le responsable, bien sympathique, nous confirme qu'aucune pousada ne se trouve en bord de mer. Toutes sont installées dans les terres, entre Floresta Velha, Nova et Villa dos Remedios. Nous trouvons par hasard l'un des clubs de plongée, Agua Claras, au bout du chemin. Nous décidons de trouver avant la fin de l'après-midi les deux autres centres afin d'avoir toutes les informations quant au choix du club pour les plongées de cette semaine. La plongée et le snorkelling sont les deux principales activités de île et permettent de découvrir de très beaux fonds marins. L'archipel de Fernando de Noronha se compose de 21 îles et îlots qui occupent près de 26 km². L'archipel est une montagne sous-marine d'origine volcanique, dont la base est au fond de l'océan, à plus de 4.000 m. L'île est devenue un parc national en 1988, afin de protéger au mieux les écosystèmes terrestres et marins, et préserver une faune et une flore très riches. Sur cette île au relief vallonné, près de 1.800 habitants vivent presque exclusivement du tourisme. L'île est sauvage et ses côtes ressemblent étrangement à la Nouvelle Zélande. Nous prenons la direction du sud pour Baia do Sueste, une jolie baie abritée à la longue plage de sable dorée. L'Ilha do Chapeu se dresse à l'entrée. Petite pause avant de rejoindre en VTT l'une des plus belles plages, Praia do Leao, immense étendue de sable déserte, à laquelle nous accédons en nous frayant un chemin dans la végétation, les vélos sur l'épaule. L'endroit est superbe et désert. Les tortues viennent pondre derrière, semblent indiquer de petits repères plantés dans le sable par Tamar. Nous enfourchons nos vélos après deux heures de pur farniente, à bronzer et jouer dans les gros rouleaux qui viennent se casser sur la plage. De vrais gamins ! Il fait chaud et nous peinons un peu à cause du relief de l'île. Nous ne sommes pas encore prêts pour un tour du monde à vélo ! Nous nous rendons aux deux autres agences de plongée Atlantis et Noronha. Toutes deux semblent professionnelles et nous plaisent plus que Agua Claras. Du fait du match Brésil / Angleterre, à 4h30 du matin, Noronha Divers est fermé ce matin et ne propose des plongées que l'après-midi. Nous décidons de confirmer avec eux, les plongées de Bruno du lendemain et le snorkelling de Laurence. Dîner à notre cantine de la veille. La nuit s'achève à 4h00 du matin avec la retransmission du match. Tout y passe : cris, trompettes, feu d'artifice ! Les deux buts marqués contre les anglais sont célébrés en grande pompe ... C'est une institution, ici, le football !
Vendredi 21 juin 2002Matinée tranquille à récupérer quelques heures de sommeil sur la Praia da Conceiao, très belle plage déserte au pied du Morro do Pico, formation rocheuse à la tête de singe. Le temps est une alternance de passages pluvieux et de superbes éclaircies. La mer est délicieuse. Pause rafraîchissante entre deux averses dans un petit bar de plage à commenter le dernier match avec les locaux. Nous avons quelques craintes pour la sortie en mer de cet après-midi, mais le temps vient heureusement à changer alors que le camion du club passe nous prendre. Direction le port de Santo Antonio où nous récupérons nos équipements, loués sur place. Embarquement sur le bateau du club ; nous sommes une douzaine. Nous prenons la mer en direction de la Ilha Rata, plus au nord. La mer est déchaînée avec des creux de plus de 3 mètres. Un groupe de dauphins nous accompagne sur plusieurs centaines de mètres, faisant oublier la houle. Le bateau stoppe après une vingtaine de minutes de navigation. Tout le monde parle portugais et Bruno tente de se faire traduire les instructions en anglais, aidé par une allemande polyglotte. Les "certifiés" sont les premiers à se mettre à l'eau en binôme. Les plongeurs dont c'est le baptême plongent dans des eaux moins profondes et plus abritées. Bruno remonte au bout d'une demi-heure, enchanté de cette première plongée durant laquelle il a aperçu langouste, murène, barracuda, poisson lune, raie et un requin nurse, le tout à 18 m. La seconde plongée est toute aussi intéressante, mais moins profonde. Les conditions sont optimales : visibilité à 20 m, température à 26 degrés.
Samedi 22 juin 2002Deuxième jour de plongée pour Bruno qui part vers 7h30. Direction de nouveau la Ilha Rata, mais sur d'autres cibles. Notamment, la seconde plongée se fait à 12 m, dans un fort courant qui permet au groupe de plongeurs de se déplacer au milieu de la faune et de la flore, sans coup de palme. Sensations garanties. Nous nous retrouvons pour le déjeuner alors que le temps se couvre. Et malgré la pluie, nous passons la fin de l'après-midi au Fort de l'île, surplombant d'un coté le port et, de l'autre, le Morro do Pico.
Dimanche 23 juin 2002Nous avons loué pour la journée nos équipements de snorkelling. Partons aux premières heures du jour à pied, direction Baia do Sueste. Une bonne heure et demie de marche. Nous arrivons dans la baie, déjà rejoints par une dizaine de buggys pétaradant dans ce havre de paix. Malgré l'heure matinale, les tortues ne sont plus présentes. Petite halte au soleil avant de vouloir prendre le chemin menant à la Praia do Atalaya. Nous nous rendons compte que l'accès à ce bassin naturel, véritable aquarium, est réglementé et qu'un garde n'autorise que dix personnes en même temps afin de ne pas troubler la faune. Nous rebroussons chemin, déçus, et prenons la direction de la Praia do Boldro, à une heure de marche sous le soleil qui commence à taper fort. Arrivons assoiffés au pied du Morro do Pico. Nous nous rafraîchissons un bon moment en allant nager avec nos masques près de l'îlot jouxtant la plage, repère de milliers de poissons coraux allant du jaune au bleu électrique et nullement farouches. Fin d'après-midi à languir sur le sable, à profiter de cette dernière journée de plage.
Lundi 24 juin 2002Réveil à 4h00. Nous nous habillons en silence et sortons à la lueur de nos torches et de la pleine lune. Une heure de marche à l'allure soutenue dans l'île déserte à cette heure, pour rejoindre la Bahia dos Golfinhos, une baie protégée, interdite aux baigneurs, plongeurs et bateaux, et où viennent se regrouper des dauphins à l'aube. Nous arrivons à l'heure où le soleil se lève sur le point de vue, la mer est sombre et semble vide. C'est alors qu'un premier groupe de dauphins, glissant majestueusement sous la surface de l'eau, commence à se diriger vers le centre de la baie, bientôt rejoint par cinq autres groupes composés chacun d'une quarantaine de mammifères. La lumière grandissante nous permet de mieux les apercevoir. La baie est soudainement agitée de remous : les dauphins, tels des fusées, chassent en groupe. D'autres jouent, et c'est un concours de cabrioles et de "plats" spectaculaires et bruyants. Nous nous régalons de les voir ainsi, en toute liberté. Nous les observons une bonne heure avant qu'ils ne repartent par groupe. Curieux rassemblement dont les premières observations de l'homme date du XVIème siècle. Notre journée commence sereinement, heureux d'avoir assistés à ce spectacle unique. Nous nous hâtons de rentrer pour ne pas rater le petit déjeuner et, affamés par deux heures de marche, nous vidons le buffet ! Préparation des sacs avant de rejoindre l'aéroport. Nous découvrons qu'une autre compagnie propose des vols moins chers pour le continent. Prenons place à bord de l'avion, malheureusement du mauvais coté. Il fallait privilégier le coté droit. Dès notre arrivée, nous courrons à Recife pour attraper une éventuelle correspondance pour Rio, pressés de retrouver Anne Laure, Nico et Mayeul. Nous faisons la surprise à Nico, Anne Laure était la seule dans la confidence, et pendant que Zézé garde Mayeul, nous sortons tous les quatre pour une soirée bien animée.
Mardi 25 juin au Mardi 02 juillet 2002Une semaine passée tous ensemble. A souffler la première bougie de Mayeul. Nous voila redevenus de vrais enfants autour de ses cadeaux. Premier gâteau au chocolat fait maison, précédé de bons vins et fromages français. Cocorico ! Nous reprenons nos soirées de tarot endiablés. Laurence et Nico sont à chaque fois placés en bout de table pour éviter toute fraude. Journées plage à se languir sur le sable de Ipanema et à déguster des glaces. Nous suivons pas à pas les différentes qualifications de l'équipe du Brésil dont les supporters, même lorsque les matchs se déroulent à 3h00 du matin n'hésitent pas à sortir dans la rue et au balcon, avec tambour, corne de brume et pétards en tous genres. Les favelles entourant Rio s'embrasent de feux d'artifice à chaque but ! Feijoada hebdomadaire le samedi midi au Méridien, avec vue plongeante depuis la terrasse sur la baie de Copacabana. Dimanche, "évènement national" alors que le Brésil remporte le titre de champion du Monde pour la cinquième fois ! Campeo !! La ville est en état d'euphorie totale !!! Nous profitons du beau temps et de l'agitation dans les rues pour rejoindre, via le très beau parc de Tijuca, les hauteurs de la ville, le Corcovado et son célèbre Christ rédempteur, statue mythique de près de 30 m, ouvrant ses bras sur la ville. Ce symbole de Rio fut réalisé par un français en 1931. La vue sur Rio est spectaculaire. Nous découvrons les baies magnifiques, les îles, le Pain de Sucre ... Une vue d'ensemble d'une rare beauté, sous un ciel dégagé, bercés par le brouhaha de la ville fêtant sa victoire. Nous partons déjeuner tous les cinq dans l'une des churrascarias les plus réputées de Rio, Chez Marius, où nous nous régalons de viande de toutes sortes, cuites au barbecue, servies à volonté. Un délice ! Nous préparons notre départ pour Foz de Iguacu, dans le Sud du pays, et nous quittons nos amis avec regret et tristesse en ce mardi après-midi, après un mois passé ensemble.
Mercredi 03 juillet 2002Nous arrivons à Foz après 26 heures de bus, au lieu de 21 heures, et avons eu droit à trois bus différents. Un vrai parcours du combattant ! Première panne à minuit alors que nous dormions. La petite dépanneuse fait des A/R entre le car et le restaurant le plus proche pour nous faire patienter en sécurité. Nous patientons près de trois heures et c'est un vieux bus, moins confortable, qui arrive à 4h00 du matin. Nous voila tentant de retrouver le sommeil ... pour une courte durée car nous sommes de nouveau réveillés à 6h00 pour un nouveau changement de bus ! La matinée nous permet de récupérer un peu de cette folle nuit tandis que le bus se vide de ses passagers à chaque arrêt. Croisons plusieurs postes de police à coté desquels s'alignent, le long de la route, des carcasses de voitures et camions accidentés. Prévention, intimidation ? Les paysages sont une alternance de plateaux et de vallées, quelque peu monotones. Il nous tarde d'arriver. Nous atteignons Foz en fin d'après-midi et prenons une chambre dans le centre, sur les conseils du petit bureau de tourisme du terminal terrestre. Hôtel propre mais qui mériterait un petit coup de jeune !
Jeudi 04 juillet 2002Nous quittons l'hôtel de bonne heure afin de visiter les chutes de Iguacu. Prenons un bus public devant l'hôtel qui nous conduit, en une vingtaine de minutes, à l'entrée du parc. Nous sommes agréablement surpris de la nouvelle structure d'accueil mise en place il y a moins de 18 mois : guides, panneaux et brochures en anglais. Un bus nous dépose aux chutes, empruntant un joli sentier à travers la forêt tropicale. Le parc national a été ouvert en 1939 et représente près de 186.000 hectares. Il est reconnu par l'Unesco depuis 1986. Nous parcourons près de 1 km à pied, avant de découvrir les premières chutes. Des milliers de papillons, oiseaux, perroquets et faucons viennent survoler la jungle et les chutes. Beaucoup sont du côté argentin, mais nous bénéficions d'une très belle vue d'ensemble. Plus nous avançons et plus nous découvrons de nouveaux et magnifiques points de vue. Les chutes de Iguacu sont au nombre de 275. Bruyantes, gigantesques, elles se perdent au milieu de la végétation luxuriante et sauvage. Pas de bâtiment, ni de route, ne viennent perturber la beauté du lieu. Petites cascades ou grandes chutes, nous sommes émerveillés. Plusieurs heures passées à les observer avant de rebrousser chemin, "poursuivis" par une colonie de tatous, à l'affût des morceaux de biscuits restés dans la poche de Laurence !
Vendredi 05 juillet 2002Nous quittons Foz et le Brésil, direction l'Argentine ....
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©2002 Laurence & Bruno Morel